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Un signe de maturité et de solidité institutionnelle

Mis à jour le 24 avril 2013 à 14:01Publié le 24 avril 2013 à 13:46

Le Saint Siège approuve les statuts définitifs de l’Athénée Pontifical Regina Apostolorum

Par un décret du 6 août 2012 le Saint Siège a approuvé de façon définitive, grâce à la Congrégation pour l’Education Catholique, les statuts de l’Athénée Pontifical Regina Apostolorum. Le décret d’approbation a paru la veille du XXème anniversaire de la fondation de notre Athénée.
En première partie de l’entrevue le père Pedro Barrajon, L.C., recteur de ce lieu d’études, nous a parlé de l’importance des statuts, du parcours suivi pour arriver à cette approbation et du procédé interne d’autoévaluation vécu par l’Athénée ces derniers mois pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement.

Quel est l’itinéraire qu’a suivi cette approbation : qui la présente, qui l’approuve, depuis combien de temps l’a-t-on demandée et qu’est-ce que cela signifie pour la vie de l’Athénée ?

L’Athénée a obtenu la première approbation le 15 septembre 1993 de la Congrégation de l’Education Catholique, avec l’acceptation ultime du pape Jean Paul II. C’est le dernier Athénée Pontifical érigé à Rome (l’avant dernier ayant été l’Université Pontificale de la Sainte Croix, de l’Opus Dei, quelques années auparavant).

L’iter d’approbation de notre Athénée est laborieux, dans le sens qu’il faut démontrer sa nécessité, qu’il existe un corps professoral suffisamment préparé, qu’il y aura des étudiants, etc. Quand il a approuvé l’Athénée, le Saint Siège croyait que la Légion à qui on le confiait, était prête à mener à bien cette mission importante parce que, évidemment, l’approbation d’un Athénée Pontifical ne se donne pas « juste comme ca» car la congrégation ou l’institution qui l’appuie a une grande responsabilité.

Cinq ans plus tard, au mois de juin 1998, il reçut l’approbation du titre. Il naquit en tant que Athénée Regina Apostolorum et cinq ans après on lui concéda le titre de « Pontifical ». Ce titre est une corroboration ultérieure du lien qui unit l’Athénée au Saint Père. Le titre « Pontifical » est un titre honorifique qui, d’un point de vue académique, ne comporte ni nouvelles exigences ni nouveaux droits, pour ainsi dire ; mais cela donne un prestige à l’institution qui le porte ; c’est pour cela que le Pape Jean Paul II a voulu le donner en 1998.
Quand l’Athénée fut créé ce fut « ad tempus », pour un temps (c’est le cas pour tous les Athénées car l’Eglise doit corroborer la validité de cette proposition formative).

En 2011 survint l’érection ou approbation définitive de l’Athénée, mais pas celle des statuts. Les statuts, comme l’est l’iter normal dans l’éducation catholique, sont approuvés pour des périodes définies. Les statuts sont l’épine dorsale d’une institution et ils rencontrent une période de rodage important pour lequel se succèdent diverses approbations jusqu’à ce que vienne la définitive.

En 2011 on avait conclu les diverses approbations temporelles de l’Athanée et nous, étant donné qu’il y avait différents facteurs, dont le « Processus de Bolonia » et les divers changements que cela comportait au sein de l’éducation catholique (la réforme des études philosophiques qui arrivait à son terme et aussi un procédé interne de réflexion sur ces mêmes statuts), le grand Chancelier, le père Alvaro Corcuera, L.C., avions demandé à la Congrégation pour l’Education Catholique pour l’Athénée, une prorogation qui fut accordée pour une période de deux semestres, pratiquement un an, jusqu’à juillet 2012, où nous devrions présenter une proposition pour les statuts, avec la possibilité d’y apporter des changements.

En 2012 on travailla à ces nouveaux statuts qui furent présentés à la Congrégation pour l’Education Catholique qui les approuva de façon définitive par un décret du 6 août 2012.
C’est l’état des statuts qui s’offrent à la communauté académique de l’Athénée. Elle jouit d’un point de référence très solide pour pouvoir être gouvernée avec efficacité et prudence; en eux se conjugue ce que dit la Sapientia Christiana sur le gouvernement des personnes qui ont une mission sur d’autres dans l’Athénée : depuis le grand Chancelier, les doyens, les directeurs d’instituts et de centres, etc., en qui l’autorité personnelle se conjugue à l’autorité collégiale, étant donné que chaque niveau a ses conseils respectifs et chaque conseil a la possibilité d’intervenir par un vote consultatif ou délibératif sur les sujets divers.

Quelles sont les nouveautés présentées par cette version des statuts et de façon pratique, comment peuvent-ils avoir une incidence tant sur la vie du personnel enseignant que sur la communauté estudiantine ?

Les grandes nouveautés s’appliquent surtout sur la forme du gouvernement et sur les professeurs. Dans le gouvernement on a introduit le conseil directeur qui renforce la figure du recteur et aussi la figure collégiale avec les doyens qui, avant, ne participaient pas à la vie de tout l’Athénée ; chaque doyen n’avait pratiquement qu’une activité de doyen mais rien de plus. Maintenant, en quelque sorte, ils ont une responsabilité plus collégiale sur tout l’Athénée au moyen du conseil directeur.

