Vous êtes ici

Accueil

La vie religieuse : une réponse encore possible aujourd´hui?

Mis à jour le 09 février 2012 à 15:26Publié le 04 février 2012 à 00:00

Plus de 600 jeunes religieux, venus de quelques 160 congrégations ou communautés nouvelles se sont retrouvés à Rueil-Malmaison, le temps d’un weekend organisé par la Conférence des religieux de France. Emanuelle Pastore et Chantal de Baillenx, jeunes laïques consacrées du Regnum Christi en mission en France, ont participé. Chantal nous partage ses impressions.

Plus de 600 jeunes religieux (ses), c’est-à-dire, moins de 45 ans, même si la vie consacrée conserve bien, paraît-il, venus de quelques 160 congrégations ou communautés nouvelles se sont retrouvés à Rueil-Malmaison le temps d’un weekend organisé par la Conférence des religieux de France (Corref). Emanuelle Pastore et moi-même,- jeunes laïques consacrées du Regnum Christi, en mission en France- étions présentes à ce rassemblement.

Il faut bien l’avouer, nous allions à ce weekend avec des pieds de plomb… mais nous en sommes ressorties revivifiées dans notre vocation et profondément reconnaissantes de ce grand don de la vie consacrée dans l’Eglise et dans le Regnum Christi. Nous y avons alterné des temps de prières, de partage et de détente, de forum et de débats sur les défis de la vie consacrée dans le monde aujourd’hui. Le weekend s’est terminé par l’enregistrement d’une flashmob (éclair de foule) sur le thème "Brother & Sister Act, missionnaires de l´espérance" devant Notre-Dame de Paris. A vrai dire, le résultat n’est pas à la hauteur de l’expérience fraternelle et joyeuse que nous y avons faite en la préparant…

Où en est la vie religieuse face à un monde en mutation ? Quelles en sont les conséquences dans nos communautés ? De quelle manière notre vie religieuse peut-elle être une réponse possible à nos contemporains, eux aussi insérés au sein du même monde en mutation ? Telles furent les questions sur lesquelles nous avons travaillé. J’ai été réconfortée en découvrant que les grands axes de réflexions communs à nos différentes congrégations sont aussi ceux que nous posons actuellement dans le Regnum Christi dans le cadre de la période de discernement que nous vivons.

Axes de réflexion du weekend

Un premier défi commun à tous est celui de trouver l’équilibre entre le respect de la personne humaine, considérée comme un individu autonome, responsable et libre et la dimension essentielle de la vie communautaire ; c’est un terrain de recherche actuel. De très beaux témoignages nous ont donné des pistes de réflexion : « l’enjeu pour la personne est d’être reconnue pour ce qu’elle est réellement, l’enjeu pour la communauté est de s’ouvrir aux diversités dans la recherche et la pauvreté, de retrouver cet espace où la personne peut être accueillie et pourra se donner librement » propose le Frère Charles, de la Fraternité Monastique de Jérusalem.

Le Père Jean-Pierre Longeat, abbé de St Martin de Ligugé et président de la Corref mise sur la qualité de la relation de chacun des frères avec le Christ « comme un Toi seul et unique mais qui nous ouvre à l’infini des relations fraternelles ». Cette expérience se fera dans la mesure où cette relation sera vécue « dans une communauté de frères, de sœurs, qui renouvellent quotidiennement le don total de leur vie » .

