Courage ! Moi, je suis vainqueur du monde

Lundi 30 mai 2022

Saint Ferdinand

Couleur liturgique : blanc

Évangile selon saint Jean 16, 29-33

En ce temps-là, les disciples de Jésus lui dirent : « Voici que tu parles ouvertement et non plus en images. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. » Jésus leur répondit : « Maintenant vous croyez ! Voici que l’heure vient – déjà elle est venue – où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. »

Prière

Seigneur, en ce temps de Pâques, fais-nous grandir dans la foi de te savoir vivant, ressuscité, toujours présent avec nous. Fais-nous entrer dans l’expérience que Marie a vécue, elle aussi, de ta Résurrection.

Demande

Avec Marie, réconforte-nous, fortifie-nous, fais-nous participer de cette vie nouvelle, ancrée dans la puissance de ta victoire. Remplis-nous de ta paix. Seigneur, apprends-moi à me laisser réconforter par ta Parole.

Réflexion

  1. « Je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. »
    Le début de cet Évangile est grave. Les disciples semblent confiants, ils professent leur foi en Jésus-Christ, en sa sagesse. « Maintenant nous savons que tu sais toutes choses. » Les disciples ont l’impression de se sentir sûrs d’eux car le Maître qu’ils suivent est extraordinaire, il en sait plus que tous les rabbins. Il a même une sagesse qui semble venir d’ailleurs…
    Mais, Jésus leur annonce l’heure de sa Passion. Une heure douloureuse où ils auront peur, où ils le laisseront seul, où ils traverseront la souffrance, la déroute. « Vous serez dispersés », « vous me laisserez seul » leur prédit Jésus. Les disciples – et nous aussi – pouvons faire mémoire de tout cela après la Résurrection. C’est vraiment ce qui nous est arrivé. Mais Jésus dit en même temps : « Vous me laisserez seul, mais je ne suis pas seul. » Quel ami peut-il prédire la trahison et la consolation en même temps ? Jésus veut les rassurer. Il ne leur en veut pas. Il n’est pas seul. Il ne nous reproche pas nos faiblesses. Il nous connaît. Il nous devance.
    « Je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. » Seigneur, fais-nous entrer dans ton Cœur et dans cette union intime que tu as avec ton Père. Répétons, nous aussi : « Je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi » jusqu’à sentir réellement que je ne suis pas seul.
  2. « Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. »
    Jésus nous connaît plus que nous ne nous connaissons nous-mêmes. Il sait tous les reproches que nous pouvons nous faire à nous-mêmes. Tant de fois, nous nous reprochons de souffrir. Nous nous reprochons nos faiblesses, de ne pas avoir été à la hauteur, d’avoir trahi nos proches. Nous nous reprochons de ne pas être capables de surmonter les difficultés, de nous détacher du mal commis ou passé.
    « Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. » Jésus veut nous réconforter. Il sait, il savait. Il s’est donné et il se donne pour nous. Il nous offre sa paix. Comprenons-nous ?
    Seigneur, accorde-moi la grâce de me laisser pénétrer par ce don de ta paix, qui me réconcilie avec moi-même, qui me réconcilie avec mes circonstances, avec les douleurs de ma vie présente et passée. C’est ton désir le plus fort, Jésus, qu’en toi je puisse trouver la paix profonde. Oui, Seigneur, je le veux, moi aussi.
  3. « Courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. »
    Cela fait du bien de se sentir encourager. Qui encourage aujourd’hui ? Et si c’était Jésus lui-même qui m’encourageait ! J’écoute ces paroles comme venant de lui et dirigées vers moi : « Courage ! Je suis vainqueur du monde. »

Dialogue avec le Christ

Jésus, je te remercie pour ce moment de prière. Je m’appuie sur toi, je mets toute ma confiance en toi et je reprends de nouveau courage. Mon présent, mon futur sont entre tes mains. Je garde courage et je me redis, moi aussi, comme toi : « Je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. »

Résolution

Aujourd’hui, j’ouvrirai les yeux à la présence de Dieu dans ma journée et je prendrai conscience de son soutien. Je ne vivrai pas seul cette journée, mais en dialogue familier avec lui.

