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Homélie du Cardinal de Paolis lors de la fête du Christ Roi

Mis à jour le 27 novembre 2012 à 14:43Publié le 27 novembre 2012 à 14:43

Journée de Regnum Christi en Italie, au Sanctuaire de la Vierge Douloureuse
 11 novembre 2012, date de la conclusion de l'année liturgique selon le rite ambrosien.

Je suis heureux d’être avec vous aujourd’hui, pour célébrer la fête du Christ Roi de l’univers, conclusion de l’année liturgique selon le rite ambrosien. Nous célébrons cette fête dans ce beau sanctuaire de la Vierge Douloureuse, Reine du Ciel et de la terre avec son Fils. Ce lieu et ces circonstances me rappellent de nombreux souvenirs.

Quand j’étais jeune séminariste, je ne vivais pas très loin d’ici, dans la Brianza, et les supérieurs nous emmenaient souvent à visiter les sanctuaires. L’Italie est riche en sanctuaires mariaux et particulièrement en Lombardie. Cet endroit était d’ailleurs souvent notre destination. Il-y-avait les Oblats de Saint Charles, auxquels avait été confié ce sanctuaire, et depuis lors, ils avaient protégé la foi des fidèles et la dévotion à la Très Sainte Vierge Marie.

La fête du Christ Roi est une fête qui a été instituée quand j’étais jeune, par le Pape de l’époque, Pie XI, à la conclusion de l’année liturgique. Il est vrai, nous la célébrons ici maintenant, parce que dans le rite ambrosien le calendrier liturgique se termine aujourd’hui ; dans le rite romain, en revanche, il s’achève dans deux semaines, et nous célébrerons donc cette fête le 25 novembre.
Il s’agit de dates insignifiantes, mais qui nous rappellent un évènement extraordinaire. Je me souviens que dans ma jeunesse, quand on rencontrait des prêtres, on leur disait : « Que le Christ règne! »  et ils répondaient : « Toujours ! »Regnum Christi, et que vous soyez nombreux, est un motif particulier de fête. Vous êtes réunis également à l’occasion d’une réflexion que nous menons avec les Légionnaires dans le but que le mystère du Christ Roi et de Regnum Christi soit, une fois le Christ redécouvert comme roi de notre existence, renouvelé de façon toujours plus profonde dans notre vie pour pouvoir devenir apôtres et témoins encouragés par ce mystère et renouvelés de l’intérieur. Ainsi le Christ, régnant dans le monde, pourra instaurer le Règne du Père, un règne de justice et de sainteté comme nous le dirons bientôt dans la préface, un règne d’amour, un règne de fraternité. Voilà le Règne que nous célébrons quand nous commémorons la fête du Christ Roi de l’univers.

Les rois, on le sait, ont presque disparu de la circulation, et leur histoire n’est malheureusement pas toujours une histoire glorieuse. Même l’histoire des rois du peuple de Dieu n’est pas très exemplaire; nous lisons d’ailleurs dans les Saintes Écritures, vers la fin de la période des règnes du nord et du sud, en Palestine, qu’ils méritaient un jugement très sévère. Le Seigneur avait mis des rois pour qu’ils guident et gardent son peuple. Il les avait constitués pasteur de son troupeau, mais ils n’ont pas rempli leur tâche.
Plus tard, Jésus lui-même, lui qui est le bon pasteur et que nous reconnaissons comme notre vrai Roi, au moment de parler des rois de ce monde, dira que ceux-ci dominent et ensuite demandent notre service et notre gratitude; au contraire Jésus nous dit que celui qui veut être le premier dans le Règne des cieux, doit être le dernier, le serviteur de tous. Et le modèle que nous devons contempler et avoir présent est Jésus lui-même. Lui qui n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie pour nous tous. Ne nous étonnons donc pas plus que ça si les mots des Saintes Écritures, que nous avons écoutés aujourd’hui dans la liturgie, sont des paroles qui se réfèrent peu au triomphe quand il s’agit de la royauté.

On parle, comme nous l’avons écouté dans la première lecture, du mystère du serviteur souffrant, de ce personnage dont l’Ecriture trace le profil suivant: c’est l’homme juste, l’homme innocent, l’homme saint qui se charge du péché de tout son peuple, et qui se livre pour cela à la mort afin que le peuple puisse revivre, et que Lui puisse être exalté dans la gloire.

