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Estime de soi chrétienne

Jeudi 11 avril 2024

Saint Stanislas, évêque

Couleur liturgique : rouge

Évangile selon saint Jean 3, 31-36

« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous, il témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage. Mais celui qui reçoit son témoignage certifie par là que Dieu est vrai. En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure. Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »

Prière

Mon Dieu, je lève les yeux pour me souvenir qu’il y a quelqu’un devant moi pendant cette prière… ou je les ferme pour me rappeler que tu es en moi. Je fixe là mon regard intérieur. Je laisse ma foi en ta présence taire tout le reste en moi. Je te laisse attirer tous mes sens, toutes mes affections, tous mes désirs, toute mon attention. Je veux t’entendre. Je veux te recevoir.

Demande

Renouvelle-moi, Seigneur !

Réflexion

  1. « Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous (…) il témoigne de ce qu’il a vu et entendu (…) »
    « Celui qui vient d’en haut » n’est pas n’importe qui. Il est au-dessus de tous, et de tout [1]. Et c’est lui qui est venu nous parler « de ce qu’il a vu et entendu ». Il est venu nous parler du ciel, du Père, de d’où l’on vient et de où l’on va, des mystères qui nous questionnent tous. Il vient répondre à nos questions. Si seulement nous savions d’où nous venions, où nous allons, et nous croyions que le Père a tout remis [le nécessaire] entre nos mains, notre estime de soi serait à sa juste mesure et à sa juste place, comme chez Jésus au lavement des pieds (cf. Jn 13, 3). Mais cela ne se termine pas là. Ce quelqu’un ne vient pas seulement nous le dire. Il vient le partager avec nous, le donner, en paroles et en réalité (cf. Jn 4, 24), dans sa propre personne. Le croyons-nous ?
  2. « Celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure. »
    Tant d’anxiétés en nous et autour de nous, tant d’impétuosité… Et pourtant, « ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération. » (2 Tm 1, 17) Cet Esprit vient de « celui qui [est] d’en haut ». Il a les pleins pouvoirs. Il n’a rien à craindre. Il n’a pas à se défendre. Ses réactions n’ont besoin d’être ni compulsives ni timides. Et il nous donne son propre Esprit sans mesure.
    « Force », « amour » et « pondération », dit saint Paul : force contre les mensonges dans nos têtes (cf. Mt 4, 1-11), force contre le regard malveillant des autres (cf. Jn 9, 1-41), force pour donner aux objets et aux plaisirs leur propre place (cf. Mt 6, 25-34), force pour faire face à la mort (cf. Mt 26, 36-46). Il est amour quand il n’y a « plus de vin » entre les personnes (cf. Jn 2, 1-12), lorsque les gens sont dans le besoin dans la société (cf. Ac 4, 32-36), quand Jésus mérite tout ce que l’on a de plus précieux (cf. Jn 12, 1-11). Il est pondération quand Dieu veut nous parler à travers de pauvres « bergers » que nous méprisons (cf. Lc 2, 16-20), lorsqu’il nous annonce la crucifixion pour la troisième fois à travers les difficultés de la vie et que nous ne comprenons rien (cf. Lc 19, 31-34), quand tout semble fini (cf. Lc 24, 13-35). « Force », « amour » et « pondération ». Recevons-nous ?
  3. « Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main. »
    L’estime de soi chrétienne est celle de la Vierge Marie. Elle ne repose pas sur soi-même. Elle repose sur celui qui vient d’en haut, qui est au-dessus de tous et de tout. Elle en est d’autant plus grande et d’autant plus libre d’elle-même.
    Pourquoi attendre ? Pourquoi ne pas croire ? Pourquoi ne pas demander l’Esprit ? « Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! » (Lc 11, 13). Pourquoi devenir « celui qui refuse de croire » quand il n’y a pas de raison d’hésiter ? Pourquoi refuser jusqu’à frustrer le don du Père ? Attendrons-nous ?

[1] En grec, le mot πάντων peut être interprété dans les deux sens (cf. Jn 3, 31).

Dialogue avec le Christ

Donne-nous, Seigneur, ton Esprit ! D’une façon ou d’une autre, nous en avons tant besoin ! Je vais continuer à le demander, encore et encore. Viens, Esprit de Dieu ! Viens remplir ton Église durant le Carême ! Viens la remplir de force, d’amour, de pondération, d’humilité, de pureté, de service envers les autres, d’une estime de soi qui vienne de la vérité ! Viens me remplir de tous ces dons ! Secoue-moi ! Fais-moi sortir de mon confort spirituel ! Fais-moi marcher derrière le Christ vers la Passion qui mène à la Résurrection et, par lui, vers celui qui est « en-haut » !

Résolution

Aujourd’hui, j’invoquerai l’Esprit Saint en toute confiance, surtout pour secourir ma faiblesse.

Véronique Chevrier, consacrée de Regnum Christi
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Méditations : Regnum Christi
Texte de l’Évangile et informations liturgiques : © AELF – Paris – Tous droits réservés