Céline Cochin, consacrée de Regnum Christi
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La Visitation

Mardi 31 mai 2022

Visitation de la Vierge Marie

Couleur liturgique : blanc

Évangile selon saint Luc 1, 39-56

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Prière

En ce jour, avec Marie, Seigneur, mon âme t’exalte et mon esprit tressaille de joie en toi, Dieu mon Sauveur, parce que tu m’as regardé et parce que tu as fait pour moi de grandes choses. Je te loue, ô mon Dieu, pour ton amour et ta sollicitude.

Demande

Envoie ton Esprit, Seigneur, et renouvelle tout mon être, fortifie ma foi et donne-moi de voir avec tes yeux les merveilles que tu accomplis chaque jour pour moi.

Réflexion

  1. Avant la rencontre de Marie et d’Élisabeth que nous fêtons aujourd’hui, Luc avait pris le soin de raconter l’apparition de l’ange à Zacharie dans le temple. Zacharie, mari d’Élisabeth, était prêtre et officiait dans le Saint des saints lorsque la naissance d’un fils prophète lui avait été annoncée. Sa réaction empreinte de doute et de méfiance accentue le contraste avec la réaction de Marie qui, elle, avait répondu à l’ange avec toute sa foi. Zacharie avait argumenté en s’appuyant sur « l’impossible humain » (impossible d’avoir un fils à son âge et celui de son épouse), alors que Marie avait accepté de se livrer au « tout possible divin » (car « rien n’est impossible à Dieu », lui avait dit l’ange).
    De n’avoir pas su écouter, Zacharie se trouve contraint au silence. Quant à Marie et Élisabeth, qui ont su écouter et discerner les signes de la présence et de l’action de Dieu, les voilà toutes les deux habitées par l’Esprit Saint qui leur donne de jubiler et d’exprimer leur joie dans un des dialogues les plus magnifiques de l’Évangile.
    C’est en effet à Élisabeth que l’on doit quelques-unes des plus belles paroles du Je vous salue Marie : « Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni. » Marie est « bénie entre toutes les femmes » au sens de « parmi » les femmes. Oui, Marie doit être regardée comme la femme la plus humaine qui soit. Ses qualités de toute sainte, vierge et immaculée ne l’ont pas privée du combat spirituel qui marque toute vie croyante et qu’elle exprime dans le Magnificat.
  2. Le Magnificat n’est pas une prière douce et conformiste. Bien au contraire ! Si Marie fait preuve d’une profonde simplicité (« Il a regardé l’humilité de son esclave »), elle sait aussi affirmer sans fausse humilité que toutes les générations à venir garderont son souvenir en raison des grandes choses que Dieu tout-puissant a faites pour elle.
    La suite de son cantique décrit un fantastique jugement lors duquel Dieu rétablit pleinement toute justice en rendant à chacun selon ce qui lui est dû. La miséricorde est donnée à ceux qui craignent Dieu – d’une crainte tout empreinte de confiance filiale. Son bras fort confond les orgueilleux. Les grands et les puissants de ce monde qui se sont élevés au-dessus des autres se voient ramenés à la vérité de leur condition de créature. Quant aux humbles, les voilà relevés. Les riches et les affamés voient leur situation inversée. Quant à Israël, le peuple de l’alliance qui attendait l’ultime réalisation des promesses divines déjà annoncées à Abraham, le voilà comblé, car Dieu s’est souvenu de lui.
    Ce qui est extraordinaire, c’est que Marie entonne cette proclamation de victoire alors que le Sauveur… n’est même pas encore né ! En fait, il lui est donné de voir dans la foi la volonté de Dieu qui repose sur l’enfant qu’elle porte déjà en son sein. Marie sait, du savoir et de la certitude que donne la foi, que Dieu fait toujours ce qu’il dit. Son Magnificat découle tout entier de la profonde confiance qu’elle a toujours eue en les paroles que l’ange lui a adressées à l’Annonciation : « Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n’aura pas de fin. » (Lc 1, 32-33)

Dialogue avec le Christ

Marie, apprends-moi à recevoir Jésus et à l’accueillir dans ma vie, à le laisser agir et à lui faire confiance. Apprends-moi à me réjouir de sa présence, même si le plus souvent elle est silencieuse.