En troisième lieu on trouve le sénat académique qui est cette participation des différents secteurs de l’Athénée, depuis les employés jusqu’aux étudiants et aux directeurs. Il est devenu plus informatif et moins décisif car nous avons vu que dans un domaine si vaste il était très difficile de prendre des décisions importantes ; il s’agit donc d’un organisme où tous peuvent participer mais beaucoup des décisions importantes passent du sénat au conseil directeur. Il est évident que le conseil directeur a l’obligation d’écouter l’avis du sénat.
Dans le domaine des professeurs on a clarifié la classification : les professeurs stables de l’Athénée se divisent comme avant, en trois catégories (agrégés, extraordinaires et ordinaires). On a introduit une nouvelle figure qui est celle des « professeurs responsables » : professeurs qui pour ainsi dire « montent » en s’intégrant à la vie de l’Athénée bien qu’ils n’y soient pas encore stables.

On a aussi introduit, une nouvelle commission, la commission administrative. C’est une commission qui aide l’administration de l’Athénée à mieux contrôler le budget, à faire des suggestions pour la gestion administrative ou pour la collecte de fonds de l’Athénée. C’est une nouveauté qui n’existait pas avant non plus.
Comment cela se reflétera-t-il dans la vie quotidienne ordinaire ? De façon immédiate peut-être ne se verra-t-il pas ? Ces changements se perçoivent à la longue. Mais je crois que cela va renforcer le sentiment de communauté académique, les professeurs vont plus se sentir comme faisant partie de la faculté à laquelle ils appartiennent, donc à l’Athanée. Il va y avoir une plus grande coresponsabilité dans les décisions; il va y avoir – et c’est ce qui intéresse le plus une institution ecclésiastique supérieure – une plus grande qualité de l’enseignement, ce qui ne signifie pas une meilleure qualité simplement de type scientifique, mais qui respecte la spécificité de l’Athénée, c’est-à-dire un enseignement qui soit plus profond dans sa compréhension de la Révélation du mystère chrétien, dans son dialogue avec le monde et son ouverture aux diverses réalités au niveau universel et local.

Vous avez parlé de l’approbation des statuts comme une confirmation du procédé de maturité de l’Athénée et vous avez fait également référence à la qualité de l’enseignement. On sait que l’Athénée a aussi vécu un procédé d’autoévaluation, ce qui est peut-être le reflet de cette maturité et de cette tendance à une meilleure constante dans la qualité.

Ce thème de l’autoévaluation est indépendant du thème des statuts mais il nous a bien servi pour les améliorer et mieux comprendre la situation de l’Athénée dans sa globalité : dans le domaine académique, de gestion, de communication et de prestation de services à l’extérieur. Il dérive surtout de l’adhésion du Saint Siège à ce qu’on appelle le « Processus de Bolonia », qui est un accord entre les universités européennes au niveau intergouvernemental et interuniversitaire. C'est-à-dire que les gouvernements ont fait un accord mais aussi les universités, afin de faciliter la mobilité des étudiants et des professeurs, la reconnaissance des titres des diverses universités, bien que ce ne soit pas automatique, et la possibilité d’échanger la culture et l’information dans le cadre européen.

Ce procédé a vu le jour il y a plusieurs années et il a été ratifié par les ministres de l’éducation et des affaires étrangères de plusieurs pays européens à Berlin et ensuite à Lisbonne. Le Saint Siège est aussi adhérent de ce procédé. Pour y adhérer cela a impliqué que le Saint Siège s’ajuste à certains paramètres exigés par le « Processus de Bolonia », par exemple la division des études en trois grands secteurs : le baccalauréat, la maîtrise et le doctorat. Ce ne fut pas difficile étant donné que réellement le Saint Siège le faisait déjà car il existait depuis des siècles dans la division des études universitaires.

Il y avait d’autres facteurs sur lesquels le « procesus de Bolonia » insistait, c’était la qualité de l’enseignement, la qualité de l’organisation, en d’autres termes l’excellence académique. Pour cela il fallait vérifier le niveau de la qualité de l’enseignement de chaque institution. Pour le vérifier on fit comme un examen de conscience institutionnel, c’est-à-dire un genre de radiographie de l’institution dans ses différents secteurs. Cela devait être fait par chaque institution elle-même. Il faut présenter un document à une organisation créée par le Saint Siège, dont le sigle est AVEPRO ; une fois présenté à cette agence de qualité du Saint Siège, cette agence envoie quelques-uns de ses représentants à l’Athénée.

Nous avons passé deux ans à faire cela à l’Athénée. L’analyse est une radiographie de deux années réalisée par les commissions qui ont étudié les divers composants de la vie de l’Athanée. Après avoir remis ce rapport nous attendons que le saint Siège nous dise quand viendraient ses délégués pour faire son évaluation.
 Cela nous a bien servi pour connaître la réalité de l’Athénée : connaître les points forts, les points faibles, les possibilités qui existaient ; comme ce travail se faisait en même temps que celui des statuts, ils se renforçaient l’un l’autre, une providence car en connaissant les détails de l’autoévaluation, nous avons pu insister sur un aspect qu’on aurait pu laisser passer dans les statuts.

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