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Le père Alvaro Corcuera appelle tout particulièrement à la conversion pour le carême 2011

Mis à jour le 27 octobre 2011 à 10:18Publié le 22 octobre 2011 à 18:58

Lettre du père Alvaro Corcuera, L.C., à l´occasion du carême 2011. Il développe 3 façons d´agir comme le Christ : réveiller, répondre et accompagner

Nous vous présentons ici la lettre du directeur général de la Légion du Christ et du mouvement Regnum Christi, le père Alvaro Corcuera, L.C., à l'occasion du carême.

Rome, le 9 mars 2011

Aux membres et aux amis de Regnum Christi pour le début du Carême

Chers amis en Jésus-Christ,

Comme les années précédentes, au début du Carême je souhaite vous écrire et me rendre présent par l’intermédiaire de ces lignes.

Le temps liturgique du Carême, mais aussi la période historique que vit notre mouvement, sont un appel particulier à la conversion, à tourner notre regard vers le Christ pour lui ressembler davantage et vivre plus réellement donnés à nos frères. L’Eglise nous invite à « nous revêtir de sentiments de tendre compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience » (cf Col. 3, 12). Notre vie chrétienne au sein du mouvement Regnum Christi est une vocation à l’amour. Nous cherchons à être et à vivre à chaque instant comme les apôtres, nous donnant et cherchant le bien ultime de chaque personne rachetée et aimée de Dieu.

Un passage évangélique nous vient en aide : c’est celui de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine, que l’Eglise nous propose cette année pour le troisième dimanche de Carême (Jn 4, 5-42). Les leçons que nous pouvons tirer des exemples de Jésus pour notre vie d’apôtres sont nombreuses. La délicatesse et l’amour, liées à la fermeté avec laquelle il s’adresse à cette femme, sont pour chacun d’entre nous, une inépuisable source d’inspiration. Le Regnum Christi attend que tous ses membres se laissent transformer par le Christ pour que, par leur mode de vie, ils fassent découvrir aux autres que la vie est belle et atteint sa plénitude dans la rencontre personnelle avec le Christ. Aussi je crois, selon l’exemple du Seigneur, que notre amour envers chaque personne peut se résumer en trois attitudes fondamentales tirées de ce passage de l’Evangile : réveiller, répondre et accompagner.

1. Réveiller

Jésus Christ arrive et s’adresse à la Samaritaine. On peut même dire qu’il réveille en elle sa soif de Dieu : « Si tu connaissais le don de Dieu, et quel est celui qui te demande à boire, tu le lui aurais demandé toi-même et il t’aurait donné l’eau vive » (Jn 4, 10). Nous portons tous au plus intime de notre être ce désir de Dieu qui traverse toute notre vie. Nous nous sentons appelés à partager avec nos frères ce désir intime de vivre en Dieu et pour Dieu qui « a soif de notre foi et de notre amour. Comme un Père bon et miséricordieux, il désire pour chacun d’entre nous, le meilleur bien possible et ce bien, c’est lui-même. Par contre, la Samaritaine représente l’insatisfaction de l’existence de celui qui n’a pas trouvé ce qu’il cherche : elle a eu cinq maris et vivait avec un autre homme ; ses trajets continuels pour venir au puits chercher de l’eau traduisent une vie routinière et résignée. Mais, pour elle, tout change en ce jour grâce sa conversation avec le Seigneur Jésus qui la déconcerte jusqu’à la pousser à abandonner son outre pleine d’eau et à courir jusqu’au village pour dire aux gens du peuple : ‘Venez voir l’homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait : ne serait-il pas le Messie ?’ (Jn 4, 28-29) » (Benoît XIV, Angélus du 24 février 2008).

Nous sommes appelés à collaborer avec l’Eglise à cette mission, plus spécialement l’œuvre de la nouvelle Evangélisation. Ainsi est-il très significatif que le Saint-Père ait voulu instaurer un nouveau dicastère pour l’aider dans ses efforts ; il est aussi très significatif que la prochaine assemblée ordinaire du synode des évêques soit appelée à traiter le même sujet. Il est urgent de réveiller en nos frères la foi, la soif de Dieu qu’ils ont en eux !

2. Répondre

Jésus a réveillé chez la Samaritaine une curiosité et un désir qu’elle ne connaissait pas elle-même, mais qui peut la satisfaire et lui éviter le dur labeur quotidien de venir ainsi au puits. Comment le fait-il ? Jésus lui rappelle avec délicatesse sa propre façon de vivre : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari parce que tu en as eu cinq et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là tu dis vrai » (cf. v. 17-18). En lui rappelant cette situation, il l’oblige à rentrer en elle-même et à découvrir que, par ce chemin, elle n’arrivera jamais à combler ses désirs de véritable bonheur. Jésus profite de cet instant pour lui donner la réponse : « Jésus lui parla d´une ‘eau vive’ capable d´étancher la soif et de devenir en elle ‘source jaillissante pour la vie éternelle’ ; il montra en outre qu´il connaissait sa vie personnelle ; il révéla que l´heure était venue d´adorer le Dieu unique en esprit et en vérité ; et enfin il lui confia - chose rarissime - qu´il était le Messie » (Benoît XVI, idem). Qui peut rester le même après une rencontre personnelle avec Jésus ? C’est l’expérience réalisée par saint Pierre quand, malgré ses doutes et ses faiblesses, il s’exclama « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68), ou saint Paul qui en arrive à écrire : « Je suis crucifié, mais déjà, ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).