Résolution

Avec Élisabeth, prier trois Je vous salue Marie pour les membres de ma famille ou pour mes amis qui ne connaissent pas le salut qui leur a été donné en Jésus.

Emanuelle Pastore, consacrée de Regnum Christi
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« Qu’ils soient un, comme nous-mêmes »

Mercredi 1er juin 2022

Saint Justin, martyr

Couleur liturgique : rouge

Évangile selon saint Jean 17, 11b-19

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.
Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

Prière

Après avoir parlé à tes disciples et à tes apôtres, tu lèves les yeux au ciel en t’adressant à ton Père. Tu le supplies de ne pas les laisser se disperser en différentes communautés, selon les désirs et les pensées de chacun d’eux. Tu veux et tu implores ton Père pour que l’Église que tu es venu instituer ici-bas résiste à toutes les tentations démoniaques dont elle sera la proie jusqu’à ton retour en gloire, au dernier jour.

Demande

Seigneur, fais que l’Église soit et demeure toujours guidée et habitée par l’Esprit Saint que tu lui as envoyé à la Pentecôte. Seigneur, tu nous as confiés à Marie, ta Mère : accorde-nous de savoir suivre le conseil qu’elle a donné aux noces de Cana de faire tout ce que tu nous diras (Cf. Jn 2, 5).

Réflexion

  1. « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom (…) »
    Là, Seigneur, tu insistes sur cette unité de l’Église que tu es venu fonder : une seule Église dont les apôtres sont les pierres vivantes et tu veux que cette Église soit et demeure un seul troupeau.
    Ton seul souci est que le projet de Dieu, le plan que tu es venu réaliser, soit accompli : il faut que le monde créé grandisse et, par une lente progression jusqu’au dernier jour, se transforme en lieu d’amour et de vérité auquel tous les hommes, et chacun en particulier, sont invités. Et là, en ce moment de prière, tu t’adresses à ton Père avec cette certitude que le monde sera sauvé si ton troupeau reste fidèle à ton enseignement et s’il ne se disperse pas.
  2. « Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom. »
    Tu sais que ta personne, ton enseignement, ce que tu veux mettre en place, seront rejetés. Cette unité sera remise en question : tes disciples auront à lutter avec persévérance pour ne pas être rejetés et exclus de ce monde. Tu ne cesses d’implorer ton Père de nous garder unis entre nous en un seul troupeau ; qu’il n’y ait qu’un temple de Dieu, une seule Église habitée par la Sainte Trinité, Père, Fils et Esprit Saint. Tu veux que la charité nous permette de vivre et de transmettre ton message jusqu’au bout du monde et jusqu’à la fin des temps : cette charité qui excuse tout, croit tout, espère tout, identifie tout, comme l’écrivait saint Paul aux Corinthiens (Cf. 1 Co 13). Tu veux que nous dépassions nos égoïsmes stériles et meurtriers, ce feu de haine que le démon a allumé en nous depuis Adam et dont Caïn et Abel sont les premiers exemples. Comment être témoins d’amour au milieu du monde si tous ceux qui disent vivre de l’amour trinitaire ne s’aiment pas entre eux ?
  3. « Sanctifie-les dans la vérité. »
    Sanctifier, c’est faire participer à ta sainteté et pour prendre part à cette sainteté, il faut que nous sachions écouter et nous alimenter de la Parole de Dieu, du Verbe de Dieu, du pain que tu nous donnes. Tu es la Parole, la Vérité et Vie. Saint Jean, au début de son Évangile, te fait dire que tu es la lumière véritable. Nos paroles, nos arguments et tout ce qui ne sort que de nous, seront toujours limités et doivent être confrontés à cette vérité incarnée venue vivre avec nous, au milieu du monde. Et nous savons, et tu nous l’as affirmé, que si nous demeurons en toi, le démon ne pourra rien contre nous. Nous savons que nous devons nous tenir sur nos gardes parce que le démon n’est jamais loin pour faire dévier nos actes et nos paroles.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, tu sais tout. Tu sais combien je suis faible et que cette faiblesse est souvent la proie des pièges du démon. Seigneur, apprends-moi à me réfugier en toi et à savoir que ta miséricorde est toujours là pour m’aider et me pardonner quand je succombe.

