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Lettre du Père Alvaro Corcuera pour la solennité du Christ-Roi

Mis à jour le 30 novembre 2011 à 09:37Publié le 19 novembre 2011 à 11:50

Rome, le 20 novembre 2011 Lettre du directeur général à tous les membres et amis du Regnum Christi pour la solennité du Christ-Roi

Que ton Règne vienne !

Très chers amis en Jésus-Christ,

C’est toujours une joie de m’adresser à vous, chers membres et frères du Regnum Christi , avant tout pour vous remercier pour le témoignage du don généreux de vous-mêmes, vos prières et toutes les marques de soutien. Ce jour, tant aimé par toute l’Église et par la famille du Mouvement, me donne l’occasion de partager avec vous quelques réflexions qui peuvent nous aider à continuer à vivre notre vocation chrétienne et d’apôtres, comme Dieu l’attend de nous.

Nous savons que le Mouvement est une œuvre du cœur du Christ. C’est Lui qui nous a invités personnellement à être des témoins de son amour et à étendre son Règne parmi nos frères. Aujourd’hui, nous fixons sur Lui un regard plein de reconnaissance pour toutes ses bénédictions, pour tout le bien qu’il fait par l’intermédiaire de chacun d’entre vous. Qu’il nous est stimulant et consolant de contempler le Christ, vrai Roi universel dont l’immense amour est toujours plus fort que toutes les formes de mal dans le monde. Comme les premiers disciples, nous sommes rassurés par sa présence réelle au milieu de nous, jusqu’à la fin des temps. Il est, en vérité, le sommet de nos aspirations, celui qui révèle pleinement la dignité de chaque homme aux yeux de Dieu et qui nous assure le triomphe définitif de son amour.

Son Règne est très différent de ceux de ce monde. Le Christ se présente comme le vrai Roi de la paix, doux et humble de cœur. Il exerce sa souveraineté depuis le trône de la croix. Par son humilité, il nous remplit de sa paix et nous demande d’imiter son cœur, doux et humble. Nous fixons notre regard sur lui pour nous revêtir de ses sentiments mêmes, pour nous laisser pénétrer par son amour envers tous les hommes. Nous voulons apprendre de son exemple à servir nos frères, comme le chemin sûr pour parvenir à régner avec lui.

Puisque la prière est ce qui nous porte à ressembler au Christ de plus en plus, je voudrais réfléchir avec vous sur ce sujet. Notre vie personnelle est un reflet de ce qu’est notre prière. Le Pape Benoît XVI est en train de proposer une série de catéchèses sur la prière. Il nous y présente de précieux enseignements, mais il nous ouvre surtout son cœur, puisque c’est là, dans l’union à Dieu, qu’il trouve la lumière et la force pour guider l’Église. Nous sommes, nous aussi, appelés à faire de la prière non seulement un moyen de croissance spirituelle et de sanctification, mais encore un besoin vital, sans quoi nous ne pourrions pas vivre.

1. Rencontre avec Dieu qui nous transforme

La prière chrétienne est avant tout une rencontre avec le Christ où nous contemplons son amour envers nous. Notre effort est nécessaire pour nous préparer de façon convenable à nous mettre en sa présence, mais nous savons que le protagoniste de la prière, c’est Dieu ; il nous suffit, à nous, de demeurer dans une attitude d’écoute et d’accueil. Saint Augustin l’exprime avec de belles paroles : « La prière est la rencontre de la soif de Dieu et de la soif de l’homme. Dieu a soif que l’homme ait soif de lui » (Saint Augustin, De diversis quaestionibus octaginta tribus 64, 4).

Cette rencontre avec le Christ, si nous nous présentons ouverts et bien disposés, nous transforme au plus profond de notre être. La prière change notre façon de voir, de penser, de sentir. Dans la prière, Dieu nous donne un cœur nouveau, capable d’aimer, de pardonner, de se donner. C’est parce que la prière, étant une rencontre avec le Christ, nous permet de toucher son cœur, pour qu’il rende peu à peu le nôtre comme le sien (cf. Mt 11, 29), nous fait connaître et assumer ses sentiments (cf. Ph 2, 5) mais, en même temps, essuie nos larmes (cf. Is 25, 8). C’est là la transformation la plus mystérieuse : là qu’il touche notre cœur, le guérit, le libère, le lance, le rendant semblable au sien.