L’Église voit en ce personnage la figure de Celui que réalisera vraiment cette mission, la figure de notre Seigneur Jésus Christ. Mais comment Jésus a-t’il donc réalisé ce projet de salut, de rédemption, de nouvelle création du monde?
Il nous a sauvé, comme nous le dit l’apôtre Paul dans la lettre aux Ephésiens et dans la deuxième lecture d’aujourd’hui, en venant dans le monde : Lui qui était Dieu a pris notre nature humaine ; Lui qui possédait depuis toujours la condition divine a assumé les formes de notre pauvre existence humaine. Et ce n’est pas tout, il s’est même fait obéissant, obéissant jusqu’à la mort et la mort sur la croix. La voici la royauté ! Cette royauté de Jésus, que St Paul nous décrit comme Celui qui s’incarne en descendant du ciel, en entrant dans notre histoire, en rachetant et en sauvant l’humanité pour la rétablir au sommet, dans la Gloire de Dieu qui se réalise pleinement dans le mystère du Christ crucifié.
Le Christ, du haut de la Croix, exerce sa royauté. Regnavit… regnum eius.

Dieu a démontré sa royauté dans le don de son Fils Jésus Christ, du haut de la croix, les bras étendus sur celle-ci, par le don de la propre vie. C’est justement par cette croix qu’est né le monde nouveau, qu’est née l’Église, le nouveau Règne de Dieu, que nous sommes tous nés avec le don de l’Esprit Saint, celui de la vie divine, avec la divinisation, en nous faisant ainsi prendre part à tout et fait fils de Dieu.

Voici la royauté que nous célébrons aujourd’hui, la royauté de notre Seigneur Jésus Christ. Et c’est cette royauté qui fait partie de notre vie et qui, on peut dire, comprend toute l’histoire du salut. Le Règne de Dieu, nous pouvons le contempler au début de l’histoire du salut. Lorsque nous parlons de Dieu, nous ne pouvons pas faire autrement que de parler de beauté, de parler de splendeur, de lumière, de paix, de tout ce qui est beau, bon et saint. Voici qui est Dieu.

C’est Dieu qui se révèle dans le mystère de Lui-même, quand il prononce la première parole : « Que la lumière soit », « Que soit créé le monde », et ce monde a du être un monde très beau parce qu’il est venu du cœur de Dieu, un cœur qui aime se communiquer lui-même.
Le sommet du mystère de la création est précisément la création de l’homme, créé le sixième jour, c’est-à-dire quand Dieu avait préparé tout ce qui était nécessaire à la vie de l’homme, et les préparant avec beauté. De chaque moment, chaque journée de la création, selon les Saintes Écritures, “Dieu dit que c’était bon”; c’était quelque chose de beau. Le monde qui surgi du cœur de Dieu était beau, mais n’avait pas de voix, ni de cœur, ni de sentiment, de liberté pour pouvoir répondre à Dieu.

Et voici qu’au sommet de la création, le sixième jour, Dieu a mis l’homme pour qu’il règne sur le monde; le monde fut confié à l’homme pour qu’il puisse y vivre et coopérer avec Dieu, pour qu’il puisse conduire la création à son accomplissement. Quand Dieu créa l’homme, il dit: “créons l’homme à notre image et ressemblance”, c’est-à-dire comme un être qui puisse parler avec Dieu, qui puisse entrer en dialogue avec Dieu, contempler la beauté de l’univers, l’admirer, retrouver la présence de Dieu dans cette beauté et en lui-même, et puisse répondre à Dieu en le glorifiant le septième jour. Nous avons bien vu que le sixième jour Dieu met l’homme au sommet de la création. Mais la création termine le septième jour, quand Dieu se repose.

Et la finalité de l’homme n’est pas lui-même, mais la gloire de Dieu, tendre vers Dieu.
Le projet de Dieu tel qu’il l’avait pensé devait être merveilleux. Cependant, dans le monde, les ténèbres sont bientôt arrivées, justement parce que l’homme, tombant dans la tentation de se mettre à la place de Dieu, a détruit l’harmonie de la création. Au lieu de se trouver dans le monde merveilleux de Dieu, il s’est donc retrouvé avec des problèmes, avec des difficultés dans les relations avec les autres ; il s’est retrouvé dans l’incapacité de dominer la création même ; il a senti le froid au dedans de lui, et a eu peur de Dieu, de ce Dieu d’Amour qui l’avait fait à son image et ressemblance.
Ce Dieu d’amour a du détourner son regard de l’homme, qui n’a pas voulu lui rendre gloire et l’honorer, mais est allé jusqu’à se mettre à sa place en disant “je suis juge du bien et du mal”. Et le monde est ainsi parti à la dérive. Mais Dieu retourne dans le monde à travers l’histoire de son peuple, pour préparer un monde nouveau où sa présence puisse être motif de joie, d’allégresse, de paix, de fraternité.
Il a alors envoyé, lorsque les temps furent accomplis, son Fils Jésus Christ. Il l’a envoyé comme Verbe éternel, Fils unique qui devient cependant notre frère. Il nous révèle de nouveau le mystère de Dieu. Voulons-nous savoir qui est Dieu ? Contemplons le visage de notre Seigneur Jésus Christ.

