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Lettre de Carême du Père Alvaro Corcuera, LC

Mis à jour le 06 mars 2012 à 11:43Publié le 01 mars 2012 à 08:37

Rome 22 février 2012. Le directeur général, Père Alvaro Corcuera, LC, s'adresse aux membres et aux amis du Regnum Christi, à l’occasion du début du Carême.

traduction de l'original espagnol

Chers amis,

C’est une joie de m’adresser à vous en cette occasion, alors que nous nous préparons à entrer dans ce temps de grâce qu’est le carême. Les périodes de l’année liturgique se répètent chaque année mais, en un certain sens, elles sont toujours nouvelles, puisque Dieu nous y prépare les bénédictions dont nous avons le plus besoin maintenant.

Chacun de nous s’approche de ce carême avec ce qu’il est lui-même et sa propre situation. Tous, sans doute, avec le grand désir d’approfondir l’amour de notre vie, Jésus-Christ, au sein de cette famille du Regnum Christi à laquelle Il nous a appelés. Nous arrivons aussi avec notre croix, avec les souffrances que Dieu permet en notre vie et qui nous unissent à tant de personnes dans le monde. Nous avons une occasion merveilleuse de nous unir intensément au Christ crucifié qui donne sens et espérance à la souffrance. « Que l’espérance vous garde constants dans la tribulation et assidus à la prière » (Rm 12, 12).

En tant que mouvement, nous accompagnons très spécialement en ce moment, les membres consacrés de la branche masculine et de la branche féminine, qui commencent une nouvelle étape du chemin de rénovation. En ces moments difficiles, mais pleins de confiance en Dieu, nous nous sentons et nous sommes réellement une famille unie en Jésus-Christ et en Eglise : légionnaires, membres consacrés ainsi que tous les membres et amis du Regnum Christi et les filles et les garçons de l’ECYD, etc. Nous ne sommes pas seuls. Dieu nous appelle à être apôtres de la miséricorde, à aimer sans mesure, pardonnant et demandant pardon, suivant non pas la tendance naturelle à accuser, mais en nous laissant porter par la grâce et la loi de l’Evangile qui est charité.
Nous nous sentons appuyés et mutuellement soutenus par la prière, le témoignage et par tant de preuves d’affection. Remercions beaucoup l’Eglise qui, comme Mère, nous guide et nous assiste très spécialement en ces moments, par la médiation du Vicaire du Christ et de notre Délégué Pontifical. Dieu nous donne la main et nous donne l’assurance, sans nous appuyer sur des expériences humaines, mais sur les vertus théologales de foi, d’’espérance et d’amour.

Unis à toute l’Eglise, nous nous préparons pour l’année de la foi convoquée par le Pape Benoît XVI et qui commencera en octobre prochain. Avec cette lumière, je voudrais brièvement réfléchir avec vous sur l’appel que Dieu nous lance à être témoins de la foi.

1. Appelés à être témoins de la foi

En décembre et janvier, j’ai eu la grâce de rencontrer un grand nombre d’entre vous au Chili, aux Etats-Unis et au Mexique. Quelle joie d’avoir pu partager ces moments avec vous ! C’est une bénédiction de voir à quel point l’Esprit Saint suscite tant de désirs de sainteté, tant d’initiatives et tant de manières concrètes de faire parvenir l’amour de Dieu jusqu’aux hommes. Si, aujourd’hui, nous sommes ici, c’est grâce à d’autres personnes qui ont cru et on cherché à nous conduire à Jésus-Christ. En repassant notre histoire personnelle, nous découvrons avec gratitude la présence d’un grand nombre d’hommes et de femmes qui, de différentes façons, nous ont rapprochés et continuent à nous conduire à Dieu. Avant de percevoir notre appel au Mouvement, nous avons reçu les sacrements dans l’Eglise, la grâce et tant d’autres dons, par l’intermédiaire d’un grand nombre qui, par leur foi, ont été les instruments pour que l’Evangile puisse arriver jusqu’à nos pays et à nos familles.

