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Qu'est-ce que la miséricorde ?

Mis à jour le 24 juin 2016 à 15:19Publié le 24 juin 2016 à 12:30

Réflexions du P. Roger Villegas, LC à l’occasion du Jubilé de la Miséricorde.

Tout le monde est un peu embarrassé face à cette question, puisqu’on ne peut pas définir l’attribut le plus admirable de Dieu en deux mots : « Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier » (Misericordiae vultus, 1).

Dans l’Ancien Testament, « la miséricorde, sous sa forme la plus féminine, est l’amour maternel viscéral, qui s’émeut face à la fragilité de son nouveau-né et l’embrasse en suppléant à tout ce qui lui manque pour qu’il puisse vivre et grandir (rahamim) ; et sous sa forme authentiquement masculine, elle est la ferme fidélité du Père qui soutient toujours, pardonne et remet ses enfants sur le chemin. La miséricorde est aussi bien le fruit d’une ‘alliance’ – voilà pourquoi on dit que Dieu se souvient de sa (de son pacte de) miséricorde (hesed) – qu’un ‘acte’ gratuit de bienveillance et de bonté qui jaillit de notre plus profonde psychologie et se traduit par une œuvre extérieure (eleos, qui devient aumône) » (Pape François).

Jésus est le mieux placé pour la définir, mais il ne l’a pas fait, il est lui-même « la Miséricorde incarnée ». Plus qu’il ne l’a définie, il l’a racontée à travers les paraboles, car la miséricorde n’est pas définie dans l’Évangile, elle est le cœur de la bonne nouvelle : « Elle est venue dans le monde en la Personne de Jésus, elle coule de la plaie ouverte de son cœur et se répand sur le monde en ouvrant les portes de la vie éternelle. La miséricorde, c’est l’amour de Dieu capable de tout recréer, de tout refaire à neuf, c’est l’amour qui réensemence la vie là où le péché avait semé la mort. C’est une immense capacité de pardon par laquelle le cœur de Dieu est à même de toucher le cœur des pécheurs que nous sommes » (Mgr Scherrer). Selon saint Jean-Paul II « La miséricorde est le second nom de l’amour ».

Le Conseil Pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation a préparé un livret précieux sur « Les Paraboles de la Miséricorde » à l’aide de Mgr Antonio Pitta. Ce petit livret nous aide à saisir la richesse de la miséricorde qui se déploie dans les pages de l’Évangile selon saint Luc. Dans la parabole des deux débiteurs graciés par leur créancier, on retrouve la miséricorde comme la remise d’une dette contractée, le péché humain. La première caractéristique de la miséricorde est la grâce qui engendre gratitude. La parabole du bon samaritain nous présente la miséricorde sous l’angle de la compassion pour l’autre et nous rappelle que l’amour pour Dieu passe toujours à travers l’amour pour le prochain. L’expérience de la miséricorde de Dieu suscite en nous le désir d’être miséricordieux. La parabole de la brebis et de la pièce d’argent perdues et retrouvées manifestent l’attachement profond de Dieu pour l’homme, Jésus vient chercher ce qui est perdu. Le père ému par une compassion débordante nous montre le visage de Dieu qui vient à la rencontre de ses enfants là où ils sont. L’histoire de Lazare et du riche nous laisse comprendre que le salut du riche se réalise à travers le secours du pauvre, car « les pauvres sont pour nous une occasion concrète de rencontrer le Christ lui-même, de toucher sa chair souffrante » (Pape François). La prière persévérante de la veuve est la manifestation d’une miséricorde capable jusqu’à changer le cœur de Dieu mieux que celui d’un juge fatigué d’entendre la supplication d’une veuve. La miséricorde va jusqu’à justifier et réintégrer un pécheur professionnel comme le collecteur d’impôts, alors que Dieu ne sait que faire des œuvres justes de celui qui, pour se glorifier lui-même, condamne le pécheur.

Que la lecture et la méditation de la Parole de Dieu nous aident en cette année jubilaire à entrer dans le mystère de l’amour miséricordieux de Dieu pour nous. 

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