Résolution

Aujourd’hui, je chercherai à vivre la charité en pensées, en paroles et en actions et à la demander de toutes mes forces.

Cécile Beaure d’Augères, consacrée de Regnum Christi
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Le désir de Dieu et la valeur de l’homme

Jeudi 2 juin 2022

Saint Marcellin et saint Pierre, martyrs

Couleur liturgique : blanc

Évangile saint Jean 17, 20-26

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

Prière

Marie, mène-moi à ton fils Jésus. Toi qui n’as mis aucune barrière à l’amour du Seigneur pour toi, aide-moi à vivre de cet amour.

Demande

Seigneur Jésus, vis en moi !

Réflexion

  1. Le désir de Dieu
    Qui n’aurait pas aimé « entrer » dans la prière de Jésus ? Savoir ce qu’il disait, ce qu’il sentait, ce qu’il écoutait de son Père. Et pour qui il priait, ce qu’il demandait pour eux et ce qu’il désirait le plus ? Dans ce passage, à ce moment de sa vie, le Christ se donne à nous et nous ouvre sa prière personnelle. Moment dramatique, il se trouve sur le point d’être arrêté par les gardes, de souffrir les pires souffrances et la veille de mourir cruellement. Et en même temps, moment d’intimité avec les siens. Et il prie : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. »
    Ce que nous découvrons dans sa prière, c’est nous ! Il prie pour que nous soyons un, pour l’unité de chaque personne, unité intérieure. Cela s’obtient par l’union avec Dieu. Ce qu’il désire c’est l’union avec l’homme. Non l’homme comme concept philosophique, mais l’homme, la personne, que nous sommes, toi et moi. D’une union telle que le Christ soit en moi. L’union parfaite, puisque personne n’est plus intime à moi-même que l’Esprit Saint qui m’habite. Il ne peut y avoir une communion d’amour que si je connais l’amour que l’autre a pour moi. Et Jésus révèle pourquoi il est venu parmi nous. Envoyé de Dieu, « afin que le monde sache (…) que tu les as aimés comme tu m’as aimé ». Il désire que nous soyons avec lui. Non seulement il vient nous révéler ce désir de Dieu et ce besoin de l’homme, mais il vient nous faire partager la communion de la Sainte Trinité : « (…) que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux ». Il est en nous par l’Esprit Saint, l’Esprit du Père et du Fils, qui nous a été donné, ce même esprit qui habite en Jésus.
  2. La volonté de Dieu, c’est que je sois aimé
    Dieu me désire, il désire m’habiter, m’unir à lui, parce que finalement il ne veut qu’une chose : que je sois aimé ! Quelle est la volonté de Dieu sur nous ? La volonté du Seigneur tout-puissant, qui a créé l’univers visible et invisible et l’a doté de lois admirables tant le micro que le macro-cosmos, qui a conçu et réalisé l’œuvre de notre salut ? La volonté de Dieu c’est que moi, je sois aimé.
    Un jour un adolescent me demandait avec un sourire quelle serait la question que le Seigneur nous poserait à notre mort – pour voir ce que je dirais. J’ai essayé : « As-tu aimé dans ta vie ? Comment as-tu aimé ? » Il m’a corrigée en affirmant que la question tant attendue serait : « Tu me laisses t’aimer ? » On pourrait ajouter « enfin » : « Tu me laisses enfin t’aimer ? » Combien de barrières pouvons-nous dresser, et nous nous enfermons alors dans notre forteresse intérieure, en position défensive. C’est plus confortable dans le sens où nous ne laissons pas à découvert notre vulnérabilité. Mais si on ne tolère pas de pouvoir être blessé, on refuse du même coup d’aimer et donc de vivre. C’est le classique : « Je vais très bien, laissez-moi tranquille ! »
  3. Ce refrain est souvent lié à la vision, à la perception que j’ai de moi-même. Qu’est-ce que je vaux ? Je peux croire que ce qui me donne de la valeur, c’est ce que je possède, ou bien c’est ce que je fais, ce que j’ai réussi, mes études et mes diplômes. Ou je peux vivre de ce que les autres pensent et disent de moi. Mais qu’est-ce que je vaux vraiment ? Ma valeur, c’est l’amour que Dieu a pour moi et c’est cela qu’il désire : que son amour soit en moi. Il ne fait que travailler à cela, dans la mesure où je me laisse faire.