Dans la lettre apostolique par laquelle le Pape convoque l’année de la foi, il nous invite à revivre l’histoire de notre foi. Ainsi nous parle-t-il de Marie, des Apôtres, des disciples de la première communauté chrétienne, des martyrs, des hommes et des femmes qui ont consacré leur vie et, finalement, de tant d’hommes et de femmes qui « ont confessé la beauté de suivre le Seigneur Jésus là où ils étaient appelés à témoigner de leur être chrétiens : dans la famille, dans la profession, dans la vie publique, dans l’exercice des charismes et des ministères auxquels ils furent appelés » (Porta fidei 13). Quelle gratitude remplit notre âme en contemplant cette chaîne de fidélité et de don de soi grâce à laquelle la foi est arrivée jusqu’à nous !

En même temps, nous savons que la transmission de la foi, d’une génération à l’autre n’a pas toujours été facile. En relisant l’histoire de l’Eglise, nous y trouvons beaucoup de sainteté et de don de soi, jusqu’à l’héroïsme, bien souvent. Que de martyrs au cours de ces vingt siècles ! « Le sang des martyrs est semence de chrétiens » disait Tertullien. Si, aujourd’hui, nous sommes ici, c’est aussi grâce au sacrifice de tant d’hommes et de femmes qui ont donné leur vie pour le Christ et pour les hommes, qui étaient prêts à être semence enfouie dans le sillon.

Dieu a voulu nous appeler à être témoins de la foi en ces moments de l’histoire pour qu’un grand nombre d’hommes le connaissent et l’aiment. Nous faisons partie de cette grande chaîne de foi où nous nous soutenons les uns les autres et dans laquelle nous partageons la responsabilité de transmettre ce que nous avons reçu : « Nul ne peut croire seul, comme nul ne peut vivre seul. Nul ne s’est donné la foi à lui-même comme nul ne s’est donné la vie à lui-même. Le croyant a reçu la foi d’autrui et doit la transmettre à autrui. Notre amour pour Jésus et pour les hommes, nous pousse à parler à autrui de notre foi. Chaque croyant est un maillon dans la grande chaîne des croyants. Je ne peux croire sans être porté par la foi des autres et, par ma foi, je contribue à soutenir la foi des autres » (Catéchisme de l’Eglise Catholique 166). Quelle confiance Dieu a-t-il envers nous en nous confiant cette mission !

De plus, il a déposé le Regnum Christi en nos mains, don de l’Esprit Saint pour son Eglise et qui parviendra à sa plénitude dans la mesure où nous saurons lui offrir notre collaboration, sans freiner son action providentielle. Que de témoignages avons-nous de nos frères qui, dans le Mouvement, vivent leur vocation d’apôtres avec passion. Les regarder nous rappelle qu’à tout âge, nous sommes appelés à être témoins de la foi, à être saints, à rayonner l’amour du Christ là où Dieu nous a placés. « Ce dont le monde aujourd’hui a particulièrement besoin c’est du témoignage crédible de tous ceux qui, éclairés dans l’esprit et dans le cœur par la Parole du Seigneur, sont capables d’ouvrir le cœur et l’esprit de beaucoup au désir de Dieu et de la vraie vie, celle qui n’a pas de fin » (Porta Fidei 15).

Le 19 février, le Pape disait aux nouveaux cardinaux que leur mission était de «témoigner de la joie de l’amour du Christ » (Homélie du 19 février 2012). Quand notre cœur est rempli de cet amour, nous ne pouvons pas, même au milieu de grandes épreuves et de grandes souffrances, vivre tristes et renfermés. La foi nous donne la certitude de son amour et, de cette joie profonde, jaillit le témoignage capable de transformer le monde.

2. Fortifier notre foi

En regardant la vie des premiers chrétiens, nous sommes surpris par le courage avec lequel ils se sont lancés à prêcher l’Evangile, comptant très souvent sur très peu de moyens et au milieu de circonstances contraires. Leur foi en Jésus-Christ les a poussés à réaliser des actions extraordinaires, selon ce que Jésus-Christ avait promis aux apôtres lors de la Dernière Cène : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais et il en fera même de plus grandes parce que je vais vers le Père » (Jn 14, 12).

