« Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera »

Couleur liturgique : violet

Évangile selon saint Luc 9, 22-25

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. » Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? »

Prière

Seigneur Jésus, je veux m’arrêter pour pouvoir passer quelques minutes avec toi. Si cela m’aide, je peux suspendre la lecture, le temps suffisant pour me recueillir. J’entre en mon cœur, je me retire dans ma chambre intérieure la plus retirée, je ferme la porte, et je prie mon Père qui est présent dans le secret (cf. Mt 6, 6). Oui, Père, tu es ici avec moi. Je veux écouter ta Parole.

Demande

Seigneur, accorde-moi la grâce de commencer ce chemin de Carême avec enthousiasme, clarté et décision.

Réflexion

1. « Il faut que le Fils de l’homme (…) »

Qu’est-ce qu’il nous faut ? Au début de ce Carême, le Christ nous donne ses quatre « règles pour la vie », ses quatre « il faut ». « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup (…), qu’il soit rejeté (…), qu’il soit tué (…), et qu’il ressuscite. » Que le Fils de l’homme ressuscite nous convient. Nous désirons nous aussi y arriver. Mais le reste ? Souffrir beaucoup, être rejeté, être tué, est-ce vraiment le bon chemin ? N’y aurait-il pas une autre voie possible ? « Passe derrière moi, Satan ! (…) Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (Mt 16, 23) Telle est la réponse, catégorique, de Jésus à Pierre qui lui posait ces mêmes questions. Il n’y a pas d’autre chemin. Nous devrions alors nous réjouir lorsque la souffrance apparaît dans notre vie, lorsque l’on nous rejette, lorsque l’on nous persécute… Tout cela nous indique que nous sommes sur le bon chemin, celui qui nous guide vers la Résurrection, celui que le Christ a choisi !

2. « (…) à cause de moi (…) »

Afin de sauver notre vie, il ne suffit pas de la perdre. Le Christ nous demande de la perdre « à cause de lui ». Nous avons sûrement déjà pris quelques résolutions de Carême, quelques petits sacrifices qui nous libèrent de nos attachements. Mais tout cela sera vain, si ce n’est pas « à cause de lui ». Plus que le sacrifice, c’est l’amour que le Christ veut, cet amour qui nous pousse à réaliser ces sacrifices et sans lequel ils resteraient sans valeur.

3. « Quel avantage un homme aura-t-il (...) »

Le Carême que nous avons commencé hier est un temps pour nous détacher, pour nous arrêter et pour tourner notre regard vers l’essentiel. Qu’y a-t-il en mon cœur ? Quels désirs l’anime-t-il ? Est-ce le désir de « gagner le monde », peut-être pas par le pouvoir, mais en cherchant l’estime de tous ou la supériorité ? Et même si j’y arrivais, quel avantage cela m’apporterait-il ? Est-ce cela qu’il me faut ­­? Que me faut­-il ?

Dialogue avec le Christ

Seigneur, il me faut, toi ! Ce n’est qu’en toi que je trouverai mon bonheur complet et la réalisation profonde de tous les désirs de mon cœur. Je ne comprends pas encore la sagesse de la croix, mais je veux te suivre. Et si c’est le chemin que tu as pris, c’est là aussi que je veux te suivre. Seigneur, tu connais ma faiblesse. Je t’en prie, accorde-moi le courage et la persévérance de te suivre sur ton chemin !

Résolution

Aujourd’hui, je me réjouirai devant une contrariété, sachant que je suis sur le chemin qui me guide vers le Christ.

Frère André Blanchette, LC
Méditations: Regnum Christi 
Texte de l’Évangile et informations liturgiques: © AELF - Paris - Tous droits réservés