Méditation musicale : Pauvre, pur, prospère

Soumis par Regnum Christi le sam 23/06/2018 - 23:59

Évangile selon saint Matthieu 6, 19-23

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. La lampe du corps, c’est l’œil. Donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! »

Prière

« Toi, Seigneur, tu es béni : apprends-moi tes commandements.
Je fais repasser sur mes lèvres chaque décision de ta bouche.
Je trouve dans la voie de tes exigences plus de joie que dans toutes les richesses.
Je veux méditer sur tes préceptes et contempler tes voies.
Je trouve en tes commandements mon plaisir, je n'oublie pas ta parole.
Sois bon pour ton serviteur, et je vivrai, j'observerai ta parole.
Ouvre mes yeux, que je contemple les merveilles de ta loi.
Je suis un étranger sur la terre ; ne me cache pas tes volontés.
Mon âme a brûlé de désir en tout temps pour tes décisions.
 » (Ps 118, 13-20)

Demande

La sagesse d’amasser des trésors dans le ciel : pauvreté, pureté, prospérité !

Réflexion

Nous sommes en plein cœur du sermon sur la montagne de Jésus, relaté dans les chapitres 5, 6 et 7 de l’Évangile selon saint Matthieu. Sans vouloir extraire ces versets de leur contexte, il convient de préciser que le début de ce discours commence par les Béatitudes, dont la première : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux » (Mt 5, 3) sera notre clef d’interprétation introductive.

1. « Ne vous faites pas de trésors sur la terre (…) »

Le lien vertueux est direct entre le « Heureux les pauvres de cœur » des Béatitudes et le « Ne vous faites pas de trésors sur la terre » au cœur du discours de Jésus sur la montagne. Néanmoins, la pauvreté chrétienne ne s’oppose pas au concept du « trésor ». En fait, Jésus nous invite à réunir des trésors : pas « sur la terre » mais bien « dans le ciel ». Les biens de ce monde n’ont qu’une valeur relative, passagère. Ce monde passe. Comment les garder pour l’éternité, au-delà de la mort, tandis que les mites et vers les dévorent, ou les voleurs les volent ?

2. « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. »

Cependant il faut savoir comment amasser « des trésors dans le ciel ». Comment mettre notre cœur dans le ciel pour y avoir des trésors ? Si la pauvreté du cœur est une béatitude, la pureté du cœur en est une aussi : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5, 8). Ou bien, selon la réflexion paulinienne : « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. » (1 Cor 13, 13) Ce sont les vertus théologales qui ont Dieu pour objet (Cf. CEC 1812-1829). Tout trésor de ce monde pourra être le moyen des vertus humaines, à partir de l’amour de soi-même. Néanmoins, Jésus enseigne : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Mt 22, 37-39) C’est-à-dire que l’on peut posséder des trésors que l’on aime sur cette terre : il ne faut les employer que pour la gloire de Dieu et au service du prochain avant que les mites et vers ne les dévorent, ou les voleurs ne les volent ! Où est mon cœur ?

3. « La lampe du corps, c’est l’œil ; donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière. »

Si Jésus nous conduit de la méditation de cette terre à la contemplation du ciel, il veut élever notre regard de la vue physiologique à la vision du cœur. La constitution pastorale sur l’Église dans le monde de ce temps, Gaudium et Spes, nous parle de cette dignité de la conscience morale : « Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur : "Fais ceci, évite cela". Car c’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme ; sa dignité est de lui obéir, et c’est elle qui le jugera. La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre. » (GS 16) Avec mes biens, comment servir mon prochain comme moi-même, et Dieu avant toute chose ?

Dialogue avec le Christ

« Heureux les hommes intègres dans leurs voies qui marchent suivant la loi du Seigneur !
Heureux ceux qui gardent ses exigences, ils le cherchent de tout cœur !
Jamais ils ne commettent d'injustice, ils marchent dans ses voies.
Toi, tu promulgues des préceptes à observer entièrement.
Puissent mes voies s'affermir à observer tes commandements !
Ainsi je ne serai pas humilié quand je contemple tes volontés.
D'un cœur droit, je pourrai te rendre grâce, instruit de tes justes décisions.
Tes commandements, je les observe : ne m'abandonne pas entièrement.
Comment, jeune, garder pur son chemin ? En observant ta parole.
De tout mon cœur, je te cherche ; garde-moi de fuir tes volontés.
Dans mon cœur, je conserve tes promesses pour ne pas faillir envers toi.
Toi, Seigneur, tu es béni : apprends-moi tes commandements.
 » (Ps 118, 1-12)

Résolution

Employer l’un de mes talents pour la gloire de Dieu, au service de mon prochain.

Père Shane Lambert, LC

Écoutez la méditation musicale :