En cette période spéciale que nous sommes en train de vivre, Dieu nous invite à vivre très proches de Lui, à Le laisser lui-même guérir les blessures de l’âme, nous consoler et continuer à nous montrer son projet d’amour sur le Mouvement et sur chacun d’entre nous : la sainteté. Au cours de la cérémonie de canonisation que le Pape a célébré il y a quelques semaines, le trait qu’il a le plus mis en valeur chez les trois nouveaux saints dans son homélie était de s’être laissés transformer par l’amour de Dieu et d’être le reflet de cet amour envers nos frères, jusqu’à pouvoir dire, comme saint Paul, « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Le Saint-Père disait : « ils se sont laissés transformer par la charité divine et ont modelé leur vie d’après elle. Dans des situations différentes et avec des charismes divers, ils ont aimé le Seigneur de tout leur cœur et leur prochain comme eux-mêmes » (Homélie du 23 octobre 2011).

Cette transformation n’est pas d’abord le fruit d’une décision ou d’un effort personnel, mais de notre ouverture à la grâce, dans la prière et les sacrements. Etre en contact avec l’amour passionné de Dieu nous conduit aussi à vivre l’authentique passion pour le Christ et pour le salut des âmes. Quand nous prions, notre enthousiasme pour la mission grandit. Comme il est arrivé à saint Paul : pour lui, prêcher le Christ était l’idéal qui marquait toute sa vie. L’enthousiasme n’est pas un sentiment superficiel ou passager : c’est une attitude profonde et convaincue de celui qui sait qu’il porte entre ses mains un trésor que nous ne pouvons pas garder pour nous-mêmes.

2. Humilité et confiance

L’humilité est la porte qui nous permet d’entrer dans la présence de Dieu. Nous savons que Dieu se plaît dans les âmes humbles et leur accorde sa grâce. L’humilité nous aide à vivre dans la vérité et nous affranchit de l’amour propre, principal obstacle à la contemplation de Dieu. Quand nous avons recours à la prière avec humilité, nous permettons que Dieu agisse en nous et, avec Lui, nous pouvons tout.

L’humilité nous aide à mettre notre confiance en Dieu et à abandonner entre ses mains nos inquiétudes et difficultés. Le Pape disait dans une de ses audiences : « S’adresser au Seigneur dans la prière implique un acte radical de confiance, dans la conscience de s’en remettre à Dieu qui est bon, riche en grâce et en fidélité. (…) Sous la conduite du bon pasteur, le Christ, nous sommes certains d’aller sur les routes ‘justes’ et que le Seigneur nous guide et qu’il est toujours proche de nous et qu’il ne nous manquera rien » (Audience du 5 octobre 2011).

Ainsi, l’humilité et la confiance sont comme les clés qui nous permettent d’entrer dans ce dynamisme de contact transformant avec le cœur de Jésus qu’est la prière. Face à Lui, tout ce qui n’est pas de Lui s’effondre et Il nous délivre du danger du personnalisme individualiste. Si l’humilité est la vérité par laquelle nous nous voyons nous-mêmes, la vérité est ce que Dieu voit en chacun d’entre nous : cette vision authentique est un fruit de la prière, parce qu’elle est une participation à cette vision divine. Mais cette sincérité ne conduit pas au découragement, parce qu’elle nous dévoile que ce qu’il nous demande est de faire confiance, de jeter les filets (cf. Lc 5,5), de nous mettre et de mettre les autres en situation de rencontrer Jésus (cf. Mc 2,3-12).

Quand la prière est humble, elle est aussi reconnaissante. Le Christ lui-même nous en donne la preuve quand il s’adresse à son Père : « Je te rends grâces, Père, parce que Tu m’écoutes toujours » (Jn 11,41), « Je te bénis, Père, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits » (Mt 11,25). La gratitude nous aide à reconnaître l’action de Dieu dans nos vies, ses interventions dans les petits et grands événements. Pour l’âme reconnaissante, les dons de Dieu ne passent pas inaperçus ; c’est pourquoi il communique la paix et la joie, même au milieu des obscurités et des épreuves de la vie. Aussi, la reconnaissance nous ouvre à l’espérance et nous fait sentir de plus près la présence de Dieu, « car en réalité, ce n’est pas Lui qui est loin, c’est toi qui fait qu’Il soit loin. Aime-le et Il s’approchera de toi : aime-le et Il habitera en toi » (Saint Augustin, Sermon 21,3-4).

