« Vends tout ce que tu as ; puis, viens, suis-moi. »

 

Témoignage du Fr. Martin Baud, LC, qui a prononcé ses vœux perpétuels le 28 août dernier à Bassevelle (Seine-et-Marne).

Le frère Martin Baud, 29 ans, est originaire de Bretagne. Il a connu l’ECyD à l’âge de dix ans en participant aux week-ends et aux camps d’été. En classe de troisième il décide d’entrer à l’École apostolique de Méry-sur-Marne où il sera scolarisé jusqu’au bac. Il intègre ensuite en 2009 le noviciat dans le nord de l’Italie, suit les humanités classiques en Espagne, une licence de philosophie à Rome, trois ans de stage apostolique au Chili à Santiago pour revenir à Rome où il est actuellement sur le point de commencer sa dernière année de licence en théologie.

 

À quel moment avez-vous pensé à la vocation pour la première fois ?

J’ai pensé à la vocation à l'âge de 13 ans lorsque j’ai fait la connaissance pour la première fois de l’École apostolique à Méry-sur-Marne. Avant cela, je n’y avais jamais pensé explicitement. Cependant, j’ai toujours eu le désir de consacrer ma vie à faire quelque chose de grand, qui durerait pour la vie éternelle. En effet, depuis tout petit, j’avais bien conscience que la vie était unique et plutôt courte par rapport à celle qui nous attendait au paradis. Je me souviens par exemple d’avoir parfois prié des Ave Maria pour des inconnus, avec la curiosité de les retrouver un jour au ciel et savoir en quoi cela les aurait aidés.

Durant les premières années de collège, j’ai un peu perdu de vue cet horizon de la vocation. Mais la rencontre avec les pères légionnaires le réveilla à nouveau en moi. Ce fut comme un bol d’air frais : je trouvais la vie comme je voulais la vivre. La vocation sacerdotale comblait mon désir de faire de grandes choses, travaillant pour ce qui ne périt pas. Je sentais que c’était ma place. Je suis entré à l’École apostolique l’année suivante en troisième.

 

Vous avez choisi la vie religieuse au sein de la congrégation des Légionnaires du Christ. Quelles ont été les raisons de votre choix ?

Les pères et frères légionnaires, que j’ai connus à l’École apostolique, et leur style de vie me plaisaient ainsi que la bonne ambiance fraternelle qui y régnait et le zèle pour la mission. Le fait surtout de trouver cet esprit parmi cinquante autres jeunes de mon âge a été décisif pour faire le pas aussitôt : savoir que je n’étais pas le seul.

Quelques années après, déjà plus avancé dans mon cursus de formation et une fois passée la lune de miel, les renoncements liés à la vie religieuse se sont faits soudain sentir. C'est alors que  l'appel du Christ a à nouveau retenti en moi, justement dans le renoncement d’une vie religieuse : « Vends tout ce que tu as ; puis, viens, suis-moi. » Le Seigneur m’offrait la possibilité de tout laisser pour n’avoir que lui, sûr que son amour me comblerait toujours.

 

Que représente la famille spirituelle Regnum Christi pour vous ?

Regnum Christi représente pour moi des frères et des sœurs car nous avons reçu le même appel du Christ. Nous vibrons pour le même idéal : vivre et faire vivre le mystère du Christ apôtre. Lui qui, durant trois années de vie apostolique partagées dans l’intimité avec ses disciples, sillonna la terre à la rencontre du cœur de l’homme assoiffé de rédemption.

 

Pourriez-vous nous relater une expérience marquante lors d’un stage apostolique ?

Une heure eucharistique qui s’est transformée en dernière cène. C’était lors d’un pélé à Rocamadour. Nous étions une quinzaine avec le diacre qui nous accompagnait. Nous avions décidé de terminer le pélé par une adoration, en action de grâce pour les bénédictions de la semaine. C’est alors que, dans l’onction du moment, le diacre renouvela le geste du Christ lors de son dernier repas en nous baisant les pieds. Ce fut la goutte qui fit déborder le vase d’une semaine baignée dans le charisme Regnum Christi : le Christ qui veut former le cœur de ses disciples en leur dévoilant son amour.

 

Quel aspect de la vie sacerdotale vous attire le plus ? Pourquoi ?

L’être victime avec le Christ ; vivre la messe avec lui. Que toute ma vie soit unie intimement à son sacrifice pour le salut des hommes, même si c'est une vocation incomprise par la majorité d'entre eux. Comme le dit saint Paul : « En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire. » (Col 3, 3-4)

 

Qu’aimeriez-vous dire à nos lecteurs et bienfaiteurs ?

Je remercie très vivement tant de personnes qui donne du leur, très souvent dans l’anonymat. Je pense en particulier à tant de prières que seul le Seigneur entend. Que Dieu me donne de les servir un jour à la hauteur de leur générosité.

 

Quelle citation biblique vous touche-t-elle particulièrement ?

« L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur . » (Lc 4, 18-19)

C’est le passage d’Isaïe que le Christ lit dans la synagogue de Nazareth, en décrivant sa mission. Cela me touche profondément car le Seigneur m’invite à continuer cette mission de consolation d’une manière toute particulière par l’appel au sacerdoce.