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Iam Christus – une hymne chantée à la Pentecôte

Mis à jour le 09 juin 2017 à 11:51Publié le 31 mai 2017 à 14:41

L’hymne ancienne « Iam Christus » fait partie du répertoire issu du chant grégorien, patrimoine liturgique de l’Église depuis des siècles. Elle est encore chantée dans la liturgie des Heures, pendant la période de Pentecôte, au début de l’office du matin. Le P. Jean-Marie Fornerod, LC, nous en propose une traduction et un commentaire pour découvrir la richesse de la prière de l’Église.

Le titre de cette hymne ancienne, dont le nom de l’auteur n’est pas parvenu jusqu’à nous, est un peu trompeur : elle parle en effet surtout de l’Esprit Saint et non du Christ. Certes, la première strophe commence par nous rappeler la promesse qu’avait faite Jésus : « Je vous l’enverrai » (Jn 16, 7) avait-il dit, en parlant de l’Esprit Saint. Jésus est maintenant auprès du Père, d’où il venait (regressus unde venerat). Le moment est arrivé, Jésus n’a pas voulu laisser ses disciples seuls : l’Esprit Saint est à son tour envoyé vers eux.

La deuxième strophe commence par l’évocation de la troisième heure (environ neuf heures du matin, dans le système romain de compter les heures). Juste après avoir reçu l’Esprit Saint avec les autres apôtres, les Actes nous rapportent un discours de saint Pierre, où il dit : « Ce n’est d’ailleurs que la troisième heure du jour » (Actes 2, 15). Cette même troisième heure avait déjà été mentionnée par Marc dans son Évangile : l’heure à laquelle Jésus avait été crucifié. Cette troisième heure est ici personnalisée : c’est elle qui annonce (intonat) maintenant une nouvelle présence divine, sur les apôtres réunis en prière (Apostolis orantibus) ; cette heure de tristesse est maintenant une heure de joie (felix).

La troisième strophe nous rappelle que l’Esprit Saint est descendu sur les apôtres sous forme de langues de feu (ignis), le feu qui est source de lumière (lumine). Mais il s’agit d’une lumière spirituelle, lumière qui vient du Père, lumière qui éclaire les cœurs (pectora). Le feu est aussi source de chaleur (calore), chaleur qui vient de la Parole de Dieu, Parole que l’Esprit Saint nous aide à comprendre. Déjà, à la fin de l’Évangile de Luc, les disciples d’Emmaüs s’écriaient : « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures. » (Lc 24, 32)

Saint Paul écrivait aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que votre corps est un temple du Saint Esprit, qui est en vous et que vous tenez de Dieu. » (1Co 6, 19) La quatrième strophe nous invite à nous souvenir que l’Esprit Saint habite en nous. D’une part, c’est lui qui est le principal acteur de notre vie spirituelle : c’est de lui que nous vient la force pour faire le bien (les vertus : virtutibus). D’autre part, nous lui sommes consacrés (dedica) : en quelque sorte, nous ne nous appartenons plus, tout ce que nous sommes, ce que nous pouvons faire, ce que nous avons doit être dirigé vers Dieu, comme une offrande spirituelle.

Enfin la dernière strophe, que l’on retrouve à la fin de plusieurs hymnes à l’Esprit Saint, nous remet dans le contexte trinitaire : l’Esprit est l’esprit du Père et du Fils ; et c’est grâce à lui, grâce à sa présence dans nos cœurs, que notre connaissance de Dieu s’approfondit : il nous révèle le Père et le Fils, tout comme le Fils nous révèle le Père et l’Esprit ; et le Père, le Fils et l’Esprit.

Cette hymne est encore chantée dans la liturgie des Heures, pendant la période de Pentecôte, bien évidemment au début de l’office de tierce, c’est-à-dire celui qui se chante à la troisième heure.

 

Iam Christus

 

Iam Christus astra ascénderat
regréssus unde venérat,
promíssa Patris múnera,
Sanctum datúrus Spíritum

Cum hora felix tértia
repénte mundo íntonat,
Apóstolis orántibus
Deum venísse núntians.

De Patris ergo lúmine
decorús ignis almus est,
qui fida Christi péctora
calóre verbi compleat.

Descénde, Sancte Spíritus,
ac nostra corda altária
orna tibi virtútibus,
tibíque templa dédica.

Per te sciámus da Patrem
noscámus atque Fílium,
te utriúsque Spíritum
credámus omni témpore.

Amen.

 

Le Christ était déjà monté aux cieux,
étant retourné d’où il venait,
de là il enverrait en don l’Esprit Saint,
promis par le Père.
 
Alors que les apôtres priaient,
la troisième heure retentit dans le monde,
annonçant la venue de Dieu.
 
Lumière du Père, feu paré de beauté,
qui comble les cœurs fidèles de la chaleur
que donne la parole du Christ.
 
Descends, Esprit Saint,
pour que nos cœurs, ornés de vertus,
deviennent des autels et des temples
à toi consacrés.
 
Fais que par toi nous connaissions le Père
et le Fils et que nous croyions toujours en toi,
Esprit de l’un et de l’autre.

La traduction proposée respecte le plus possible le texte latin, ce n’est donc une traduction ni littéraire ni poétique.

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