3. Demande et intercession

Souvent, nous allons prier pour présenter à Dieu nos besoins et ceux de nos frères. Face à une épreuve spéciale, une situation douloureuse ou face aux difficultés quotidiennes pour vivre fidèlement notre vocation chrétienne, nous savons que, dans la prière, nous trouverons la paix de l’âme et la lumière nécessaire pour éclairer notre chemin. La vraie prière nous apprend à reconnaître le projet d’amour que Dieu a sur nous au milieu de ces situations inattendues. Cette prière et ouverture ne donnent normalement pas une compréhension intellectuelle ou bien une conviction rationnelle pour nous apaiser, elles font plutôt qu’émerge une certitude de foi dans l’expérience : Dieu a choisi la croix comme moyen de Rédemption et nous associe, par des voies souvent mystérieuses, à cette dynamique. Il nous fait voir le sens de la souffrance, à l’exemple du Christ, qui nous aimé jusqu’à l’extrême. Contempler le Christ crucifié nous laisse sans voix et nous remplit d’amour et de reconnaissance.

Nous trouvons dans la prière du Notre Père le modèle pour présenter nos demandes à Dieu. Quand nous allons vers Lui avec pureté d’intention, recherchant à Lui être agréable en accomplissant sa volonté pour établir son Règne, nous apprenons à élever notre cœur et à demander selon ce qui nous convient. Nous découvrons que ses chemins ne sont pas nos chemins et que ses chemins sont bien meilleurs. Il connaît mieux que nous ce dont nous avons besoin : quand nous les présentons avec confiance, nous nous disposons à mieux accueillir les dons qu’Il désire, Lui, Père clément, nous accorder.

Dieu est pris de compassion quand nous prions pour les autres. Il ne fait pas de doute que le meilleur moyen d’aider une personne est de prier pour elle pour la rapprocher de Dieu. Le Pape Benoît, dans la préparation à la rencontre d’Assise, nous rappelait que la meilleure contribution du chrétien pour la paix dans le monde est la prière. Face à tant de situations qui nous déconcertent et nous font souffrir parce qu’elles sont contraires au plan de Dieu, le plus important est la prière. C’est là que nous apprenons à entrer dans le cœur de Dieu et à voir les problèmes avec ses yeux. Nous apprenons à regarder le mal dans le monde avec le cœur rédempteur du Christ, qui n’est pas venu pour juger et condamner, mais pour sauver.

4. La prière et la paix

D’autre part, la prière permet aussi au Saint-Esprit de nous accorder ses fruits, ceux que saint Paul nous rappelle dans sa lettre aux Galates : « Mais le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi » (Ga 5,22-23). Aujourd’hui, nous contemplons le Christ Roi de l’univers mais, comme nous le rappelait Benoît XVI récemment, « c’est un roi doux, qui règne par l’humilité et la clémence (…). Il est un roi de paix, grâce à la puissance de Dieu, qui est la puissance du bien, la puissance de l’amour. C’est un roi qui fera disparaître les chars et les chevaux de bataille, qui brisera les arcs de guerre ; un roi qui réalise la paix sur la Croix, en réunissant la terre et le ciel et en jetant un pont fraternel entre tous les hommes » (Audience du 26 octobre 2011). Ces conflits et guerres logent aussi dans l’intérieur du cœur : le Seigneur, là aussi – par la contemplation et le dialogue continuel – vient installer la paix et réconforter. Et c’est ainsi, dans la mesure où nous-mêmes avons la paix du cœur, que nous serons « des instruments de sa paix » pour nos frères, comme le demandait la célèbre « Prière de saint François ».

Chers amis, j’ai voulu considérer avec vous et répéter des sujets que vous connaissez ou vivez sûrement déjà, mais qui nous font atteindre l’essentiel de la vie de l’apôtre et, aussi, qu’il convient de revoir et d’examiner dans ce même dialogue avec Jésus-Christ. Que Lui-même fasse fructifier ces idées dans vos âmes et continue à faire du Mouvement une famille unie dans le Christ ; une famille où nous sommes remplis de confiance de savoir que nous avons Marie pour Mère, que nous avons recours à sa protection maternelle.

Comptez toujours sur mes prières pour vous tous.

Bien à vous en Christ et dans le Mouvement,

Alvaro Corcuera, LC

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