neuvaine por les ordinationes 2021
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Neuvaine pour les ordinations diaconales

Introduction

Le ministère du diaconat existe pour trois raisons : le service de la liturgie, la proclamation de la Parole et l’exercice de la charité. En priant pour nos cinq frères, nous vous invitons à redécouvrir ce précieux ministère, qui n’est pas l’apanage des diacres. En effet, s’ils reçoivent la force de l’exercer par un sacrement spécifique c’est pour s’y dédier totalement. Mais l’activité de tout chrétien, par la grâce du baptême, est ordonnée à la louange de Dieu, à l’annonce de la Parole et à l’amour du prochain.

  1. Le service de la liturgie
    • L’Église est tournée vers l’adoration
    • Le diacre exerce l’adoration dans le service de la liturgie et favorise ainsi la participation active de la communauté à la louange de Dieu
    • La vie du chrétien, nourrie de sa participation à la liturgie, doit toujours être tournée vers la louange de Dieu par sa vie quotidienne.
  2. La proclamation de la Parole
    • L’Église est convoquée et constituée par la Parole de Dieu
    • Le diacre proclame la Parole de Dieu dans les assemblées
    • Le chrétien ne peut annoncer cette Parole que s’il en est habité.
  3. L’exercice de la charité
    • Il y a un sacrement propre lié à l’exercice de la charité
    • Le diacre est choisi et envoyé pour le service des malades et des pauvres au nom de toute l’Église.
    • Tout chrétien peut exercer cette vertu comme un sacrement.

P. François Garreau, LC

L’Église entière est ordonnée à l’adoration. Son existence n’a de sens que dans le service ininterrompu à Dieu par Jésus. En effet, Jésus est le seul à pouvoir rendre à Dieu une louange parfaite. Lui seul est agréable à Dieu. Lui seul est capable de « faire toujours ce qui lui est agréable » (Jn 8, 29). Le cœur de l’homme n’est pas capable de se tourner vers Dieu pour lui adresser une prière authentique. Un médiateur est nécessaire. Jésus est celui qui fait le pont, le pontifex. Par la prière, Jésus associe des personnes à son ministère de médiation et d’intercession. L’Église est donc, par Jésus, une louange à la gloire de Dieu. L’Église appelle des hommes, conformément à la tradition reçue des apôtres, à se consacrer exclusivement à l’adoration de Dieu par le service liturgique.

Prière

Père très saint, nous proclamons que tu es grand et que tu as créé toutes choses avec sagesse et par amour. Tu as fait l’homme à ton image et tu lui as confié l’univers afin qu’en t’adorant, toi son Créateur, il règne sur la création. Comme il avait perdu ton amitié en se détournant de toi, tu l’as racheté par le sang de ton Fils. Tu continues ton œuvre de Rédemption dans l’histoire en rassemblant dans l’eau du baptême tes enfants dispersés, afin qu’ils deviennent, en ton Fils, une offrande vivante à la louange de ta gloire. Regarde, Père très bon, ceux qui vont recevoir le sacrement de l’ordre afin que toute leur vie te glorifie et qu’ils participent ainsi à l’édification du peuple de Dieu. Toi qui règnes pour les siècles des siècles.

La liturgie n’est pas un spectacle avec des acteurs et des spectateurs. L’ordination n’est pas une entrée en scène. Nos célébrations liturgiques sont des fêtes, non des spectacles. Chaque assemblée dominicale est le rassemblement des chrétiens en liesse. Mais pour entrer dans la salle des fêtes, il faut partager la joie de celui qui nous convie. Telle est le sens de la « participation active » à laquelle le concile Vatican II invite tous les chrétiens. En effet, pour vivre la liturgie, nous devons nous réjouir ensemble car nous sommes sauvés ! Le service diaconal fait entrer la communauté chrétienne dans cette joie en contribuant activement à la beauté et à l’harmonie des gestes liturgiques.

Prière

Tes créatures, Seigneur, ne trouvent leur bonheur que dans la louange de ton Nom. Mais qui est digne de le faire ? Qui peut se tenir debout devant toi ? Personne si ce n’est ton Fils. Fais que nous sachions unir notre voix à la sienne en participant activement à la liturgie terrestre. Donne-nous des ministres qui sachent servir à ton autel avec dignité. Qu’ils apprennent à guider le peuple chrétien en pèlerinage sur cette terre vers la louange divine, à travers la sanctification de leur vie et la beauté de leurs actes liturgiques. Toi qui règnes pour les siècles des siècles.