Saint Jean l’évangéliste, qui était le disciple que Jésus aimait, celui qui eu la joie de poser sa tête sur le cœur du Christ, d’écouter sa parole, et de le contempler à la dernière cène comme élevé sur la croix, parlait de Dieu en disant : « Dieu est Amour ». Où a-t’il appris que Dieu est Amour ? Sans aucun doute à l’école de Jésus.
Voilà le premier don que jésus nous à offert : il à a révélé le visage de Dieu, nous a parlé du Règne de Dieu, et a même commencé sa prédication par cette invitation : « le temps est arrivé, voilà que le Règne de Dieu est au milieu de vous. Convertissez vous et croyez à l’Evangile ». La possibilité de redevenir nous-mêmes selon le plan de Dieu, de nous convertir et de redonner une place à Dieu dans nos vies devient alors une réalité.

En nous communiquant Dieu et son Règne il nous a aussi parlé de notre dignité, il nous a permis de redevenir les fils de Dieu et nous le sommes vraiment. Nous avons reçu le don du Saint Esprit, les portes de l’éternité nous ont été ouvertes. Jésus nous a révélé que nous sommes faits pour la vie éternelle, que nous sommes fils de Dieu, que nous sommes ses frères, que la nouvelle famille divine et la nouvelle communauté existent et que cette dernière n’a de sens que dans la présence de Dieu dans le cœur de chaque personne. Voilà la grandeur de Dieu, voilà la royauté de notre Seigneur Jésus Christ.

C’est cette royauté que nous célébrons aujourd’hui. Et c’est justement cette royauté que nous voulons rétablir dans le monde. Le monde souffre, il est dans l’obscurité, dans les ténèbres ; pourquoi est-il ainsi ? Parce qu’il ne sait plus ni d’où il vient, ni où il va. Il a peur. L’homme, livré à lui-même, vers où peut-il aller dans le monde, dans quels buts, avec quelles garanties ? Nous avons voulu, à l’exemple d’Adan, prendre le control de notre vie, prendre la place qui revient à Dieu, et les ténèbres sont descendues sur l’homme. La mort s’impose sur le destin final de notre existence. Jésus désire régner dans notre cœur, non pas pour le dominer mais plutôt pour y ouvrir les yeux de la foi, pour nous faire découvrir de nouveau le grand mystère de Dieu, le mystère de notre vie, de notre vraie dignité qui ne consiste pas à prendre la place de Dieu mais à reconnaitre la dignité des fils de Dieu en trouvant en Dieu le sens finale et total de notre existence. La fête du Christ Roi, instituée par Pie XI, est une réponse à la sécularisation qui faisait déjà rage.

Nous avons aujourd’hui encore beaucoup de raisons pour célébrer cette fête, et je me réfère de manière particulière à vous tous, membres de Regnum Christi : c’est bien le Règne de Dieu que vous avez à cœur, que vous voulez le garder et le redécouvrir, tout en voulant faire battre de leur plein des témoins et des apôtres.
Oui, tel est notre charisme ! Tel est notre engagement qui doit devenir notre vie. Faisons régner le Christ en no vies, faisons-le régner sur le monde et nous serons alors vraiment au Paradis.
Regnavit eius.

“Es-tu roi?”, demandait Pilate à Jésus. “Oui, je le suis, mais pas comme tu le penses. Mon Règne n’est pas de ce monde. S’il était de ce monde, j’aurais toutes les forces et tous les pouvoirs pour le faire valoir, mon Règne n’est pas de ce monde.”
Nous avons besoin de faire périr et nous détacher de notre ambition, notre orgueil, notre égoïsme et nos péchés pour pouvoir vivre, vivre pleinement la Royauté du Christ Roi.

Que le Seigneur nous fasse vraiment don de sa Royauté! Qu’Il règne vraiment dans nos pensées, dans notre cœur, dans notre âme.
Qu’Il ravive notre vocation et nous rende témoins de la royauté qu’Il est venu instaurer dans le monde.

Conférence du Délégué

Nous devons vivre de la foi et avec la foi. Qui en a fait l’expérience le sait. Comment est-ce possible qu’à l’origine de Regnum Christi se trouve un homme qui n’est pas saint?
Tout ce qui arrive est, sinon voulu, du moins permis par Dieu, et il faut l’évaluer aussi dans un sens positif, pas seulement dans ses aspects négatifs.

