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Une consacrée et 12 élèves à la conférence de la femme à l´ONU

Mis à jour le 16 mai 2012 à 15:43Publié le 03 mai 2012 à 00:00
  • Conférence sur la femme à l'ONU
  • Clarisse Desclèves avec une élève

12 élèves du collège Cumbres à Medellin ont participé à la conférence de la femme à l’ONU. La consacrée Clarisse Desclèves les a accompagnés. Voici son témoignage.

Depuis deux ans et demi en Colombie, je suis responsable de la formation intégrale des élèves de secondaire et du lycée dans notre collège Cumbres à Medellin. Nous avons actuellement 1200 élèves dans l’établissement dont 300 dans la section que j’anime. Notre école a fait le choix d’avoir des effectifs réduits pour donner un meilleur suivi aux élèves. C’est une expérience très enrichissante de vivre et de suivre le cheminement de chacune de ces élèves qui passent de l’adolescence à l’âge adulte et sont confrontées à des décisions importantes pour leur vie.

C’est dans ce cadre que j’ai pu accompagner 12 élèves à New York, à l’occasion de la conférence de la femme de l’ONU CSW-56, dont le thème était « la femme rurale ». Soutenues par deux ONG, nos colombiennes se sont retrouvées avec d’autres jeunes filles de différents pays, comme le Chili, l’Espagne, l’Equateur et le Mexique. Nous avons vécu une expérience extrêmement révélatrice sur la réalité du monde. D’une part nous avons pu entendre des femmes évoquer les nombreux problèmes qu’elles affrontent , comme l’analphabétisme en Afrique et en Amérique du Sud,  la détresse de beaucoup d’entre elles face au machisme, et la violence dans les communautés indigènes.

L’Angleterre, soutenu par le Danemark, a présenté un panel sur le problème de l’image donnée de la femme dans les medias qui conduit beaucoup de nos adolescentes à un manque d’ estime, à l’anorexie, à une fausse image de la femme et à des stéréotypes ;  les veuves de Russie nous ont exprimé leur situation lorsqu’elles se retrouvent sans terre et sans bien à la mort de leur mari ; les femmes africaines ont expliqué que la plupart d’entre elles portent toute la charge de leur foyer, et aussi les difficultés liées à la modernisation pour des populations éloignées qui ont besoin d’un meilleur suivi sanitaire (les routes en terre battue sous les pluies deviennent des fleuves de boue, le manque d’eau potable, l’instabilité électrique qui complique les interventions chirurgicales, l’insécurité et la violence des groupes révolutionnaires qui détruisent tout sur leur passage ou créent des situations de terreur…), entre autres cas nombreux et variés.

La France, dans un panel intitulé « les filles et leur corps » présentée par la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale et la présidente du Planning Familial, et soutenu par d’autres pays nous ont tristement parlé de la réduction de la natalité, de quotas de naissances pour lutter contre un monde trop peuplé. Elles ont a revendiqué le droit à l’avortement pour les filles dés le plus jeune âge, et nous ont annoncé aussi un changement de stratégie dans la lutte féministe. Elles souhaitent maintenant appeler « au droit des femmes et des filles » et ouvrir la porte à tous sortes de permissivité dans le domaine sexuel des filles, sans contrôle des parents. Ceux-ci sont pourtant les premiers responsables de leurs enfants. Par ailleurs  elles ont informé que leur travail serait désormais tourné vers les « hommes ».

Nos élèves ont pu également ouvrir les yeux sur le rôle extrêmement virulent et agressif des lobbys féministes et se rendre compte que le thème exclusif des conférences est celui de l’avortement : les pays évaluent leur situation et leur évolution sur les lois obtenues dans ce domaine dans leur pays, comme s’il s’agissait du seul et unique recours ou solution plausible.

Nous avons pu en une semaine, parler avec de nombreux délégués des différents pays, participer, témoigner et donner notre opinion, et montrer au monde que la jeunesse n’est pas en faveur de la culture de la mort. Les délégués ont été interloquées par la présence de ces jeunes enthousiastes, fières de leur féminité et souriantes et dont la présence est un signe de contradiction dans ce genre de conférences où lesquelles dominent un public féministe, âgé, agressif et négatif. Un jeune ministre de Zimbaboué nous a fait part de son indécision face au problème de l’avortement entre répondre aux féministes de son pays qui le réclament avec insistance ou chercher le meilleur pour son peuple; une ministre du Congo nous a déclaré « notre plus grande richesse en Afrique ce sont nos enfants, et je les défendrai » ; tandis que la ministre du monde rural espagnol proclame l’absolue nécessité de faire des pas en avant vers le contrôle des naissances. Les féministes de Russie se sont senties désemparées par cette jeunesse qui voulait défendre le droit des enfants à vivre.

Il est intéressant de relever que l’ambiance de cette conférence internationale est assez tendue, tout le monde est aux aguets, près à attaquer. Ce sont les hommes qui rougissent, qui balbutient et ne savent comment s’exprimer dans cette conférence.Ils n’osent pas être galant, céder le passage, ou nous inviter, ou laisser les chaises pour s’asseoir…

Cette expérience a permis aux élèves de se rendre compte en une semaine que les cours d’éthique, de participation sociale et de formation catholique n’étaient pas de « vieux refrains » mais bien au contraire des réalités actuelles et concrètes et qu’elles avaient besoin de se former pour que le monde puisse aller dans la direction du bien, du beau et du vrai, sous le guide du Christ qui est réellement « le Chemin, la Vérité et la Vie »

Clarisse Desclèves, consacrée de Regnum Christi

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