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Apprendre le pardon

Mis à jour le 27 février 2017 à 22:32Publié le 22 février 2017 à 14:57

Pardonner et demander pardon s’apprend, comme tant de choses, dès le plus jeune âge. La famille est l’instance la plus importante pour permettre à l’enfant d’acquérir cette qualité précieuse qui l’aidera à vivre en paix avec Dieu et les autres. À l’école et aux aumôneries, les catéchistes jouent un rôle important pour cultiver l’apprentissage de cette vertu. Une famille et une consacrée animatrice en pastorale scolaire partagent avec nous leurs témoignages.

« Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés »

Ainsi que nous l’a enseigné le Seigneur dans l’oraison dominicale, l’apprentissage du pardon est l’un des plus beaux cadeaux que des parents puissent offrir à leurs enfants pour la vie.
Cet apprentissage du pardon s’accomplit dès le plus jeune âge. C’est ce que nous avons tenté d’enseigner à nos propres enfants. La maman peut ainsi demander à un très jeune enfant de dire pardon – ou de faire un geste si la parole n’est pas encore acquise – quand il a jeté sa cuillère par terre, par exemple. En cas de disputes entre jeunes frères et sœurs, nous y coupions court au plus vite : il faut encourager les deux parties à se réunir en présence d’un parent afin de les réconcilier. Cette réconciliation peut se concrétiser par un baiser. Plus tard, un simple mot d’excuse sincère suffira.
Le principe de réciprocité dans le pardon est essentiel. Celui qui demande pardon doit regretter sincèrement et humblement sa faute. Quant à l’offensé, il doit accepter pleinement les excuses et n’en garder aucune rancune. Le pardon doit être total.
Nous veillons à ce que patience et amour réciproque règnent au sein de notre famille mais aussi l’apprentissage et la reconnaissance de nos propres faiblesses. La miséricorde est un chemin de conversion.
Il n’y a rien de plus triste pour un enfant de voir ses parents désunis, même pour un court moment.
Parfois, l’enfant n’a pas conscience du mal qu’il a commis (mais il peut aussi se trouver de bonnes excuses). C’est pourquoi nous essayons toujours d’expliquer à nos enfants leur faute et la conséquence de leur acte. Cette petite mise au point a pour but de libérer l’enfant et non de l’accabler. Avec l’âge, l’enfant se rend compte qu’en blessant son prochain, c’est Dieu lui-même qu’il offense.
Il sera donc plus aisé pour l’enfant de comprendre le principe et la nécessité de la confession.
Une anecdote familiale nous a profondément marqués : après avoir été très insolent et nous avoir sincèrement demandé pardon, nous avons retrouvé l’un de nos fils adolescent à genoux dans sa chambre en train de réciter spontanément une dizaine de son chapelet.
L’exemple des parents qui se confessent régulièrement est une aide précieuse pour l’enfant.
La pratique du pardon et de la miséricorde éviterait peut-être aujourd’hui à de nombreuses familles des drames de la séparation. C’est pourquoi, il est primordial d’enseigner à nos enfants dès leur plus tendre enfance l’habitude de demander pardon et de pardonner sincèrement. Plus nous pardonnons sur terre, plus nous serons pardonnés au ciel.
Anne et Frédéric Lecointe, Normandie

 

« Le catéchiste est conscient qu’il a reçu un don, le don de la foi et il le donne en don aux autres »1

C’est avec ces mots du pape François que tout catéchiste vit sa mission, notamment lorsqu’il prépare les enfants au sacrement de la réconciliation : il s’agit d’un don qui ne lui appartient pas, qu’il s’agit de transmettre dans son intégrité tout en prenant en compte l’âge et le chemin de foi de l’enfant. Deux difficultés se présentent alors à lui :
« Parler dans le vide » : c’est-à-dire présenter la confession sous l’angle de concepts  et de termes qui sont étrangers au monde de l’enfant. Quelle résonance les mots « contrition, repentir, offense » auront-ils pour lui ?
L’autre extrémité, « tourner autour du pot » : ce qui équivaudrait à donner des motivations spirituelles et humaines à l’enfant, sans les remplir de leur vrai sens. « Tu verras, tu te sentiras bien après », etc. Or, il arrivera qu’il ne fasse pas cette expérience sensible de la grâce.
C’est pourquoi il est important de présenter le sacrement de réconciliation avec simplicité, en vérité, dans un contexte de foi et de prière et d’être attentif aux enfants. N’hésitons pas à donner un cadre fixe et simple de la confession tout en remplissant de sens chacune de ses parties. La lecture priante par exemple de la parabole de l’enfant prodigue retrace bien les cinq pas de la confession : l’examen personnel : « Il entra en lui-même » ; la contrition : « Il décida de retourner vers son père » ; l’aveu de ses fautes : « j’ai péché contre toi et contre le ciel » ; le repentir et l’accomplissement de la pénitence : « je me mettrai à ton service ».
La célébration pénitentielle pour aider l’enfant à se préparer à recevoir individuellement ce sacrement est bénéfique. Après le temps de préparation, de confession personnelle et de prière les enfants peuvent célébrer la joie du ciel et de la terre pour cette réconciliation par un goûter festif !
Chantal de Baillenx, consacrée de Regnum Christi

1. Pape François, congrès international sur la Catéchèse « Le catéchiste, témoin de la foi », 26-28 septembre 2013.

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