Si je puis me permettre, je perçois, au fur et à mesure que j’avance, l’amplitude de toute la réalité qui existe à côté de la Légion. Le charisme de Regnum Christi n’est pas une copie conforme des Légionnaires, c’est grâce à la lumière de l’Esprit-Saint qu’on le comprend. Ne soyons pas scandalisés des choses qui arrivent, admirons plutôt les grandes choses qui adviennent dans l’histoire. Nous devons relire l’histoire de Regnum Christi et la comprendre dans un sens plus large.

Chacun, dans son propre état de vie, veut être un témoin du Règne de Dieu. Les lignes fondamentales du charisme commun sont un don que le Seigneur nous a fait. Nous vivons un moment difficile de l’histoire de l’Église, c’est le mystère de Jésus. La foi chrétienne est une personne, le modèle, le sens de notre vie chrétienne. Le Règne de Dieu n’est rien d’autre que la redécouverte de la personne de Jésus. Qui d’autre pourrait orienter notre vie?

Nous, au fil du temps, nous vivons dans une contradiction. Nous voudrions vivre pour toujours, et pourtant la vie présente ne peut être le sens ultime de la vie. Il est nécessaire de mourir pour vivre, de ne pas nous contenter des petites joies de tous les jours, afin de vivre la vie éternelle. Mourir avec le Christ pour ressusciter avec Lui. Quelle religion affirme cela? Quand Jésus demande : “Que disent les gens de moi?”, chacun sort sa réponse. Et Pierre fait une affirmation grandiose. On attendait Élie, et c’est Dieu qui est venu parmi nous. Dieu ne passe pas. L’Église continue à répéter la même chose. C’est la voix de l’Esprit-Saint qui nous interpelle sans cesse…
L’engagement définitif: la victoire de notre foi.

Aujourd’hui le critère de la majorité n’a plus de valeur parce que les minorités sont protégées, voilà le relativisme. Nous nous sommes mis à la place de Dieu. Ainsi nous perdons la lumière. “Les imbéciles font toujours du bruit”, comme on disait autrefois.
La lumière se fait toujours un chemin dans les ténèbres et nous voulons être cette lumière, tout simplement.

Monica, consacrée de Regnum Christi Comme c’est beau de pouvoir participer à une autre journée de Regnum Christi, due à cette différence de dates avec la liturgie ambroisienne ! L’année prochaine la section de Vérone fête ses dix ans et on devra penser à fêter cela nous aussi ! Depuis cette année les consacrées ne sont plus là avec nous à Vérone…

Cardinal de Paolis Les laïcs ont toutes les possibilités, sauf la célébration de la Très Sainte Messe : ils peuvent rendre témoignage, annoncer l’Evangile. Dans les autres pays les membres du Mouvement dirigent les institutions du Mouvement, en Italie pas encore. Les membres du premier et du deuxième degré ne sont pas encore assez organisés, et c’est pour cela que nous voulons découvrir le charisme commun : pour travailler selon la vocation de chacun, prêtres, religieux, baptisés, fidèles appelés par Dieu à vivre sa vie dans le Christ.
Jésus Christ était un laïc en son temps… il était aussi prêtre et prophète, c’est vrai. Le laïc doit prendre le Christ comme modèle de vie.
Il faut mieux l’articuler à l’intérieur du Mouvement et de la Légion. Vous êtes arrivés les derniers (vous, les membres laïcs du Mouvement), parce que l’histoire s’est passée comme cela. On verra comment prendre l’initiative et mieux organiser cette grande richesse dans l’Eglise.
Vous êtes la réalité la plus nombreuse. Les laïcs ont d’autres obligations, de vie familiale, c’est vrai, mais au sein du groupe…
Nouvelle aube, nouveau jour à vivre avec sérénité d’esprit.

Rosanna, consacrée de Regnum Christi Il manque le mot « militance » dans le document des lineamenta… (ou des lignes générales du charisme)

Cardinal de Paolis On en prend note. Il manque le mot « militance » mais son contenu y est présent. Vous savez que cet aspect aujourd’hui n’est pas vraiment à la mode, la société nous impose d’être des personnes simples, et nous-y arrivons. Dans l’Eglise, on s’excède en leadership ! C’est une société qui tends à niveler le style de vie, à priver la société de l’autorité, même dans la famille. Fait-on croître les personnes ? En fait, on les bloque toutes. Pour faire croître des personnes robustes, il faut avoir des difficultés dans la vie, et être reconnaissant envers ceux qui nous corrigent.
On peut aussi parler de militance comme totalité dans l’engagement, enthousiasme, mettre toutes nos énergies, travailler avec toute l’âme, l’intelligence et le cœur.
La militance est la totalité de notre engagement. Quand le Christ a manifesté sa Royauté, c’était dans la plus grande liberté interne, hors de toute négligence.

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