Dialogue avec le Christ

Je veux me laisser aimer par toi, Jésus, et je veux aimer mes frères. Mais mon cœur n’y arrive pas, il y a trop d’égoïsme, d’orgueil et de vanité, de concupiscence. Alors que ce soit toi, Jésus, qui vives en moi, qui aimes en moi. Que ma foi soit réelle. Que je vive réellement du fait que tu m’aimes et que tu as donné ta vie pour moi (cf. Ga 2, 20).

Résolution

Réfléchir devant le Seigneur : lorsque je réagis et lorsque je prends des décisions, quelles sont les valeurs que je défends ? Ce sont ces valeurs que le Seigneur désire pour moi ? Prendre la résolution qui en découle.

Anne-Marie Terrenoir, consacrée de Regnum Christi
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Méditations : Regnum Christi
Texte de l’Évangile et informations liturgiques : © AELF – Paris – Tous droits réservés


Il n’y a pas de plus grande liberté que de se laisser guider par l’Esprit

Vendredi 3 juin 2022

Saint Charles Lwanga et ses compagnons, martyrs

Couleur liturgique : rouge

Évangile selon saint Jean 21, 15-19

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes- tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? »
Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

Prière

Esprit du Père et du Fils, toi qui sondes les cœurs, viens m’inspirer au cours de cette méditation. Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit.

Demande

Saint-Esprit, je te demande le don de la sagesse pour une meilleure compréhension de toi et de ta perfection divine.
Je te demande le don de l’intelligence pour une meilleure compréhension de l’esprit des mystères de la sainte foi.
Donne-moi le don de science, pour que je sache orienter ma vie selon les principes de cette foi.
Donne-moi le don de conseil, afin qu’en toute chose je puisse chercher conseil auprès de toi et le trouver toujours auprès de toi.
Donne-moi le don de la force afin qu’aucune peur ni souci terrestre ne puissent m’arracher à toi.
Donne-moi le don de piété afin que je puisse toujours servir ta majesté divine avec un amour filial.
Donne-moi le don de crainte de Dieu afin qu’aucune peur ni motivation terrestre ne puissent m’arracher à toi.
(Prière de saint Jean-Paul II à l’Esprit Saint)

