« De la maison de Dieu, vous avez fait une caverne de bandits »

Couleur liturgique : rouge

Évangile selon saint Luc 19, 45-48

En ce temps-là, entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs. Il leur déclarait : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » Et il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ; en effet, le peuple tout entier, suspendu à ses lèvres, l’écoutait.

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Prière

Seigneur Jésus, viens en moi ! Je t’en prie, ne reste pas à l’extérieur, ne permets pas que je t’enferme dans la catégorie des belles idées qui n’influencent ma vie que de très loin ! Viens au plus intime de moi-même, dans mon cœur, là où se trouve la fine pointe de mon intelligence, de ma volonté et de mes sentiments. Donne-moi l’humilité de t’accueillir dans mon cœur !

Demande

Seigneur, viens purifier mon cœur !

Réflexion

1. Ce passage de l’Évangile se situe dans la dernière ligne droite de la vie du Christ. Celui-ci vient d’entrer à Jérusalem, accompagné des acclamations de la foule qui l’accueille en Fils de David. Il sait bien qu’il ne lui reste que peu de jours avant de souffrir sa Passion. Pourtant, il n’hésite pas à entrer dans le Temple et à en expulser les marchands, quitte à se placer encore plus dans le viseur des autorités qui voulaient sa mort. Pourquoi Jésus décide-t-il de prendre des risques ? Pourquoi chasse-t-il les vendeurs ?

Tout cet épisode s’éclaire dans la perspective de la première lettre aux Corinthiens : « Le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. » (1 Co 3, 17). Le Temple de Dieu, c’est moi. En effet, le jour de mon baptême, Dieu est venu habiter en moi. Il a fait de mon cœur le lieu de la rencontre avec lui. Il est devenu le centre de mes aspirations, de mes décisions et de mes désirs. Il avait choisi le jardin d’Éden pour se promener en compagnie de l’homme. Il avait choisi le Temple de Jérusalem pour y placer son Nom (cf. 1 R 9, 3) et se rendre proche de son peuple. Et maintenant, il a donné son Esprit à chaque baptisé pour que notre cœur soit le nouveau Temple, le lieu de l’intimité avec Dieu.

2. Aujourd’hui comme à l’époque de Jésus, le sanctuaire de Dieu court le risque de devenir une caverne de brigands. Des voleurs peuvent s’installer dans mon cœur à la place de Dieu. Il peut s’agir de simples distractions, des idées ou des objectifs qui monopolisent mon attention et me font oublier que j’ai soif de Dieu. Il peut s’agir carrément de faux dieux, d’idoles qui prétendent apaiser ma soif mais qui ne font que l’augmenter : l’argent, le plaisir, l’amour-propre, le regard des autres, etc. Quels sont ces voleurs qui envahissent mes pensées et influencent mes décisions ?

Les marchands du Temple de Jérusalem avaient beaucoup de bonnes excuses : sans eux, les Juifs ne pouvaient pas accomplir les préceptes de la loi, acheter les animaux exigés pour les sacrifices ou payer la dîme du sanctuaire. Mes « marchands » ont, eux aussi, de bonnes excuses : je peux cacher ma cupidité en me disant que je ne peux quand même pas vivre dans la misère ; je peux cacher mon envie de dominer les autres en me disant que je ne peux quand même pas me laisser marcher sur les pieds ; je peux cacher mon obsession pour le confort et le plaisir en me disant que j’ai quand même droit à un peu de bonheur. Quelles sont mes excuses pour laisser les voleurs s’installer à la place de Dieu ?

3. Dans l’épisode des marchands chassés du Temple, il y a encore deux groupes de personnes : les grands prêtres et les scribes d’un côté, et la foule de l’autre. Les premiers étaient les défenseurs du statu quo. Ils savaient très bien que les vendeurs n’avaient rien à faire dans l’enceinte du Temple, mais ils ne faisaient rien pour les déloger. Et moi ? Ai-je des mécanismes de défense qui protègent les voleurs de mon cœur ? Est-ce que je pense que la situation n’est pas optimale, mais que ce serait impossible ou dangereux de la changer ? Ces grands prêtres et scribes de mon cœur peuvent être la routine, la peur, la paresse…, tout ce qui m’empêche de redonner au Seigneur la place qui lui appartient.

Le peuple, lui, ne se laisse pas faire. Son instinct lui dit que ce Rabbi, ce Jésus de Nazareth, est unique. La foule ne veut pas perdre une seule de ses paroles. Moi aussi, j’ai ma conscience, mon instinct. Il me souffle que, en fin de compte, seul le Christ peut satisfaire ma soif de bonheur. Si je ne lui donne pas la première place dans mes décisions et mes désirs, je vais la donner à quelque chose d’autre qui va finir par me tuer. Je suis fait pour accueillir Dieu en moi, tout autre invité me détruit lentement de l’intérieur. Seul Dieu en moi peut me donner le bonheur pour lequel il m’a créé.

Dialogue avec le Christ

Seigneur Jésus-Christ, viens habiter en moi ! Fais de moi le Temple de ta présence ! Sans toi, je ne peux vivre que pour des illusions qui s’évanouissent les unes après les autres. Ne permets pas que je laisse ta place à des marchands de bonheur qui me dépouillent et me laissent plus misérable qu’avant ! Purifie-moi de toutes les idoles qui prennent ta place dans mon cœur ! Sainte Vierge Marie, arche d’alliance, maison de Dieu, toi qui as accueilli Dieu dans ton corps, ouvre-lui la porte de mon cœur !

Résolution

Aujourd’hui, je vais fixer la date de ma prochaine confession pour offrir au Seigneur l’occasion de faire place nette dans mon cœur et de s’y installer.

Frère Benoît Terrenoir, LC
Méditations: Regnum Christi 
Texte de l’Évangile et informations liturgiques: © AELF - Paris - Tous droits réservés