Vous êtes ici

Accueil

La mission de responsable territoriale

Mis à jour le 03 octobre 2012 à 14:00Publié le 16 septembre 2012 à 00:00
  • Viviana Limón avec consacrées de la communauté de Paris
  • Viviana Limón avec les consacrées de la communauté de Paris devant la cathédrale de Reims

"La responsable territoriale est là pour servir, animer, guider et beaucoup aimer les personnes que Dieu lui a confiées" - Interview de Viviana Limón, nouvelle responsable pour le territoire d’Europe Centrale et Occidentale.

Comme nous l’avons appris récemment, Viviana Limón a été élue responsable territoriale pour la vie consacrée féminine, pour le territoire d’Europe Occidentale et Centrale.
Afin de mieux faire connaissance avec Viviana nous avons réalisé cette interview dans laquelle elle nous parle de son expérience qui l’a menée à avoir été nommée responsable territoriale, des défis à affronter dans ce territoire et de la collaboration des différents diocèses.

Viviana, il y a quelques jours vous avez été nommée responsable territoriale pour les consacrées d’Europe Centrale et Occidentale. Comment avez-vous reçu cette nouvelle personnellement et comment l’assimilez-vous ?

Pour parler sincèrement j’ai senti un certain « vertige » devant la mission que me demande Dieu. Avec le temps on se rend compte de ses limites, de ses faiblesses mais aussi des dons que fait Dieu afin de les mettre à son service. Il n’est pas besoin de beaucoup de temps pour réaliser que la mission nous dépasse et nous dépassera, mais quand Dieu propose quelque chose, le mieux est d’y répondre comme les apôtres l’ont fait lors de la multiplication des pains et des poissons : offrir son insuffisance. Ce que Dieu demande est notre « insuffisance offerte » et alors Lui se « met au travail ».
D’autre part, on ne peut qu’être surpris de voir comme Dieu prépare notre cœur quand Il veut confier une mission. Depuis deux ans chaque consacrée, chaque apostolat, chaque situation dans le territoire prenaient plus de place dans mon cœur et dans ma prière. Sans savoir pourquoi je ressentais de plus en plus d’intérêt pour ce qui se passait en Hongrie avec l’ouverture des nouvelles installations du Collège « Szent Benedek », en Allemagne avec la façon de mener l’ECYD et aussi avec le renouvellement pédagogique qui se vit dans les Académies, etc…
C’est ainsi que la «frayeur» initiale s’est transformée en «joie » de pouvoir servir le territoire, le Mouvement et l’Eglise. Pouvoir compter sur un Conseil, avec le soutien des directrices et de chaque consacrée, m’apporte beaucoup de paix et de l’enthousiasme de pouvoir travailler en famille ; que chaque consacrée se sente personnellement impliquée en ayant envie de participer activement à ce que nous indique Dieu me fait demander dans la prière, que toutes aient « un cœur qui écoute » afin que le Saint Esprit soit le véritable protagoniste et qu’Il ait le «champ libre» afin d’agir et de nous guider où Il voudra.

Vous avez travaillé pendant plusieurs années à Paris et vous avez également de l’expérience en Suisse et Belgique. Comment percevez-vous le rôle qu’y ont joué le Regnum Christi et plus spécialement la vie consacrée ?

Bien que ces trois pays soient tous francophones, ils sont bien distincts entre eux. Quand je résidais en Suisse, la majeure partie de nos activités se faisaient avec la communauté des « expatriés » : Français, Anglais, Espagnols, Belges ayant leur résidence à Genève, Lausanne, Morges et Vevey pour des raisons professionnelles. Il nous paraissait très important de consolider les groupes de familles auxquelles nous pouvions offrir une ambiance où se vivait et se partageait la foi tout en la renforçant. La Suisse est un pays avec une culture du respect et de confiance qui favorise l’apparition de leaders de tous genres. Le Mouvement a pu y offrir l’attention personnelle, une communauté proche ainsi que de la formation. Il y a encore du chemin à parcourir dans le dialogue et le travail en équipe avec l’Eglise locale afin de pouvoir offrir notre charisme de façon institutionnelle et pas seulement personnelle, bien que ces deux approches soient déjà positives et enrichissantes.

