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« Confiance, lève-toi, il t’appelle »

Mis à jour le 28 avril 2014 à 18:40Publié le 04 avril 2014 à 17:23

La vie consacrée est un don et une joie pour toute l’Église. Plus que jamais la vie consacrée doit rayonner de la vérité et de la beauté car plus que jamais le monde est à la recherche de témoins qui suivent et aiment Jésus d’une façon totale. Pourtant, la vocation consacrée ne peut être comprise et mise en valeur qu’à la lumière de la vocation au mariage.

Les chrétiens mariés et les chrétiens consacrés ont donc une responsabilité les uns envers les autres : s’édifier mutuellement par la fidélité joyeuse à la vocation qui est la leur. Chacun a été appelé par le Seigneur et doit lui répondre selon les exigences de sa propre vocation. Dans cet élan stimulant des vocations complémentaires, surgit un appel commun à témoigner et à annoncer l’unique raison de toute vie chrétienne : la joie de connaître le Christ !

En 1997, le Pape Jean-Paul II avait souhaité que dans toute l’Église on dédie la fête de la Présentation de Jésus au Temple à la célébration de la vie consacrée. Le pape voulait ainsi exprimer le rapport entre le don de l’Enfant Jésus au Temple et le don de ceux et celles qui sont offerts à Dieu d’une façon totale et exclusive dans un état de vie stable. Qui sont-ils, ces hommes et ces femmes qui se sentent appelés à n’appartenir qu’à Dieu ? Comment ont-ils entendu retentir en eux cet appel du Seigneur à le suivre partout et toujours ? Où trouvent-ils la force de répondre chaque jour avec bonheur à l’amour unique que leur offre le Seigneur ?

Les hommes et les femmes consacrés ont répondu à un appel particulier du Seigneur à se donner à lui en plénitude. Ils ont déclaré trouver en Dieu seul la racine de leur amour, de leur espérance et de leur foi. Pour vivre concrètement cette réalité d’appartenance à Dieu, les consacrés s’engagent à vivre d’une façon particulière « les conseils évangéliques », c’est-à-dire qu’ils s’engagent à vivre dans l’esprit avec lequel le Christ lui-même a vécu : dans la pauvreté, dans la chasteté et dans l’obéissance. Pourtant, ces trois conseils ne sont pas réservés aux consacrés, mais ils constituent le socle de toute vie chrétienne ! Chaque baptisé est appelé lui aussi à une vie de sainteté en imitant Jésus par une certaine pauvreté matérielle, par la chasteté propre à son état de vie et par l’obéissance à Dieu et à l’Église. Un accent peut cependant être mis sur la chasteté ou la vocation à l’amour, car nous sommes tous appelés à l’amour.« La Révélation chrétienne connaît deux façons spécifiques de réaliser la vocation à l’amour de la personne humaine, dans son intégrité: le mariage et la virginité. L’une comme l’autre, dans leur forme propre, sont une concrétisation de la vérité la plus profonde de l’homme, de son “être à l’image de Dieu” » (Familiaris Consortio n° 11). Nous constatons dès lors que les chrétiens mariés, célibataires ou consacrés, se stimulent mutuellement dans la recherche de la sainteté en partageant le même chemin à la suite du Christ, un chemin vers l’amour qui passe par la pauvreté, la chasteté et l’obéissance.

Pour les personnes consacrées, les conseils évangéliques prennent une forme plénière dans leur quotidien. Pour en expliquer le sens, prenons les trois vertus théologales, car elles sont intimement liées aux conseils évangéliques professés par les consacrés. Commençons par le célibat consacré. Ce conseil fait briller d’une façon évidente l’option totale pour Dieu, la charité. Dieu veut être lui-même la source de toute la puissance d’amour de la personne consacrée. Deuxièmement, la pauvreté embrassée pour être libre de toute attache matérielle permet d’avoir pour unique trésor Dieu lui-même. C’est cela la vertu de l’espérance : aspirer à Dieu de tout son être et de toutes ses forces anticipant dès ici-bas la communion intime avec lui. Et troisièmement, le conseil évangélique de l’obéissance veut rendre effective la disponibilité de la personne consacrée au plan de Dieu. Cette obéissance ne peut se vivre que dans la foi, c’est-à-dire en adhérant et coopérant à la volonté de Dieu avec confiance, car il ne peut ni se tromper, ni nous tromper. « Si nous sommes infidèles, dit Paul, lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même » (2 Tm 2, 13).

