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Le Père Álvaro écrit aux LC et membres RC d’Amérique du Nord

Mis à jour le 26 mai 2012 à 12:37Publié le 12 mai 2012 à 00:00

Rome, le 21 mai 2012

Chers frères et sœurs en Christ,

Nous avons tous eu affaire à des nouvelles si difficiles ces derniers jours. Et bien sûr, à la lumière des terribles nouvelles d’il y a trois ans concernant le Père Maciel.

En cette occasion, je voudrais vous partager ce qui me concerne en ce que beaucoup d’entre vous peuvent considérer comme des erreurs ; je voudrais aussi expliquer comment la Légion travaille pour assurer de meilleurs résultats dans le futur.

Alors que je servais comme recteur de notre séminaire de Rome, j’avais entendu des rumeurs sur la mauvaise conduite du P. Thomas Williams. Je me suis renseigné à ce sujet, mais le Père les a niées et je l’ai cru.

En 2005, je suis devenu le deuxième Directeur Général de la Légion du Christ. Je savais que je devrais affronter de grands défis, mais n’aurais jamais imaginé ce qui devait venir. Assez tôt dans ma nouvelle mission, j’ai appris que le P. Thomas Williams avait bien eu une relation avec une femme et qu’ils avaient eu un enfant. J’ai reconsidéré la situation avec le P. Williams et lui ai demandé de commencer à se retirer du ministère public. En mai 2010, j’ai mis des restrictions à son ministère. Malheureusement, ces restrictions n’étaient pas assez fermes car il ne lui était pas demandé de quitter l’enseignement. En mars dernier, j’ai donné au P. Thomas l’indication explicite de se retirer complètement du ministère public. Je dois aussi admettre qu’au milieu de tout ce qui se passait, je n’ai pas été assez appliqué dans la mise en œuvre de restrictions adéquates et dans leur imposition.

Si je dis cela, ce n’est pas pour excuser mon manque d’efficacité, mais pour l’expliquer ; c’est aussi pour vous demander pardon.

Un élément plus important que mes erreurs est le besoin de vous assurer à nouveau que les choses sont maintenant prises en charge différemment. Aujourd’hui, quand n’importe quel légionnaire fait l’objet d’une accusation sérieuse, nous prenons des mesures de précaution qui peuvent inclure le retrait du ministère public, selon la nature de l’accusation. Nous menons une enquête immédiatement et, si c’est une question légale, nous signalons le cas aux autorités et coopérons avec elles complètement. S’il y a une question qui tombe sous la juridiction de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF), nous la leur signalons.

Un autre changement important dans notre système de gouvernement a déjà été effectué. Quand j’ai commencé à servir comme Directeur Général, j’ai suivi au départ le style de gouvernement très personnel et centralisé qu’avait pratiqué le fondateur. Cela voulait dire que toutes les questions de personnes m’étaient signalées en tant que Directeur Général et que c’était moi qui les traitais. Ces dernières années, surtout depuis le début du mandat du Cardinal de Paolis, nous avons commencé à impliquer effectivement les conseils respectifs, prévus par la loi de l’Église, dans la prise de décision. Les territoires prennent aussi une plus grande importance dans leur propre gouvernance, ce qui permet une réponse plus rapide aux situations qui se présentent. Cela porte déjà du fruit et rend notre gouvernement général et territorial plus compétent et assuré.

Depuis que je suis devenu Directeur Général, sept cas ont été présentés à la CDF et sont encore en instruction. Deux de ces cas sont des violations présumées d’obligations sacerdotales et n’impliquent pas d’abus sexuel de mineur. L’un d’entre eux est un cas plus récent. Quatre sont des cas d’abus qui datent d’une ou plusieurs décennies. Aucun de ces cas d’abus présentés à la CDF n’a eu lieu aux États-Unis.

Aux États-Unis, les présomptions d’abus de mineurs ont été traitées en utilisant les procédures recommandées par la Conférence des Supérieurs Majeurs d’Hommes sous le programme d’habilitation des ambiances sures, audité par Praesidium Inc. . Les enquêtes sont menées par des entreprises indépendantes. En outre, le rapport final est examiné minutieusement par une Commission de Révision, qui consigne au Directeur Territorial une recommandation concernant le rapport et l’allégation. En utilisant ces procédures, des allégations d’abus sexuels de mineurs impliquant trois membres actuels ont été examinées. Les enquêtes n’ont fourni aucune preuve à l’appui de ces allégations. Il y a eu d’autres accusations qui impliquaient trois anciens légionnaires. Celles-ci ont été signalées aux autorités, mais dépendent du souhait des victimes présumées qu’il y soit donné suite. Un Légionnaire est actuellement sous le coup d’une enquête et a été retiré de tout ministère jusqu’à ce que ce cas soit résolu.

