Servir avec humilité

Couleur liturgique : rouge

Évangile selon saint Luc 17, 7-10

En ce temps-là, Jésus disait : « Lequel d’entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : “Viens vite prendre place à table” ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : “Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour” ? Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir” »

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Prière

L’Évangile d’aujourd’hui peut nous rappeler la question du Seigneur rapportée plus loin par Luc : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc 18, 8) Le monde contemporain ne vit plus en fonction des promesses que le Fils de l’homme est venu vivre pour nous et avec nous sur la terre. Pourtant, maintenant encore et jusqu’au retour du Christ dans la gloire, nous sommes invités à vivre avec courage, avec force et pleinement ce message de vérité.

Demande

Seigneur, envoie ton Esprit sur l’ensemble de tes fidèles pour que leur foi leur permette de déplacer les montagnes. Notre Créateur et Père sait très bien de quoi nous avons besoin : Seigneur, permets-nous de manifester, avec l’aide de l’Esprit Saint, une profonde confiance en toi.

Réflexion

Aujourd’hui, le Seigneur remarque le peu de foi de ses apôtres, mais…

1. La foi est-elle une question de quantité ou de qualité ?

Ici, le Seigneur demande à ses auditeurs un acte de confiance absolue face aux événements qui ont lieu dans son royaume, événements qui touchent à leur bien-être matériel comme leur situation familiale, sociale et même politique. Il demande de le suivre sans s’inquiéter et de pardonner sans compter. Ces demandes dépassent les possibilités de chacun des auditeurs qui comprennent que, pour aller jusque-là, il leur faut vivre pleinement et sans hésitation, dans une totale confiance aux promesses divines annoncées par les prophètes. Mais pour qu’il en soit ainsi, leur foi a besoin de s’enraciner. Le premier pas à poser est celui de l’attention et du respect de ceux avec lesquels ils vivent, qui les servent ou qui les aident. Et cette attitude n’est autre que celle de la vertu théologale de charité.

Et nous, n’avons-nous pas besoin d’ouvrir les yeux et de regarder nos proches, ceux au milieu desquels nous vivons, qui nous accompagnent, qui nous aident ou même nous servent ? Parce que, nous aussi, nous devons vivre au milieu d’eux avec cette charité qui est le meilleur des dons reçus, comme l’écrivait saint Paul aux Corinthiens (cf. 1 Co 13, 1 ss.) Mais pour qu’il en soit ainsi, il nous faut d’abord une foi de qualité, celle qui devrait permettre de déplacer les montagnes.

2. « Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ? »

La foi qui nous est demandée doit être authentique, tenace, humble et totale. Nous devons vivre selon le projet de Dieu, stable jusqu’au retour du Seigneur et renoncer à nos projets à nous, fluctuants et variables. La réussite sera alors une réponse, non pas à nos capacités mais à l’immensité de l’amour de Dieu qui nous recevra dans sa miséricorde.

Sainte Teresa de Calcutta, décédée en 1997, fondatrice des Missionnaires de la Charité, nous a montré l’exemple de cette foi immense : elle a soigné et sauvé les plus pauvres, les exclus, les sans-abris, les personnes marginalisées. Sa foi était d’une telle « qualité » qu’elle a ouvert la voie à un courant d’amour montrant que, dans l’Église, le ministère de la charité est toujours vivant : l’Église ne doit pas seulement annoncer mais vivre la Parole qui est charité.

3. « De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir .” »

Cette femme extraordinaire, contemporaine, nous a montré la foi que Jésus voulait voir chez ses apôtres, alors que leur foi est sans véritable profondeur. Ici, la recommandation qu’il leur fait est de ne se vanter ni de se glorifier de ce qu’ils ont accompli, vécu et réalisé.

Cette recommandation est aussi pour nous aujourd’hui. Comme les apôtres et les disciples, nous devons être convaincus de ce que, devant Dieu, nous ne sommes que des hommes créés à son image, certes, mais qui n’ont pas su résister à la suggestion démoniaque de se faire les égaux de Dieu.

Dialogue avec le Christ

« La foi introduit dans le repos de Dieu. » écrivait saint Paul aux Hébreux (Hb 4, 11). Cette vérité tient toujours, mais ne devons-nous pas craindre d’arriver trop tard ? « Le travail de Dieu, assurément, était accompli depuis la fondation du monde. » (Hb 4, 3), c’est vrai, mais nous sommes, nous aussi, invités et appelés à participer à son Règne. Alors nous pouvons croire les promesses faites à David : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur. » (Hb 4, 7)

Alors, Seigneur, je sais qu’aujourd’hui, cette promesse tient toujours !

Nous pouvons nous unir à la prière de Mère Teresa de Calcutta et dire avec elle : « Seigneur, donne-moi la foi qui soulève des montagnes, et enseigne-moi cet amour qui trouve sa joie dans la vérité, toujours prête à pardonner, à croire, à espérer, à supporter. Enfin, quand toutes les choses finies se dissoudront et que tout sera clair, fais-en sorte que ma vie soit le reflet, faible mais constant, de ton amour parfait . »

Résolution

Vivre ma foi comme ce qui donne sens à ma vie.

Cécile Beaure d'Augères, consacrée de Regnum Christi
Méditations: Regnum Christi 
Texte de l’Évangile et informations liturgiques: © AELF - Paris - Tous droits réservés