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Vers une culture de la miséricorde

Mis à jour le 02 décembre 2016 à 10:58Publié le 02 décembre 2016 à 10:40

L’année sainte de la Miséricorde, proclamée par le pape François l’an dernier, s’est conclue le dimanche 20 novembre 2016. Quel en a été l’enjeu, quel en est le fruit ? La lettre apostolique Misericordia et misera nous en propose une relecture.

Alors que l’Église catholique célébrait partout dans le monde la solennité du Christ Roi de l’Univers, les nombreuses « portes saintes » à l’entrée des cathédrales, basiliques ou sanctuaires ont été refermées. Une occasion pour faire mémoire des célébrations, rencontres et œuvres proposées tout au long de l’année. Un nouveau vent va-t-il souffler dans l’Église ? Ses relations avec le monde vont-elles évoluer ?

Tout en précisant que cette clôture de l’année sainte est à la fois l’ouverture d’une époque de miséricorde, qui se réalise dans l’ouverture des cœurs des uns pour les autres, le pape François a publié une lettre apostolique sous le titre de Misericordia et misera, parue le lundi 21 novembre, il fait résonner dans les communautés chrétiennes et dans le temps les fruits de cette année comme clé de l’Évangile.

En elle, il invite à continuer de célébrer la miséricorde de Dieu, déjà présent sous de nombreuses formes dans la liturgie de l’Église, pour rentrer dans le dialogue de Dieu avec son peuple. Chacun incarne un prolongement de l’histoire sainte, dont les œuvres de grâce sont recueillies dans la Bible. Elle atteint son sommet dans le sacrement de Réconciliation, pour lequel le souverain pontife élargit au maximum l’accès. Le pardon de Dieu doit déboucher dans un accroissement de charité, par un apostolat de consolation « qui brise le cercle de la solitude où nous sommes souvent enfermés » et par la silencieuse compassion, dont la force d’amour dépasse les solutions préfabriquées. Un lieu privilégié de l’apprentissage de la miséricorde est la famille, étant donné sa fragilité lors de la vie naissante et de la mort. Une école pour saisir la main de celui qui la tend, pour être réconforté dans son chemin de début ou de fin de vie. C’est le lieu de l’amour gratuit qui transforme les cœurs de pierre en cœurs de chair.

Si l’on voulait faire le recueil des actions de cette année, on ne pourrait les compter, car le bien authentique fait peu de bruit. Et plus est, « le moment est venu de donner libre cours à l’imagination de la miséricorde, pour faire naître de nombreuses œuvres nouvelles, fruits de la grâce », conclut l’exhortation. L’Église fait face à de nombreuses souffrances dans le monde. Cette imagination doit inclure l’intelligence qui a le pouvoir d’élargir ses visées : ayant pour idéal de rétablir l’homme dans sa dignité, elle fait fi des limites et ouvre les esprits à une culture de miséricorde. Miséricorde « artisanale », faite sur mesure : elle est fruit de la prière, non d’une réflexion théorique.

En guise de vent nouveau dans les rapports de l’Église avec le monde, François déclare le 33e dimanche du temps ordinaire comme journée mondiale des pauvres, fruit d’une prise de conscience et d’un engagement réel de miséricorde qui fait si défaut de nos jours.

Jaroslav de Lobkowicz, LC

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