Être témoins de la foi, comme nous le savons bien, implique souvent d’aller à contre courant. Mais nous n’avons pas à craindre les croix qui peuvent se présenter puisque d’elles, ne peuvent venir que des bénédictions. Dieu nous invite à penser, d’abord, aux besoins des âmes, à notre mission. La meilleure façon de nous préoccuper de nous-mêmes est de nous préoccuper des autres. Si nous pouvions voir tous les besoins de l’Eglise et combien elle souffre, nous ne cesserions de travailler pour conduire à Jésus-Christ tant d’âmes qui ne le connaissent pas encore ; et pas seulement en terres lointaines, mais aussi dans nos propres villes et parmi ceux qui sont proches de nous. Le meilleur service que nous pouvons leur rendre est de les conduire jusqu’à l’amitié avec Jésus-Christ.

En même temps, nous faisons l’expérience de nos limites humaines et nous voyons le peu que nous pouvons faire par nous-mêmes. C’est pourquoi nous devons demander à Dieu la grâce de la foi. Je vous propose de revoir brièvement trois moyens qui nous aident beaucoup à approfondir et à nous fortifier dans la foi, pour collaborer pleinement au plan de salut de Dieu. Ce n’est que par la prière fervente, par l’Eucharistie et par le contact avec la Parole de Dieu que nous pourrons être d’authentiques témoins de la foi.

La prière

La foi n’est pas une série d’idées, mais le don de soi à celui qui nous a créés par amour : « C’est d’abord une adhésion personnelle de l’homme à Dieu » (Catéchisme de l’Eglise Catholique 150). C’est dans une conversation simple et cordiale avec Lui que notre foi s’approfondit. Là, nous lui confions nos joies et nos tristesses, nos difficultés ou nos grands désirs, mais surtout, nous l’écoutons et embrassons de tout notre cœur son plan sur notre vie, en ce qui est bon comme en ce qui est difficile. Au cours d’une de ses dernières audiences, le Pape disait : « face aux situations les plus difficiles et les plus douloureuses, lorsque Dieu semble ne pas nous entendre, nous ne devons pas craindre de Lui confier tout le poids que nous portons dans notre cœur, nous ne devons pas avoir peur de crier vers Lui notre souffrance, nous devons être convaincus que Dieu est proche, même si en apparence il se tait » (Audience du 8 février 2012).

Donc, prier n’est pas penser à beaucoup de choses mais surtout accueillir et contempler Dieu en nous ; convertir notre vie en une réponse amoureuse vers Lui. C’est nous identifier à Lui, à sa façon de voir, de vouloir et d’agir. Laisser le Christ vivre en nous. En particulier, en ce moment, nous devons constamment lui demander « Seigneur, que veux-tu de moi en ce moment ? » et lui dire de tout notre cœur que nous voulons ce qu’Il veut. Notre plus grande source de paix et d’unité est de connaître et de réaliser la volonté de Dieu par amour, de construire notre vie sur le roc de sa volonté « la pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n’a pas croulé parce qu’elle était bâtie sur le roc » (Mt 7, ,25)

En contemplant la prière du Christ à Gethsémani, le Saint Père disait : « nous devons apprendre à nous en remettre davantage à la Providence divine, demander à Dieu la force de sortir de nous-même pour lui renouveler notre « oui », pour lui répéter « que ta volonté soit faite », pour conformer notre volonté à la sienne. C’est une prière que nous devons faire quotidiennement, parce qu’il n’est pas toujours facile de nous en remettre à la volonté de Dieu, répéter le « oui » de Jésus, le « oui » de Marie » (Audience générale du 1 février 2012). Intensifions notre vie de prière en ce carême pour que là, comme disait aussi le Pape dans la même audience, il nous donne espoir, qu’il nous fasse sentir qu’il est proche, qu’il nous offre un peu de lumière sur le chemin de la vie.