Réflexion

  1. Que dit en soi le texte biblique ?
    Laissant de côté la richesse terminologique du texte, j’aimerais attirer l’attention sur le rapport entre la confession de Pierre et l’invitation de Jésus à le suivre : « Suis-moi. » La réitération de la question de Jésus suscite le repentir qui est fruit de l’amour, de cette sainte angoisse à laquelle nous sommes parfois confrontés : comment t’expliquer que je t’aime malgré ma misère et ma faute, Seigneur ? Le crescendo dramatique de cette angoisse d’amour est accompagné par un crescendo dans l’intensité de l’invitation de Jésus à Pierre : « Sois le berger de mes brebis. » (communion avec la mission de Jésus, Bon Pasteur), « Quand tu seras vieux, tu étendras les mains. » (communion avec sa mort), « Suis-moi. » (communion avec sa vie à la suite de Jésus ressuscité).
    Cette foi de Pierre a effectivement confirmé ses frères, puisque la première lecture nous présente Paul qui confesse « un certain Jésus, qui est mort, et que Paul affirme être en vie ». Saint Pierre a été le témoin de la miséricorde de Dieu dont nous parle le psaume d’aujourd’hui : « Comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint ; aussi loin qu’est l’orient de l’occident, il met loin de nous nos péchés. »
  2. Que nous dit le texte biblique ?
    Suivre le Christ consiste à « adhérer à la personne même de Jésus, à partager sa vie et sa destinée, à participer à son obéissance libre et amoureuse à la volonté du Père » (Saint Jean-Paul II). Par sa triple confession Pierre est prêt à suivre Jésus de manière définitive. Or, il sait maintenant que c’est l’amour de Jésus qui a précédé son élan, l’Esprit du Père vient au secours de sa faiblesse. Il découvre dans le regard du Seigneur cette miséricorde qui lui donne la confiance d’affirmer : Seigneur, tu sais tout, tu vois mon cœur, mon péché et mon repentir sincère.
    Désormais il ne comptera plus sur son épée, mais sur l’Esprit Saint qui habite en lui comme une force qui libère de la peur, qui nous pousse à l’engagement total fondé sur cette inhabitation mystérieuse du Paraclet en nous, par la présence consolatrice de l’Esprit du Père dans l’Église et dans le monde. Pierre sait que « la résurrection du Seigneur a déjà pénétré la trame cachée de cette histoire, car Jésus n’est pas ressuscité pour rien » (Pape François, Evangelii gaudium, 278), notre espérance n’est plus le fruit d’un calcul, d’un désir du cœur, mais d’une présence agissante, celle de l’Esprit.
  3. Le Seigneur nous appelle à devenir des « évangélisateurs avec esprit » (EG, 259). L’engagement de ces évangélisateurs est fondé sur l’engagement de Dieu pour le monde manifesté sur la croix et par la Résurrection. De même que Pierre a reconnu la présence mystérieuse de Jésus au bord du lac de Tibériade, le Seigneur nous invite aujourd’hui à reconnaître sa présence dans le monde, dans la beauté qui renaît et ressuscite chaque jour transformée par les drames de l’histoire.
    L’évangélisateur avec esprit est éminemment libre, car il ne sert plus les forces de son égoïsme, de la nature irrationnelle et de la société lâchée à elle-même : il sert Jésus, le ressuscité, et il est prêt à le suivre là où, avant la Résurrection, il n’était pas possible, au-delà du mal et de la mort.

Dialogue avec le Christ

Jésus, envoie dans nos cœurs ton Esprit Saint, il est le père des pauvres, le dispensateur des dons, la lumière de nos cœurs. Qu’il nous fasse entrer dans ce mouvement du don total de nos vies au service de l’Évangile, au service de nos frères et de la mission de l’Église.

Résolution

Au cours de la journée dire trois fois à Jésus : Seigneur, tu sais que je t’aime.

Père Roger Villegas, LC
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Texte de l’Évangile et informations liturgiques : © AELF – Paris – Tous droits réservés


« C’est ce disciple qui a écrit ces choses ; son témoignage est vrai »

Samedi 4 juin 2022

Sainte Clotilde

Couleur liturgique : blanc

Évangile selon saint Jean 21, 20-25

En ce temps-là, Jésus venait de dire à Pierre : « Suis-moi. » S’étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. C’est lui qui, pendant le repas, s’était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire : « Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? » Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? » Jésus lui répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. » Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas, mais : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? » C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai. Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait.

Prière

Seigneur Jésus ressuscité, aide-moi à croire en toi ! Tu es vivant, tu désires me parler et me montrer ton amour. Seigneur, j’ai honte de venir te parler avec une conscience tellement lourde de péchés. Pardonne-moi, Seigneur, et que cette prière me donne la force de ne plus jamais pécher !