En Belgique l’Eglise vit un nouveau printemps après avoir traversé une période difficile postconciliaire. A Bruxelles Monseigneur André Léonard fait un grand effort avec les forces vives de l’Eglise pour animer la conscience chrétienne en un pays où il y a eu beaucoup de sainteté. Depuis deux ans on a commencé à introduire dans la pastorale diocésaine les nouvelles communautés et Mouvements qui, d’ailleurs, reçoivent un bon accueil de la part des fidèles. Là, comme en Suisse, la communauté catholique réclame ce qu’on appelle en France de «petites communautés fraternelles de foi ». C’est-à-dire de pouvoir se rencontrer entre catholiques dans un climat qui les aide à vivre et grandir dans leur foi. Les paroisses animées par des communautés sont foyers de vie chrétienne, autour desquels se réunissent les familles. Ainsi, beaucoup demandent quelque chose de plus : rencontres et pèlerinages familiaux, Ecole des Parents, préparation aux sacrements, accompagnement spirituel. Nous aurions là à offrir une bonne contribution.
Le Belge est un entrepreneur et il est attiré par ce qui a une dimension internationale. Quelques projets qui ont été proposés et qui répondent à ces caractéristiques, ont apporté de bons résultats : Congrès de Bioéthique (organisé par le Père Pedro Barrajon,L.C.), Pure Fashion, « Tes talents sur scène » (genre d’adaptation de «Canta y Baila»), missions humanitaires et d’Evangélisation au Mexique. Pourtant, la disponibilité des consacrées pour réaliser ces apostolats est limitée et il serait bien de pouvoir compter sur des personnes qui consacrent assez de temps pour agir en profondeur, et non pas seulement sur des « déplacements ponctuels » dans ce pays.

En France…ah ! il y a tant à dire! On y apprend tant de choses ! L’Eglise de France est un océan de richesses. Un aspect très concret est la pastorale des adolescents, surtout dans des établissements d’enseignement catholiques. Il y a un vaste champ d’action dans l’animation pastorale de collèges et lycées. On a constaté que le Regnum Christi peut beaucoup apporter quand on a un vrai travail d’équipe avec les institutions. Quelques-unes des «caractéristiques» qui attirent les jeunes et l’équipe pastorale des collèges où nous participons sont : la façon de présenter le message du Christ de manière fraîche, vivante, qui touche leur vie; le Christ comme meilleur ami, avec qui on peut avoir une relation personnelle ; les projets où participent les adolescents, dont ils sont responsables (missions, opération Kilo); l’offre d’une «communauté d’amis» où je peux vivre ce que «je suis à l’intérieur», l’attention personnelle, la formation humaine (connaissance de soi). Nous avons commencé à travailler dans un collège il y a cinq ans et aujourd’hui ce sont 5 ou 6 collèges qui réclament une consacrée comme Adjointe à la Pastorale.
Depuis septembre l’évêque de Nanterre a confié une paroisse à deux Légionnaires : Notre Dame de Boulogne. C’est un autre domaine très intéressant où nous pouvons mettre notre charisme au service de l’Eglise. Dans la paroisse même, selon les besoins des paroissiens (et des paroissiens éventuels vers qui nous devrons aller !) on pourra proposer les clubs, l’école des parents, des missions humanitaires et d’évangélisation, des groupes de prière, etc. Mais je m’arrête ici bien que je puisse en dire tellement plus. La mission est passionnante quand nous faisons attention à ce que Dieu veut nous dire dans notre cœur.

Que doit faire la responsable territoriale ? En quoi consiste son rôle ?

En juin nous avons reçu le « Règlement pour les membres consacrés de Regnum Christi» qui, malgré son caractère provisoire, décrit les fonctions de la Responsable Territoriale. Je crois que le lire n’est qu’un premier pas…Il reste beaucoup à construire. Le gouvernement général de la vie consacrée vient de se construire en mai et les gouvernements territoriaux, si on peut les appeler ainsi, doivent apprendre à vivre autant notre autonomie de consacrées que notre étroite union dans la spiritualité et la mission avec les Légionnaires et les membres laïcs de Regnum Christi. C’est pourquoi on pourra répondre plus précisément à cette question dans quelque temps. Ce qui est certainement clair, c’est que la Responsable Territoriale est là pour servir, animer, guider et beaucoup aimer les personnes que Dieu lui a confiées sur son Territoire.