La vie eucharistique

L’Eucharistie est « le mystère de la foi », comme le proclame de prêtre après la consécration au cours de la célébration. Il est très beau de voir combien d’initiatives d’adoration eucharistique ont été prises au cœur de la Légion et du Mouvement, en ces moments actuels. Réellement ici, le Christ transforme notre vie, comme le rappelait récemment le Pape Benoît XVI : « L’adoration est avant tout un acte de foi – l’acte de foi comme tel. […] Il est là. Et s’Il est présent, je m’incline devant Lui. Alors la raison, la volonté et le cœur s’ouvrent à Lui et à partir de Lui. Dans le Christ ressuscité est présent le Dieu qui s’est fait homme, qui a souffert pour nous parce qu’il nous aime. Nous entrons dans cette certitude de l’amour incarné de Dieu pour nous, et nous le faisons en aimant avec Lui. C’est cela l’adoration, et cela donne ensuite une empreinte à ma vie » (Discours à la Curie Romaine, 22 décembre 2011).

Donc, le meilleur endroit pour grandir dans la foi et pour nous remplir du Christ est l’Eucharistie. Là, nous apprenons à voir les choses en partant de Lui et nous nous unissons profondément, participant du même Pain et du même Calice. Ce ne sont ni nos réflexions, ni nos travaux qui serviront le plus à instaurer le Règne du Christ. Avant tout, ce sera l’action de Dieu en chacun de nous, conscients que c’est Lui qui réalise des merveilles en l’homme qui croit profondément. Derrière un témoin de la foi, derrière un saint, un apôtre, il y a toujours un homme ou une femme d’Eucharistie. Quand nous recevons le Christ en notre cœur, nous trouvons la force qui, tant de fois, nous fait humainement défaut.

La lecture et la méditation de la Parole de Dieu

Bien souvent nous voulons entendre Dieu et nous le cherchons partout. Mais nous ne devons pas oublier qu’Il nous parle surtout par l’Ecriture Sacrée. Là, nous avons ses paroles, et elles nous parlent dans l’aujourd’hui de nos vies. La Parole de Dieu doit être le premier point de référence de notre agir de telle façon que nous soyons constamment en train de confronter notre vie à l’Evangile, demandant au Christ comment il agirait en cet instant.

Le Pape Benoît XVI nous rappelle la valeur de l’écoute de la Parole de Dieu pour grandir dans la foi : « C’est le propre de la prédication de la Parole divine de faire surgir la foi, par laquelle nous adhérons de cœur à la vérité révélée et nous nous confions totalement au Christ : 'la foi naît de ce qu’on entend, et ce qu’on entend, c’est l’annonce de la parole du Christ' (Rm 10, 17) "(Exhortation apostolique post-synodale Verbum Domini, 25).

Aller à l’Evangile, c’est rencontrer le Christ et, ainsi, le laisser modeler notre vie. Ainsi, dit le Pape dans la même exhortation, « l’Esprit Saint qui a inspiré les auteurs sacrés est le même qui conduit les saints à donner leur vie pour l’Évangile » (Verbum Domini, 49). Demandons à Dieu d’accueillir sa Parole avec docilité et avec foi, pour qu’il puisse former en nous l’image du Christ.

Je termine là ces lignes en vous remerciant de tout mon cœur de votre témoignage et de votre fidélité. Je voudrais faire quelque chose de plus pour chacun de vous mais je vous offre mes prières et toute ma gratitude. En ce moment, c’est à nous de semer, c’est à nous d’être témoins, d’être instruments, avec l’assurance que l’Esprit Saint fécondera ce don de nous-mêmes, comme et quand il voudra.

Nous serons capables de donner un témoignage crédible et de transmettre l’amour de Dieu dans la mesure où nous nous laisserons nous-mêmes transformer par Lui. Ainsi, tout comme nous repassons maintenant l’histoire de notre foi, les futures générations de Légionnaires et de membres du Regnum Christi tourneront les yeux vers nous pour savoir comment nous vivons ce moment. Pensons à ce que sera le Mouvement dans quelques années, ce que Dieu fera par la fidélité de chacun d’entre nous. Continuons à nous appuyer les uns sur les autres et remettons ce carême dans les mains de Marie. Demandons-lui de nous aider à grandir dans la foi et l’amour envers Jésus-Christ pour être ce qu’Il veut de nous.

Affectueusement dans le Christ et le Mouvement.

P. Alvaro Corcuera, L.C.

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