Notre mission d’apôtres ne peut se réduire à une transmission isolée d’idées et ou de contenus doctrinaux qui sont certes nécessaires, mais insuffisants à répondre aux questions du sens de l’existence des personnes. C’est notre mode de vie qui doit être une réponse à ces interrogations. Oui, notre témoignage de vie chrétienne doit montrer aux autres qu’il est possible de trouver en Jésus-Christ le bonheur et la plénitude et que la seule réponse définitive, c’est Lui. Il ne peut rien nous arriver de mieux dans notre vie que d’avoir l’occasion d’aider les autres à découvrir l’amour de Jésus, son humilité qui remplit de paix, sa tendresse et sa douceur qui soulagent le cœur et les peines ; d’aider les autres à faire l’expérience de la bonté de Jésus, baume et source de joie ; d’apprendre aux hommes que marcher à la suite du Christ entraîne la cohérence et l’authenticité de vie, l’authentique liberté de l’âme ; il nous donne comme des ailes pour voir toujours le ciel et ne pas nous perdre dans les moyens. Il nous fait avancer jour et nuit avec lui alors que, très souvent, nous ne voyons pas le but du chemin : être avec lui, l’aimer et se laisser aimer par lui, c’est comme si l’on était déjà arrivé au but.

Notre engagement chrétien nous fait être le reflet de l’amour infini de Dieu devant les hommes. En son message de Carême de cette année, le Pape nous dit à ce sujet : « Le Baptême n’est donc pas un rite du passé, il est la rencontre avec le Christ qui donne forme à l’existence toute entière du baptisé, lui transmet la vie divine et l’appelle à une conversion sincère, mue et soutenue par la Grâce, lui permettant ainsi de parvenir à la stature adulte du Christ ». Cherchons donc à nous convertir pour devenir des instruments fidèles à la grâce, pour conduire les autres à rencontrer le Christ. Voilà la réponse que le Christ attend de nous.

3. Accompagner

A la fin du passage que nous méditons, nous voyons le Christ changer ses plans et demeurer dans le village deux jours de plus que ce qu’il avait prévu (cf. v.40). Sans aucun doute, il le fit pour terminer le travail qu’il avait commencé avec cette femme et ses voisins. Une rencontre personnelle avec le Christ ne dure généralement pas qu’un instant, mais c’est un processus graduel et continuel. C’est la raison pour laquelle l’amour envers nos frères nous demande de les accompagner et de les guider sur le chemin. Cet accompagnement a pour but d’aider les personnes avec lesquelles nous vivons à pouvoir dire : « maintenant nous croyons en tes paroles ; nous avons entendu et nous savons que ce (Jésus) est véritablement le Sauveur du monde » (v. 42). Jésus nous apprend à nous pencher et à soigner les blessures du frère même si nous avons nous-mêmes de nombreuses blessures ; il nous apprend à nous porter mutuellement, à partager les peines et les joies. C’est l’authentique compassion de celui qui oublie ses propres fatigues et ses difficultés personnelles pour soulager et accompagner son prochain.

Si nous voulons que le mouvement Regnum Christi continue à être un chemin de conversion et de sanctification pour de nombreuses âmes, notre action apostolique doit sans cesse chercher à accompagner, guider et éveiller en chaque homme et en chaque femme le désir de se mettre à la recherche de Dieu, comme l’a fait le Christ avec la Samaritaine au puits de Jacob. De nombreux auteurs spirituels proposent l’image de l’homme voyageur pour lequel Dieu est l’origine et la fin ultime. Avancer jusqu’au moment d’une recontre avec Lui qui transforme, Lui qui se révèle à nous en Jésus-Christ, c’est ce que chacun d’entre nous est appelé à vivre personnellement, librement. La grâce de Dieu nous y pousse dans notre intérieur ; l’action de l’Eglise nous y aide par la Parole et les sacrements ; nos frères nous soutiennent et nous accompagnent. Mais finalement, c’est chacun d’entre nous qui doit avancer et personne ne peut se substituer à notre effort personnel.

Ces trois attitudes – réveiller, répondre, accompagner – ne sont pas trois moments successifs dans le temps ni trois étapes indépendantes ; ce sont trois dimensions de la même mission, trois manifestations d’un unique amour. Grâce à notre entendement, à notre cœur et à notre volonté, nous percevons l’amour de Dieu et ainsi, en cette profonde unité intérieure, nous cherchons à vivre un don réciproque ; à l’amour, on répond par l’amour.

Ne cessons pas de chercher nous-mêmes, chaque jour, à boire de l’eau que le Christ veut nous donner, par la prière et le contact personnel avec lui dans l’Eucharistie. N’oublions pas qu’en accompagnant nos frères, nous parcourons nous aussi le chemin, nécessiteux que nous sommes de la grâce de Dieu et aussi de notre soutien mutuel. Je vous invite enfin à prier beaucoup pour le Cal Velasio de Paolis, notre Délégué Pontifical, pour que l’Esprit Saint continue à lui donner la lumière, pour la charge qu’il a reçue de nous guider sur le chemin de renouvellement et de purification qu’ensemble, comme une famille, nous parcourons.

Que la Vierge Marie vous bénisse et vous accompagne toujours. Votre serviteur en Jésus-Christ,

P. Alvaro Corcuera, LC

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