Notre engagement est d’abord et avant tout de veiller à la sécurité des enfants qui sont sous notre responsabilité. En même temps, la justice demande de ne pas violer le respect de la vie privée et de la bonne réputation de ceux qui pourraient être impliqués dans n’importe quelle situation. Aussi, il est nécessaire de distinguer entre l’action appropriée et la communication appropriée.

Une partie importante de la révision des Constitutions et du processus de renouvellement que nous traversons est de déterminer la meilleure manière de vivre en communauté, d’exercer l’autorité et d’assurer que les membres de la congrégation puissent grandir sur le chemin de la sainteté. Ce faisant, nous minimisons la probabilité de défaillances. Néanmoins, nous sommes des êtres humains déchus ; en tant que congrégation en croissance et internationale, il est probable que certains d’entre nous failliront dans la pratique de nos idéaux. Mais quand cela arrivera, chaque personne sera rendue responsable de ses actions.

Y a-t-il d’autres cas en attente d’être découverts, plus de scandales prêts à attaquer votre foi et votre confiance ? Je ne pourrai jamais vous le garantir. Je peux néanmoins vous dire que nous suivons les directives du Pape Benoît XVI dans la manière dont nous traitons les abus et les mauvaises conduites sexuelles. Aussi, à la lumière des événements les plus récents, j’ai déterminé, avec l’aide du Conseil Général, de revoir la façon dont on a traité les accusations reçues dans le passé pour assurer que, pour chacun d’entre eux (« each and every one of them »), nous avons entrepris les bonnes actions.

Les prêtres qui ont eu une mauvaise conduite dans ce domaine devront se présenter pour être responsables de leurs actions et pour recevoir l’assistance et la supervision dont ils auront besoin. Je demande aussi à n’importe lequel d’entre vous qui aurait pu être atteint par un Légionnaire dans ce domaine de le signaler aux autorités compétentes. Chacun doit être responsable de ses propres actions et doit comprendre que c’est pour son propre bien et pour le bien de la Légion et, en dernière analyse et de manière plus importante, de l’Église.

Tout cela pour suivre les directives données par le Pape Benoît XVI : « J’exhorte (tous ceux qui ont eu une forme de mauvaise conduite) à examiner (leur) conscience, à assumer la responsabilité des péchés (…) commis et à exprimer avec humilité (leur) regret. Le repentir sincère ouvre la porte au pardon de Dieu et à la grâce du véritable rachat. En offrant des prières et des pénitences pour ceux que vous avez offensés, vous devez chercher à expier personnellement vos actions. Le sacrifice rédempteur du Christ a le pouvoir de pardonner même le plus grave des péchés et de tirer le bien également du plus terrible des maux. En même temps, la justice de Dieu exige que nous rendions compte de nos actions sans rien cacher. Reconnaissez ouvertement vos fautes, soumettez-vous aux exigences de la justice, mais ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu » (Lettre Pastorale aux Catholiques d’Irlande, 19 mars 2010, n. 7).

Avant de terminer cette lettre, je veux vous proposer à tous de continuer sur le chemin de la guérison, du renouveau et de la réparation que nous avons déjà commencé. J’ai confiance qu’avec l’aide de Dieu, l’assistance du Cardinal de Paolis et la direction du Conseil Général, nous poursuivrons le travail de réparer les injustices du passé et d’affronter ces cas d’une manière consonante avec la justice et la charité requises dans l’Évangile. Pour avancer sur ce chemin de restauration et de renouveau, nous avons besoin d’unité, de charité, de prière et de soutien mutuel.

Je dois admettre que j’ai toujours beaucoup estimé et apprécié le P. Thomas (ndt : Williams) en tant que frère et en tant que prêtre. Cela rend la situation actuelle si douloureuse et je vous demande de le garder dans vos prières. Je demande aussi vos prières pour les Légionnaires qui peuvent être une cause de scandale avec leurs péchés, pour ceux qui ont souffert de leurs actions – et aussi pour moi. Nous avons besoin de nous rappeler l’invitation du Christ à veiller et prier pour ne pas tomber. Que l’Esprit Saint, le consolateur, l’avocat et le guide nous accorde au jour de la Pentecôte la consolation dont nous avons besoin et qu’il inspire un nouveau printemps de sainteté, de miséricorde et de zèle apostolique pour la Légion et pour le Regnum Christi. Dieu peut toujours tirer du bien du mal – soyons de son côté dans cet effort !

Bien à vous dans le Christ,

P. Álvaro Corcuera, L.C.

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