Que considérez-vous comme les priorités de votre action dans ce territoire ?

La première de toutes, celle d’écouter et d’apprendre. De là découlera le reste. Grâce à Dieu je pourrai rencontrer presque toutes les consacrées du territoire en Suisse cet été. La première chose que je désire c’est de les voir et de les écouter. Faire ensemble une radiographie du territoire et discerner ensemble les lignes d’orientation du territoire, toujours en harmonie et en union avec ce qu’on propose pour le Mouvement entier.
J’ai aussi quelques idées que je crois importantes : nos équipes de consacrées doivent vivre unies autour de l’Eucharistie. Voir ensemble comment approfondir la dimension contemplative de notre vie consacrée. Etre des femmes profondément unies à Dieu, pour les autres. De plus il nous faut approfondir la beauté de notre charisme comme don de Dieu en réfléchissant ensemble à la façon de le présenter et le vivre dans les différentes églises locales. Nous ne pouvons pas le diluer ni le rendre « hybride ». Je sens que l’Esprit Saint veut que nous nous assurions, avec sa grâce, que la semence de Regnum Christi germe dans la terre des églises locales où nous servirons, évitant d’en faire des « transplantations » artificielles. Enfin je pense qu’il est prioritaire d’évangéliser la famille par la famille. C’est pour cette raison que je veux inviter toute la famille qui vit le Regnum Christi : légionnaires, consacrées, consacrés et laïcs qui partagent ce charisme à l’offrir avec humilité mais aussi avec confiance et conviction à ceux que le Seigneur met sur notre route.

Le Regnum Christi est en processus de rénovation. Comment vivez-vous ce processus et quels espoirs mettez-vous dans ses résultats ?

J’ai un profond espoir dans ce processus de rénovation. Je le vis même avec joie. Cela n’efface pas le fait qu’il y ait eu (et qu’il y aura) des moments difficiles et douloureux, mais je crois que Dieu est constamment créatif, que l’Esprit Saint pousse à rénover toute œuvre de Dieu. On doit beaucoup purifier, faire mûrir, soigner, c’est certain. Mais il y a aussi de grands trésors à dépoussiérer, à faire briller, à adapter à la réalité des hommes et femmes de notre temps et à ce que l’Eglise indique. C’est un processus dont nous devons tous être conscients et responsables en y participant activement. Toujours avec la paix et la certitude que c’est Dieu qui soutient et guide son œuvre.

Votre expérience dans les pays d’Europe Centrale est moins importante. Comment pensez-vous relever ces défis ?

Effectivement je n’ai pas beaucoup d’expérience des réalités de ces pays, mais il faut se souvenir que nous sommes une équipe ! L’Esprit Saint et les consacrées ont très bien su élire les conseillères dans le sens où Luly connaît fort bien la réalité des Académies (Woodlands et Le Chatelard) et Kinga, étant hongroise et ayant longtemps agi dans ces pays, pourra bien nous aider dans ces réalités. Non seulement les conseillères mais chacune des consacrées, les pères et frères légionnaires, les laïcs qui vivent et réalisent leur travail apostolique dans ces pays, tous seront un grand appui.

Qu’attendez-vous des membres du Mouvement pour commencer cette tâche ?

J’aimerais retourner la question en leur disant : «Qu’attendez-vous de nous?» Il nous faut beaucoup les écouter, nous fier à eux et les pousser à s’impliquer dans la construction et le développement du Regnum Christi. Il me semble que les membres de Hongrie et d’Allemagne ont beaucoup à nous apprendre dans ce domaine. Ils ont su prendre cette « graine de Regnum Christi » et la semer dans leur propre terre, et les résultats sont très beaux. En France nous essayons de faire de même. J’espère qu’ensemble nous construisons cette belle famille, le Regnum Christi, qui s’insère dans la vie même de l’Eglise. Que chacun apporte ce qui lui est spécifique et qu’ensemble nous cherchions à ce que Jésus-Christ soit connu et aimé par beaucoup de personnes dans leur cœur et leurs différents groupes sociaux, familiaux et professionnels. Que Son Règne vienne !

Services par e-mail

Le site Regnum Christi vous offre un accompagnement au quotidien.

Actualités du même thème

Regnum Christi

Consacrées