« Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! »

Couleur liturgique : blanc

Évangile selon saint Luc 19, 41-44

En ce temps-là, lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant : Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux. Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ; ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait.

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Prière

Seigneur, reçois en cet instant le don que je te fais de ce temps. Bénis-le de ton regard aimant, et guide-moi par l’Esprit Saint pour que cette parole s’ancre dans mon âme.

Demande

Accorde-moi, Seigneur, la grâce de la conversion pour que je sache te reconnaître et répondre à tout cet amour que tu souffres de ne pas pouvoir me donner.

Réflexion

1. « Il pleura sur elle. »

Dans l’amertume de nos infortunes, ne sommes-nous pas tentés de douter de Dieu ou de sa bienveillance ? Combien de fois avons-nous entendu les protestations d’athéisme de ceux qui trouvent dans les horreurs de ce monde la justification de l’absence de Dieu ? Pourtant, quand l’injustice nous déchire, au milieu de nos larmes, n’oublions jamais que le Christ est le premier à pleurer sur nous. Il pleure sur nous quand nous sommes innocents, et aussi quand nous sommes coupables. Le Christ pleure sur nos péchés et sur les situations qui en découlent. Notre liberté, lorsque nous en disposons mal, est horriblement douloureuse à celui qui sait tout. Les juifs, le peuple élu, tellement malmenés, chassés de leur temple, dispersés à travers le monde, le Christ a-t-il voulu cela ? La foi qu’ils ont gardée à travers les siècles et malgré leurs maux devrait nous inspirer dans nos malheurs. Le Christ est le premier à gémir quand nous faisons face à la douleur sans comprendre son sens.

2. « (…) ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre (…) »

C’est le sort du peuple juif que le Christ prophétise ici. La destruction du temple de Jérusalem. Le temple est un monument temporel et spirituel. Les pierres sont le témoignage de la mémoire, du passé. La destruction du temple symbolise la fin du peuple juif en tant que nation, pays, patrie, terre. Les pierres, c’est donc la mémoire, et aussi notre mémoire. À l’intérieur de notre âme, gît aussi le fondement de notre relation spirituelle, notre temple, cet espace qui permet le lien avec Dieu, construction édifiée par les instants que nous avons pris avec lui, par ces lieux de notre vie où nous lui avons fait une place et où nous l’avons vu agir. À notre échelle personnelle, nous sommes aussi parfois menacés de voir s’écrouler cet espace... pourquoi ?

3. « (…) parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. »

Le Christ assiste, impuissant, à la fin de son peuple élu en tant que nation. Il s’est démené pour montrer, guider, mais il n’a pas été entendu. Il frappe aussi de la même façon dans notre cœur. Chacun de nous est menacé de ces moments où, parce que nous sommes trop forts, ou alors trop accablés, nous croyons Dieu absent, ou nous faisons comme s’il l’était. Alors, progressivement, nous relisons notre vie autrement. Et notre mémoire spirituelle risque de s’écrouler. Et pourtant, comme face à Jérusalem, le Christ est face à nous, et nous implore : si tu avais connu ce qui donne la paix !

Dialogue avec le Christ

Garde-moi, Seigneur, de traverser ma vie sans voir ton regard. Sans le reconnaître dans ce passant, dans ce livre, dans ces circonstances. Envoie-moi ton Esprit Saint pour me donner la grâce de cette vie en toi, et non pas à côté de toi !

Résolution

Je cherche aujourd’hui où le Christ a pu vouloir me parler. Je fais mémoire d’un moment de ma vie où j’ai senti intimement cette présence et j’en rends grâce à Dieu. Je prie pour le peuple juif.

Anne-Pauline Jarry
Méditations: Regnum Christi 
Texte de l’Évangile et informations liturgiques: © AELF - Paris - Tous droits réservés