« Tu es un peuple consacré au Seigneur ton Dieu. » (Dt 7,6) Combien de fois avons-nous médité ces paroles ? Trop longtemps, nous avons considéré que ce qui est sacré concerne surtout ceux qui sont consacrés. Alors nous avons enfoui la lampe sous le boisseau. Ne pourrions-nous pas dire que le chrétien est au monde ce que le ministre ordonné est à l’assemblée qui célèbre ? Le sacrement du baptême que nous avons reçu permet de sanctifier notre travail quotidien. Le service liturgique que tout chrétien est appelé, par vocation, à exercer, s’effectue au cœur du monde afin que ceux qui ne croient pas, en voyant notre témoignage, rendent gloire à Dieu ! Les paroles et les gestes de chaque baptisé ont pour vocation de faire participer toute la création à la liturgie céleste.

Prière

Seigneur, tu as dit : « Vous êtes la lumière du monde. » (Mt 5, 14). Mais la lumière ne brille ni par elle-même ni pour elle-même. Elle a son origine en dehors d’elle et ne sert que pour les autres. Donne-nous de comprendre que notre mission dans le monde est celle de la louange pour que les hommes, voyant ce que nous faisons de bien, rendent gloire à notre Père qui est aux cieux (cf. Mt 5, 16).

Saint Jérôme s’étonnait que ses assemblées chrétiennes réagissaient aussi vivement lorsqu’un morceau de pain eucharistique venait à tomber à terre alors que personne ne se soucie de tous les morceaux de la Parole de Dieu qui tombaient loin de leurs oreilles et de leurs cœurs lorsque, distraits, ils l’écoutaient. En effet, la Parole de Dieu est « vivante et énergique » (He 4, 12). Jésus se rend présent sur l’autel à travers les paroles qu’il a lui-même prononcées le Jeudi Saint ; c’est aussi par l’invocation trinitaire prononcée au moment du baptême qu’il fait naître à la vie éternelle de nouveaux enfants ; c’est encore par l’intermédiaire de sa Parole qu’il enlève nos péchés. Oui ! La Parole de Dieu est vraiment efficace. Elle est même performative, c’est-à-dire qu’elle réalise réellement ce qu’elle dit. Comment pouvons-nous donc laisser tomber dans l’oubli ces paroles qui sont capables de bouleverser notre existence ? Pourquoi ne les prenons-nous pas au sérieux ?

Prière

Seigneur Jésus, toi qui es la Parole de Dieu parvenue jusqu’à nous, toi la Parole obéissante, tu restes à jamais un livre ouvert, comme tes bras sur la croix. Donne-nous des ministres qui soient capables de te lire, de te proclamer, de te crier sur les toits pour que ta Parole devienne vivante dans le monde. Augmente notre foi en l’efficacité de cette Parole qui est comme la graine des champs, celle qui pousse lentement, sans bruit, sans que personne n’en prenne soin. Toi qui règnes pour les siècles des siècles.

« Il appartient aux prêtres et aux diacres, surtout lorsqu’ils administrent les sacrements, de mettre en lumière l’unité que la Parole et le sacrement forment dans le ministère de l’Église. » (Verbum Domini, 53). Pour que nos rites ne deviennent pas des rituels monotones et fades, il appartient au ministre de faire vivre la célébration des sacrements grâce à la Parole qu’il aura écoutée, méditée et assimilée. C’est seulement lorsque cette lettre aura pris chair et se sera faite intelligence du cœur que les ministres donneront pleinement vie aux sacrements qu’ils célèbrent.

Prière

Seigneur, tu as voulu confier à des hommes les trésors de la Rédemption. Donne-leur soif de ta Parole ! Qu’ils puissent sentir à quel point leur parole, sans la tienne, est pauvre et trompeuse. Fais que leur cœur résonne de ta Parole et qu’elle habite leurs pensées. Fais que cette Parole produise son fruit d’abord dans leurs cœurs et qu’avant de se hâter à la proclamer à tous les vents, ils en soient enivrés. Nous te supplions pour que jamais ils ne l’utilisent pour leur propre gloire mais qu’au contraire ils en soient des serviteurs assidus. Toi qui règnes pour les siècles des siècles.

« Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. » (Is 50, 4). Tout chrétien doit devenir disciple. Et si le ministère de la Parole au sein de nos liturgies s’exerce par le sacrement de l’ordre, il se déploie cependant dans le monde par le sacrement du baptême. Le baptême ordonne le chrétien au don de la Parole : consolation, accueil, conseil et, parfois quand l’Esprit l’y encourage, avertissement et admonestation. Mais, afin que le chrétien devienne disciple, il doit tendre l’oreille. Chaque matin, il lui faut s’asseoir au pied du divin Maître et lui ouvrir son cœur afin que le semeur y jette les graines du Royaume.