Un deuxième défi de cette modernité, est celui d’un nouveau rapport au monde et au temps, dû à l’utilisation grandissante des technologies : «  les technologies, la rapidité des moyens de communication bouleverse notre rapport au réel - souligne le Frère Charles - à force, sans y prendre garde, notre vie peut devenir complexe, multitâches et dominée par la technologie que « performe » notre quotidien. L’enjeu pour nous est de trouver le juste équilibre dans notre rapport au monde, aux choses et au temps : de distinguer l’essentiel du superflu. »

Un dernier défi sur lequel j’aimerais m’arrêter et qui a attiré mon attention, est celui de l’acceptation de nos propres faiblesses. J’ai en effet été surprise d’entendre plusieurs fois lors du weekend combien l’acceptation de nos propres faiblesses - personnelles ou institutionnelles - ont été un point d’appui pour une relation renouvelée avec le Christ, l’Eglise et les frères en religion :
« J’ai rencontré le Christ dans la fraternité, dans la communauté quand elle vit dans l’Unité sans pour autant vivre la perfection. J’ai rencontré le Christ dans l’Eglise à travers des expériences communautaires de pauvreté, de fragilités qui nous ont ouvert à l’autre, aux autres communautés religieuses qui nous ont accompagnées. Dans l’amitié, qui commence dans le partage de la Parole et qui se poursuit dans la vie communautaire, dans l’acceptation et l’accueil mutuel des fragilités. Le Christ est présent dans la communauté qui sait dialoguer, échanger, partager en vérité ses pauvretés et qui vit le pardon communautaire. Devenir ainsi frère, serviteur, ami » .

Pour l’abbé Longeat, savoir se rendre vulnérable - reconnaître ses fragilités- est l’espace nécessaire que nous devons donner au Christ pour que Celui-ci rende les Béatitudes vivantes en nous : « le partage de pauvreté et de solidarité donnera lieu à de nouvelles richesses où la rencontre fraternelle l’emportera. Si cette donnée n’est pas prise en compte, Dieu ne pourra favoriser notre croissance car Les Béatitudes sont incontournables en christianisme. »

En conclusion

Pour conclure, Je voudrais me faire l’écho de l’appel quelque peu provoquant de la théologienne Marie-Laure Durand. Lors de son intervention, elle a voulu nous proposer notre vie communautaire, notre disponibilité dans le temps et l’espace, notre vie de silence et de prière comme autant d’éléments nécessaires qui pourraient devenir réponses aux défis de nos contemporains :
"Nous sommes de plus en plus dans une société 'hors sang' et dans une vie 'hors sol'. Vous êtes une famille recomposée. Acceptez-vous de faire sens pour des familles recomposées qui vivent le hors-sang, de faire sens pour des familles mono-parentales ? (…) Vous avez à nous expliquer à quelles conditions, peut-être même à quel prix, est possible une vie 'hors sang' (…) Vous avez aussi à nous dire à quelles conditions est possible une vie 'hors sol'. Quel prix a la mobilité ? En quoi peut-on être d’un lieu sans y être né ? A quelle condition s’inscrit-on dans un endroit ? Dans un groupe ? La société a besoin de votre éclairage sur la question, parce que vous travaillez le relationnel. Vous devez pouvoir nous dire à quelles conditions, quand on met un groupe d’hommes ou un groupe de femmes ensemble, cela fonctionne. Comment on gère quand on a quelque chose à dire à quelqu’un et que l’on veut éviter d’être hypocrite ou de casser la personne ? Il serait aussi très intéressant de se tourner vers la vie religieuse pour savoir ce qu’est la fidélité."

"Toutes ces questions, la société se les pose et vous, vous êtes aux avant-postes, en avance sur tout le monde, comme les explorateurs qui rentrent les premiers en Terre Promise. Or c’est la finesse du grain qui est intéressante, c’est là où ça grince que l’on vous attend. Parce que là où ça grince chez vous, ça grince aussi chez nous dans nos écoles, nos familles, nos entreprises, notre vivre-ensemble. C’est à cet endroit précis que vous pouvez être un témoignage pour les hommes d’aujourd’hui. Vous le pouvez parce que vous avez la capacité de relire ce que vous vivez et vous avez les mots pour cela. »

Chantal de Baillenx

Services par e-mail

Le site Regnum Christi vous offre un accompagnement au quotidien.

Actualités du même thème

Regnum Christi