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Mgr De Paolis dresse un bilan de son mandat

Mis à jour le 15 avril 2014 à 23:50Publié le 12 mars 2014 à 12:44

Interview avec le Délégué Pontifical sortant de la congrégation

Traduction de l’original en espagnol, publié le 14 février 2014 dans « Vida Nueva »

Dario Menor (ROME). Le Cardinal Velasio De Paolis fait ses adieux à la Légion du Christ. Délégué pontifical depuis juillet 2010, il achève son mandat à la fin du Chapitre Général qui s’est tenu à Rome. Le Cardinal De Paolis est satisfait du parcours jusqu’à maintenant, mais il prévient les légionnaires du danger de revenir en arrière. Il pense que le document dans lequel les capitulants demandent pardon aux victimes du fondateur, Marcial Maciel, et reconnaissent tous ses péchés et délits est un signe qu’ils « marchent sur le bon chemin ».

Êtes-vous content de terminer votre mandat ?
Ces légionnaires réclament beaucoup d’attention. Ils sont sympathiques mais obstinés. Ils défendent avec constance et entêtement les choses auxquelles ils croient. Cela fait trois ans et demi, mais si on tient compte d’où nous sommes partis, pour un institut aussi grand, et de ce que nous avons dû réaliser pour ce renouvellement dans tous les sens, on voit qu’il fallait plus de temps. Le problème vient de ce que quand les choses durent trop, il existe le risque de les compliquer encore plus. Je suis content de partir, non parce que je me suis senti mal, mais parce que ma vie a été complètement prise par cette responsabilité.
Nous avons atteint les étapes fixées. Le travail est bien parti mais il doit continuer. Ils abordent une nouvelle étape, où, espérons-le, il n’y aura pas de retour. Les légionnaires viennent de sortir du tunnel. Ils ont fait ce qu’il fallait ; ce Chapitre marque la fin d’une période, d’un chemin pénitentiel. C’est comme dans l’adolescence : on veut avancer, mais il y a un grand risque de s’enfermer sur soi. L’adolescent veut être grand, mais quand il se sent seul, il se rend compte que la vie est difficile et il veut rebrousser chemin.

L’institut est-il prêt à marcher seul ?
Il ne marchera pas seul, il dépendra de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et des Sociétés de Vie Apostolique.

L’élection d’Eduardo Robles Gil comme nouveau Directeur général vous paraît-elle juste ?
Il y a eu une certaine perplexité, mais c’est quelqu’un qui apporte un certain équilibre parmi les différentes tendances. C’est un homme bon, ni arrogant, ni agressif. Mais je ne le connais pas beaucoup.

Quelles sont les différentes tendances parmi la congrégation ?
Il y en a, mais elles se sont rapprochées pendant le Chapitre, comme on peut le voir dans le message sur le fondateur.

Cela vous paraît-il assez ? Cela met-il fin à la question Marcial Maciel ?
Il est important de reconnaître la vérité de Maciel et de redimensionner sa personne afin qu’il ne soit pas considéré comme père et maître. Voilà le réel problème. Il est important de donner un jugement définitif pour une partie des membres de l’institut. Au début de notre marche nous en avions certains qui ne pouvaient croire qu’il ait fait ces choses, parce que, pour eux, il continuait à être un homme saint. Ils croyaient que c’était des calomnies.
D’un autre côté, il y avait ceux qui avaient un jugement négatif, qui pensaient que la personne de Maciel ne permettait pas de récupérer l’ordre. Si nous le diabolisons trop, on ne pourra plus dire que la Légion est une œuvre utile à l’Eglise. Mais, comme je l’ai déjà dit dans une autre interview, c’est un grand pécheur, pas un démon. Il a voulu faire une œuvre bonne, puis il n’en a pas été capable, il s’est trompé et, au lieu de le confesser, il a caché le mal.
Qu’il y ait de bonnes choses dans la Légion, cela se voit par ses fruits. Au sein de la Légion, il y a de saints prêtres qui voient qu’ils se sont sanctifiés en étant guidés par Maciel et ils se demandent : « si c’était un démon, comment son œuvre pourrait-elle être bonne ? »
On arrive au même problème, mais d’un point de vue opposé. Nous n’avons pas essayé de donner un jugement, nous le laissons à Dieu ; nous avons fait une analyse objective sur la vérité du fondateur, le mal qu’il a fait à l’Église et à la congrégation. Sur ces points, le document du Chapitre était presque unanime. Un Chapitre qui s’est prononcé de la sorte montre qu’il a surmonté cet écueil et qu’il marche sur le bon chemin, s’il n’y a pas de marche arrière.

Pourquoi le Saint Siège a-t-il imposé deux conseillers, dont l’un est aussi vicaire général ?
Moi non plus je n’en ai pas compris les motifs, bien qu’on puisse le comprendre en théorie. On a un jugement positif sur le chemin parcouru, mais avec une certaine perplexité. On espère en ceux qui ont été élus, mais on se réserve une possibilité dans l’hypothèse où le gouvernement ne conviendrait pas du tout. Le Chapitre l’a bien accepté.
Dans les élections, chacun garde son option personnelle, mais cela ne veut pas dire que cela va à l’encontre des autres options. C’est une chance, parce que si nous n’étions contents que de ceux que nous avons élus nous-mêmes…

Comment voyez-vous l’avenir de la Légion ?
J’aurais aimé continuer une chose, mais il a manqué du temps, c’est Regnum Christi. Au commencement, je ne savais pas ce que c’était. Nous avons débuté avec les faits de Maciel. C’était le plus triste qu’on pouvait imaginer. Quand nous sommes passés à la Légion, nous avons rencontré des hommes saints. Plus tard, nous sommes arrivés à Regnum Christi, une réalité qui est grande. Elle devra déterminer son autonomie. Le scandale ne les a pas touchés. Regnum Christi est un autre fruit de Maciel, on ne peut le nier.
Comment peut-on dire que c’est démoniaque ? Il faut garder les yeux ouverts et ne pas avoir de préjugés. A des préjugés autant celui qui décide de condamner que celui qui voit des indices de sainteté. Ce qui est important, c’est de voir le mal. Le chemin qu’ils ont parcouru dans le document du Chapitre est clair.
Dans le discours entre victime et bourreau, on pense que la Légion a été responsable, mais le mal c’était Maciel et quelques-uns de la Légion, pas tous. Les légionnaires ont beaucoup souffert. Il n’est pas facile d’appartenir à un institut sur lequel pèse ce climat de manque de confiance et de calomnie. Ce sont les autres victimes de Maciel. Il a fait beaucoup de mal, d’abord aux personnes qu’il a abusées et maltraitées, ensuite à tous les légionnaires.

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