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Dieu nous attire par sa miséricorde

Mis à jour le 19 mai 2016 à 13:26Publié le 20 mars 2016 à 13:11

« Et moi, une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jn 12, 32). Réflexions du P. Roger Villegas, LC à l’occasion du Jubilé de la Miséricorde.

« L’Église ne grandit pas par prosélytisme mais par attraction »[1]. Le pape François nous a rappelé cette vérité fondamentale de la foi chrétienne à l’époque où l’on met toutes les religions dans le même panier. À mon point de vue, le prosélytisme comme imposition extérieure, comme recherche de la soumission de l’autre, pour gagner plus d’adeptes de ma cause n’est pas dans l’idéal de l’Évangile. L’attraction, de son côté, est cette force intérieure qui naît de la rencontre de l’homme avec la tendresse de Dieu, l’unique force capable de conquérir le cœur : « Ce qui enchante et attire, ce qui fait fléchir et vainc, ce qui ouvre et déchaîne, ce n’est pas la force des instruments ou la dureté de la loi, mais la faiblesse toute-puissante de l’amour divin, qui est la force irrésistible de sa douceur et la promesse irréversible de sa miséricorde »[2].

Face à ces deux idées, il peut y avoir l’indifférence comme « le plus bas degré de la liberté » comme le disait Descartes. Contempler l’enfant de la crèche, regarder l’Homme-Dieu sur la croix, c’est découvrir le visage d’un Dieu qui a choisi le chemin de la tendresse et de la miséricorde pour nous attirer vers lui. Pas besoin de machines de propagande ou de campagnes publicitaires spectaculaires dans la stratégie de Dieu, mais seulement l’amour divin mis à nu, l’innocence condamnée, le cri de la souffrance devenu intercession salutaire pour l’ennemi haineux. Dieu nous manifeste toute sa miséricorde par le sacrifice de la croix : « La croix du Christ, sur laquelle le Fils, consubstantiel au Père, rend pleine justice à Dieu, est aussi une révélation radicale de la miséricorde, c’est-à-dire de l’amour qui s’oppose à ce qui constitue la racine même du mal dans l’histoire, le péché et la mort »[3].

Un Dieu peut-il vraiment m’aimer comme je suis, dans ma situation actuelle où je me retrouve loin de lui ? C’est justement dans notre faiblesse que nous sommes invités à découvrir la présence de Dieu. Dieu aime notre faiblesse, il s’en est revêtu, pour établir ce canal d’attraction entre lui et l’humanité. Saint Bernard pouvait dire avec confiance : « Le fer a transpercé son être et touché son cœur afin qu’il n'ignore plus comment compatir à mes faiblesses ».

La toute-puissance humaine qui n’a besoin de personne, renfermée en elle-même, n’a rien à voir avec la toute-puissance divine qui consiste justement à faire miséricorde, à être miséricordieux. L’invitation à nous reconnaître pécheurs n’est pas un exercice de masochisme raffiné, mais la condition pour retrouver le visage de ce Dieu qui s’est épris de notre faiblesse, de nos blessures. « La croix est comme un toucher de l’amour éternel sur les blessures les plus douloureuses de l’existence terrestre de l’homme »[4] et notre péché avoué et confessé, au lieu de nous enfoncer, allume dans le cœur de Dieu « une flamme d’un plus intense amour, un désir de nous reprendre et de nous réinsérer dans son plan de salut »[5] qui nous fait désirer Dieu et rend l’attraction de son amour plus forte : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché » (Ps 51, 3).

En cette Année de la Miséricorde laissons-nous attirer par l’amour, par la force de la tendresse du Père manifestée en Jésus : « Dans ses blessures nous trouvons la guérison » (Is 53, 5).

[1] Pape François, Evangelii Gaudium, no 14.

[2] Pape François, Rencontre avec les évêques de Mexico, 13 février 2016.

[3] Saint Jean-Paul II, Dives in Misericordia, no 8.

[4] Idem.

[5] Paul VI, Homélie, 23 juin 1968.

 

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