Demande

Seigneur, donne-moi la force de te suivre là où tu voudras !

Réflexion

  1. Aujourd’hui, dernier jour du temps pascal, la liturgie nous propose les derniers versets de l’Évangile selon saint Jean. Nous y voyons la dernière apparition de Jésus aux Douze, sur les rives de la mer de Galilée. Ces dernières images du Christ resteront gravées dans la mémoire des apôtres toute leur vie. Ils ont conscience que c’est la fin d’une étape de leur vie. Maintenant, ils ne verront plus le Seigneur de leurs yeux, ils n’entendront plus le son de sa voix, ils ne croiseront plus son regard. Pendant trois ans, ils l’avaient suivi partout. Maintenant, c’est terminé. Le Christ va disparaître à leurs regards.
    Pour moi aussi, c’est la fin d’une étape. Le temps pascal parvient à sa fin, le temps ordinaire commence. Cela fait près de cent jours que j’accompagne le Christ souffrant, mort puis ressuscité. Tout au long du Carême et du temps pascal, j’ai eu tout le loisir de le rencontrer. Maintenant vient le moment de rendre témoignage de cette rencontre.
  2. Ces derniers versets de l’Évangile selon saint Jean parlent précisément du témoignage : « C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai. » Comment mon témoignage peut-il être vrai ? Si je me dédiais à faire de la publicité pour les pneus Michelin, ma publicité ne serait vraie que si j’avais été mandaté par l’entreprise. D’autre part, je devrais respecter les indications données par les patrons de Michelin. C’est pareil pour le témoignage chrétien : c’est une mission que le Christ confie à ses disciples, et ceux-ci doivent l’accomplir selon la volonté du Seigneur.
    Dans ce passage de l’Évangile, Jésus confie cette mission à Pierre et à Jean, de deux façons différentes. Saint Pierre devra rendre le témoignage suprême, celui du martyre. Saint Jean, lui, devra témoigner autrement : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? » Demeurer avec le Christ, c’était la meilleure part que Marie de Béthanie avait choisie, tandis que sa sœur Marthe s’affairait au service du repas. Saint Jean aussi a reçu cette meilleure part, il a reposé sur la poitrine du Christ. Dorénavant, il devra rendre témoignage de ces moments d’intimité passés avec le Maître.
    Et moi ? Quelle mission ai-je reçue du Seigneur ? M’appelle-t-il à témoigner par le martyre ? Ou veut-il faire de moi un confesseur, quelqu’un qui rende témoignage par la parole ?
  3. Une question reste encore en suspens : pourquoi saint Pierre se retourne-t-il ? Est-il curieux du sort réservé à saint Jean ? A-t-il peur d’être conduit au martyre tout seul ? Est-il jaloux ? Il agit comme les disciples de Jean-Baptiste qui, tout amaigri par le jeûne, critiquaient les disciples de Jésus qui faisaient bonne chère. S’ils faisaient vraiment pénitence avec ferveur, ils ne penseraient même pas à critiquer ceux qui négligent le jeûne. Mais eux-mêmes jeûnaient à contrecœur. Ici, Pierre aussi regarde le martyre à contrecœur. Le Christ le reprend vigoureusement : « Que t’importe ? Toi, suis-moi. » Moi aussi, je renâcle parfois à la mission que j’ai reçue du Christ et je regarde les autres avec envie. Seigneur, apprends-moi à te suivre sans regarder en arrière ! Donne-moi le courage de te suivre sans peur.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, je voudrais te demander deux grâces aujourd’hui : fais-moi savoir quelle est ma mission et donne-moi la force de l’accomplir. Donne-moi le courage de témoigner de ton amour par la parole et par les actes, jusqu’au don de ma vie !

Résolution

Aujourd’hui, je rendrai témoignage en parlant de Jésus-Christ à quelqu’un que je rencontrerai.