Prière

Tu fais, Seigneur, de chaque baptisé un disciple que tu éveilles le matin par ta Parole. Donne à nos frères, qui seront ordonnés diacres, de la proclamer sans crainte. Qu’ils ne la confondent jamais avec la leur !
Fais aussi que notre langue de disciple ne se tarisse jamais. Qu’en tout temps nous sachions réconforter et encourager ceux que les paroles humaines et les promesses du monde ont épuisé. Toi qui règnes pour les siècles des siècles.

L’Eucharistie est le sacrement – c’est-à-dire le signe – de l’amour de Dieu pour nous. « Dans cet admirable sacrement se manifeste l’amour “le plus grand”, celui qui pousse “à donner sa vie pour ses amis” (Jn 15, 13). […] Par cette expression, l’évangéliste introduit le geste d’humilité infinie accompli par Jésus : avant de mourir pour nous sur la croix, se nouant un linge à la ceinture, il lave les pieds de ses disciples. » (Sacramentum caritatis, 1). En effet, la célébration de l’Eucharistie ne peut pas être désolidarisée de la pratique de la charité. L’un alimente l’autre. La deuxième est la preuve de l’authenticité de la première dans notre cœur. Peu après la Résurrection, ce sont les apôtres eux-mêmes qui ont souhaité un ministère particulier dans l’Église pour l’exercice de la charité. C’est à ce titre et pour cette mission qu’ils participent du sacrement de l’ordre.

Prière

Par le lavement des pieds, tu nous as fait comprendre, Seigneur, que l’amour véritable doit se faire concret, tangible, incarné… Eucharistie et charité ordonnées par un même sacrement ! Adoration de Dieu et service du prochain entremêlés pour que celui qui serve le fasse d’un seul élan du cœur. Donne à ton Église, Seigneur, des diacres qui soient des ministres diligents de ton amour, spécialement auprès des pauvres. Donne-leur de les servir avec délicatesse et empressement dans la pureté du cœur. Donne-leur de puiser l’énergie dans le Pain de Vie afin qu’ils agissent par la force de ton amour et le dépouillement du leur. Toi qui règnes pour les siècles des siècles.

Les premiers diacres de l’Église, notamment Étienne, ont été choisis pour l’Esprit qui les habitait et pour leur sagesse (cf. Ac 6, 3). Les apôtres cherchaient main-forte pour « servir aux tables » (Ac 6, 2). Pourtant, ils n’ont pas désigné ceux qui brillaient pour leur force physique, leur dynamisme ou leurs qualités d’organisation. En effet, la charité chrétienne n’est pas synonyme d’efficacité : « des pauvres, vous en aurez toujours » (Jn 12, 8). Pour l’exercice de la charité, l’Église souhaite ordonner des hommes sages selon Dieu. Donner du pain à celui qui a faim, c’est une bonne action. Mais l’homme a autant besoin de pain que de la Parole de Dieu. Il faut donc la sagesse du Bon Pasteur pour apporter le Pain de Vie en même temps que le pain pour la vie.

Prière

Rappelle-toi les foules entières qui te suivaient dans des endroits reculés afin de t’entendre. Donne à ceux qui vont exercer le ministère du diaconat la sagesse pour connaître les besoins des âmes et la force d’y répondre toujours. Qu’ils agissent avec discernement pour que le service de la charité dans l’Église ne soit pas fondé sur l’efficacité mais sur l’écoute de la Parole. Toi qui règnes pour les siècles des siècles.

« L’Église est la famille de Dieu dans le monde. Dans cette famille, personne ne doit souffrir par manque du nécessaire. En même temps, la caritas-agapè dépasse aussi les frontières de l’Église ; la parabole du Bon Samaritain demeure le critère d’évaluation, elle impose l’universalité de l’amour qui se tourne vers celui qui est dans le besoin, rencontré “par hasard” (cf. Lc 10, 31), quel qu’il soit. » (Deus Caritas est, 25). Puisque le baptême nous fait entrer dans la famille de Dieu, il est de notre devoir de vivre cette charité. Et cette tâche n’a rien d’accidentel ou de périphérique. Elle est indissociable de la louange de Dieu., « En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. » (1 Jn 4, 20)

Prière

Tu es présent, Seigneur, dans chacune de tes créatures, spécialement celles qui sont dans le besoin. Tu es apparu à saint Martin sous l’aspect d’un mendiant ; tu as permis à saint François de t’embrasser sous la forme d’un lépreux et tu as converti son cœur ; tu as donné ta force à Mère Teresa pour assister les rebuts de la société. Donne à tous les chrétiens la grâce de te voir, de te servir et de te rencontrer dans chaque personne humaine. Donne à nos futurs diacres un cœur sensible aux appels du monde en détresse ! Toi qui règnes pour les siècles des siècles.