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« L’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire»

Samedi 16 octobre 2021

Sainte Edwige, religieuse ; sainte Marguerite-Marie Alacoque, vierge

Couleur liturgique : vert

Évangile selon saint Luc 12, 8-12

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu. Mais celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu. Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné. Quand on vous traduira devant les gens des synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz. Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire. »

Prière

Seigneur Jésus, je me recueille en ta présence. Je fais silence autour de moi, je fais silence au-dedans de moi. Je te remercie pour ce moment de prière et je me détache de toutes les autres préoccupations. Je te cherche, je veux passer ce temps de prière avec toi. Me voici !

Demande

Ouvre mon oreille intérieure et dispose mon cœur pour recevoir ta Parole. Quel que soit ton message, je te demande la grâce de l’accueillir dans une attitude de confiance et de docilité. Que je n’écoute pas ta Parole sans qu’elle produise du fruit dans mon âme.

Réflexion

L’Évangile est la proclamation d’une bonne nouvelle ; cependant, le passage que nous venons de lire semble dur au premier abord. Il nous présente trois menaces : être renié par Dieu, être exclu de sa miséricorde en cas de blasphème, être persécuté par les hommes… Il y a de quoi trembler, semble-t-il. Mais regardons de plus près ces versets et demandons au Saint-Esprit l’intelligence spirituelle pour le comprendre en profondeur.

  1. « Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui (…) »
    Si nous relisons le début du passage, nous écoutons le Christ parler de ceux qui se déclarent pour lui. Arrêtons-nous un premier instant sur cette phrase, sur le simple fait d’avoir cette possibilité de nous manifester pour Dieu. D’autres créatures ne l’ont pas : les minéraux, les végétaux, les animaux, le micro ou le macro-cosmos… aucune autre créature que l’homme n’a cette possibilité d’être en relation avec Dieu. Et pourquoi nous déclarerions-nous pour lui ? Qu’avons-nous reçu de lui ? Chacun peut passer en revue la liste. Mais tous, nous avons reçu le don de l’existence, le don de la vie, le don de l’appel au bonheur, le don de l’amitié avec Dieu, le don de son pardon, et d’autres dons particuliers. En fait, il est beau de penser que nous pouvons nous manifester pour Dieu, reconnaître ses bienfaits, lui exprimer notre gratitude et lui porter témoignage.
    Dans un second temps, nous pourrions aussi nous demander de quelle façon nous pouvons nous déclarer pour Dieu : par nos paroles et par nos actes, par notre prière et notre service, par nos qualités et nos efforts… en réalité, tous les aspects de ma vie peuvent être une confession de foi en Dieu.
  2. « Si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné. »
    Si nous rejoignons la déclaration suivante du Christ, peut-être avons-nous de quoi rester perplexes ! Le blasphème contre l’Esprit Saint ne sera pas pardonné. La miséricorde de Dieu a-t-elle alors une limite ? Le péché finit-il par avoir le dernier mot ? Et quel est ce péché contre l’Esprit Saint dont parle Jésus. Si nous regardons les Évangiles, nous pouvons trouver une piste de réponse.
    En effet, durant tout son ministère public, le Christ n’a de cesse de guérir toutes sortes de maux, de ressusciter les morts, d’annoncer le règne de la grâce sur le péché. Un seul cas de figure semble opposer une résistance à son œuvre : la dureté des pharisiens. La dureté de ceux qui se jugent mieux que les autres (cf. Lc 7, 36), la dureté de ceux qui omettent d’aider le prochain (cf. Lc 10, 25), la dureté dans l’application aveugle de la loi (cf. Mc 7, 11), la dureté de ceux qui pensent qu’ils n’ont pas de péchés à se faire pardonner (cf. Lc 18, 9), la dureté de ceux qui jugent les autres (cf. Jn 8, 3), la dureté de ceux qui résistent aux paroles du Christ (cf. Mc 2, 2), dureté de pensées, dureté de cœur, envers Dieu et envers les autres.
    Nous découvrons ainsi que ce n’est pas la miséricorde qui a des limites, mais c’est l’homme qui ne veut pas accepter le pardon et la bonté de Dieu. Et nous découvrons de ce fait l’appel que le Christ nous adresse de renoncer à nos duretés, à ce qui alourdit nos vies et nos relations avec les hommes. Jésus est le maître doux et humble de cœur dont le fardeau est léger ; près de lui, nous trouvons le repos et le réconfort, à condition de lâcher prise sur nos propres résistances. La vie chrétienne et se mettre à la suite du Christ ne sont-elles finalement pas plus simples que ce que nous croyions d’ordinaire ?
  3. « Ne vous inquiétez pas de la façon dont vous vous défendrez, ni de ce que vous direz. Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire. »
    Enfin, arrêtons-nous sur la dernière phrase de l’Évangile d’aujourd’hui. Bien qu’il ait été exigeant, il se termine sur une note de confiance en Dieu. Son secours et sa providence ne nous feront jamais défaut. Le Seigneur nous a bénis de ses dons ; il nous promet encore son secours et sa protection à l’heure de la tribulation. Parfois, nous peinons à découvrir sa présence dans les difficultés. Jésus nous dit ici où le trouver : dans notre cœur. Le Seigneur n’est jamais loin. Il ne nous abandonne jamais. Il ne suspend pas nos maux comme nous l’aimerions, mais il nous accompagne, il vit avec nous chaque épisode de notre vie, il nous inspire et nous conforte. D’ailleurs, le Saint-Esprit ne nous abandonne jamais. C’est aussi à lui que nous devons notre vie et notre progrès spirituel. C’est lui qui en est le principal protagoniste, l’auteur, l’artiste. La participation qui nous revient est celle de l’enfant qui ouvre ses mains et son cœur pour recevoir, conserver et protéger les dons reçus. Les fruits viendront d’eux-mêmes, dans la mesure où nous laisserons le plein contrôle de notre vie à notre Seigneur.
    Soyons donc dans la joie et dans la paix. L’Évangile d’aujourd’hui nous rappelle qu’en tant que créatures et enfants de Dieu, nous avons en notre pouvoir de lui rendre gloire pour tous les bienfaits qu’il nous a offerts ; le chemin le plus sûr pour le suivre est celui de la douceur, de l’humilité, de l’accueil de la grâce, aux dépens de toutes nos rigidités et duretés.
    Ayons l’audace de lâcher prise sur le contrôle que nous cherchons à avoir dans nos vies, pour nous laisser guider par le Saint Esprit ; nos vies deviendront des chants de louange au Seigneur.

Dialogue avec le Christ

En ce moment de prière personnelle, je laisse résonner en moi les paroles de l’Évangile qui me touchent le plus. Si je sens une certaine inclination vers ces questions, je peux essayer de les approfondir : quelles grâces ai-je reçu de Dieu ? Au cours de ma vie, ou récemment ? Pour quel motif puis-je me déclarer pour Dieu ? Dans quelles circonstances cela est-il plus difficile ?
Ai-je besoin de conseil ou de soutien ? Y a-t-il dans ma vie des aspects de dureté, de résistance à la grâce ? Y a-t-il des aspects de ma vie qui contredisent ma foi ? À quoi la grâce me pousse-t-elle ? Sur quoi puis-je lâcher prise ?

Résolution

De quelle façon puis-je aujourd’hui me déclarer pour le Christ ? (Il n’y a pas besoin d’attendre les grandes occasions pour le faire, commencer par sa vie quotidienne). Si j’ai été dur envers quelqu’un, je peux m’en rapprocher pour lui demander pardon.

Lucie Favier, consacrée de Regnum Christi
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Méditations : Regnum Christi
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