Si chaque chrétien, comme nous le disions plus haut, et pas seulement les consacrés, est appelé à vivre selon les conseils évangéliques, c’est parce qu’il a fait une rencontre personnelle et décisive avec Jésus. C’est pour cela qu’il est chrétien ! Jésus est pour lui le sens à son existence, sa force pour le combat de tous les jours et la raison de son espérance en la vraie vie, la vie éternelle. Lorsqu’un baptisé vit en cohérence avec sa foi, il cherche à configurer sa vie à celle de Jésus. Il ne veut faire qu’un avec lui. Il aspire de toutes ses forces à l’atteindre dès aujourd’hui par son travail, par ses occupations, par ses rencontres, tout cela vécu dans la foi. Ce qui le fait se lever chaque matin avec joie, c’est le désir grandissant de Jésus.

Cette quête lumineuse de Dieu qui habite et fait vivre le chrétien ne peut pas rester « sous le boisseau ». La lumière est faite pour éclairer, nous dit Jésus. « Nous avons besoin, dans l’Église et dans la société, de témoins de la beauté de la sainteté, de témoins de la splendeur de la vérité, de témoins de la joie et de la liberté, fruits d’une relation vivante avec le Christ ! », rappelait Benoît XVI. On n’est pas chrétien pour soi, mais bien plutôt pour le rayonner et le transmettre. Sainte Marie-Madeleine l’avait bien compris lorsque Jésus lui apparut ressuscité. En effet, depuis trois jours elle était plongée dans une profonde tristesse suite à la mort de Jésus et la séparation qui s’ensuivit. Elle était inconsolable. Elle avait perdu celui qui l’avait guérie, pardonnée et qui lui avait rendu la paix intérieure. Voilà que c’est à elle qu’il se montrera en premier, ressuscité ! Quelle immense joie, quelle grâce ! Marie-Madeleine voudrait le tenir, le retenir, s’agripper à lui, mais voilà qu’il lui dit : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20, 17). Et c’est ce qu’elle va faire. Immédiatement, elle part en courant annoncer cela aux apôtres restés enfermés au cénacle. Marie-Madeleine a eu cette grâce de comprendre qu’on ne possède pas Jésus en « le gardant pour soi », mais justement en le donnant. Il s’agit d’une grâce que Dieu veut offrir à chacun d’entre nous. L’obtenir n’est pas hors de notre portée, il suffit… d’y aller ! Laissons-nous interpeller par ces lignes du Pape François : « L’intimité de l’Église avec Jésus est une intimité itinérante, et la communion se présente essentiellement comme communion missionnaire. Fidèle au modèle du maître, il est vital qu’aujourd’hui l’Église sorte pour annoncer l’Évangile à tous, en tous lieux, en toutes occasions, sans hésitation, sans répulsion et sans peur. La joie de l’Évangile est pour tout le peuple, personne ne peut en être exclu. C’est ainsi que l’ange l’annonce aux pasteurs de Bethléem : “Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie qui sera celle de tout le peuple” (Lc 2, 10). L’Apocalypse parle d’“une Bonne Nouvelle éternelle à annoncer à ceux qui demeurent sur la terre, à toute nation, race, langue et peuple” (Ap 14, 6) » (Evangelii Gaudium, n° 23).
Voici que nous avons reçu l’immense don de la foi en Jésus-Christ, une foi qui nourrit la communion intime avec lui. Le 2 février dernier, nous avons fêté le don de la vie consacrée pour l’Église et le monde, laissons retentir à nouveau en nous l’appel de Jésus à le suivre sur le chemin de la sainteté et de l’annonce joyeuse de la Bonne Nouvelle qui nous habite !

Emanuelle Pastore
Consacrée de Regnum Christi

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