Père Benoît Terrenoir, LC
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Méditations : Regnum Christi
Texte de l’Évangile et informations liturgiques : © AELF – Paris – Tous droits réservés


« Viens, Esprit de sainteté »

Dimanche 5 juin 2022

Pentecôte

Couleur liturgique : rouge

Évangile selon saint Jean 14, 15-16.23b-26

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

Prière

Viens, Esprit Saint ; viens, Esprit de sainteté, renouvelle nos cœurs, purifie-les par ton feu de charité et fais résonner une fois de plus dans ton Église l’appel à la sainteté, au bonheur, en ces temps où nous en avons tant besoin. « Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé. Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé. » (Séquence de la Pentecôte)

Demande

Esprit Saint, suscite un nouvel élan de sainteté dans ton Église.

Réflexion

  1. L’événement de la Pentecôte ouvre grandes les portes de la sainteté d’une Église qui se sait pardonnée, aimée et envoyée. À la lumière d’un seul pardon, d’un seul amour et d’une seule mission, l’appel à devenir membre vivant du corps du Christ, l’appel à la sainteté garde une dimension personnelle au sein de la communauté. Toute la maison, toute l’Église est remplie par l’irruption de l’Esprit, mais les langues de feu se partagent et il s’en pose une sur chacun d’entre eux. « Tous furent remplis d’Esprit Saint (…) et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. » (Ac 2, 4) Il en est de même pour l’accueil et la manifestation de l’Esprit en dehors de l’Église : « Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. » (Ac 2, 6)
  2. La grande œuvre de l’Esprit Saint dans son Église est de « transformer la variété et la diversité en harmonie » comme un vrai chef d’orchestre (cf. Pape François, Audience générale du 9 octobre 2013). C’est lui qui sanctifie l’Église et fait de nous, pauvres pécheurs, les réceptacles de la miséricorde du Père. Il accorde aux femmes et aux hommes de tous les temps d’être martyrs, vierges, saints pasteurs, saints éducateurs, saints pères et mères de famille, saints religieux et saints dévoués aux plus pauvres, saints parmi les riches, saints parmi les malades. C’est l’Esprit qui couronne l’Église des fruits de sainteté. L’Esprit qui sanctifie purifie aussi son Église : « Car si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si, par l’Esprit, vous tuez les agissements de l’homme pécheur, vous vivrez. » (Rm 8, 13)
  3. Demandons à l’Esprit Saint de nous aider à trouver notre propre chemin de sainteté qui n’est autre que la réalisation du projet de Dieu dans ma propre vie : « Il y a des témoins qui sont utiles pour nous encourager et pour nous motiver, mais non pour que nous les copiions, car cela pourrait même nous éloigner de la route unique et spécifique que le Seigneur veut pour nous. Ce qui importe, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui (cf. 1 Co 12, 7) et qu’il ne s’épuise pas en cherchant à imiter quelque chose qui n’a pas été pensé pour lui. Nous sommes tous appelés à être des témoins, mais il y a de nombreuses formes existentielles de témoignage. » (Gaudete et exsultate, 11).

Dialogue avec le Christ

« Saint-Esprit, Esprit de Jésus et du Père, vous voulez habiter en moi, pauvre pécheur, pour me transformer en temple de votre gloire. Venez, Esprit de la communion divine, venez et remplissez tout mon être. Venez et unissez-moi à Jésus crucifié et ressuscité, pour être avec lui et avec tous mes frères un seul corps, pour être avec lui un fils bien-aimé du Père. Vous vous êtes donné à moi sans mesure, humblement moi aussi je me donne et me consacre à vous. Rendez-moi docile à votre action pour que vous puissiez accomplir votre mission en moi, dans votre Église et dans le monde, maintenant et jusqu’à l’heure où je me remettrai à vous dans les mains du Père, comme Jésus, pour l’éternité. Je vous prie par l’intercession de Marie et de tous les saints. Amen. Alléluia. » (Acte de donation et de consécration au Saint-Esprit)

Résolution

Faire une prière à mon saint protecteur et lui demander son intercession pour répondre à l’appel à la sainteté que le Seigneur me lance aujourd’hui.

Père Roger Villegas, LC
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