Samedi, 17 avril 2020

Samedi dans l’Octave de Pâques

Couleur liturgique : blanc

Évangile selon saint Marc 16, 9-15

Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire. Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. »

Prière

Le passage que nous avons sous les yeux nous montre à quel point la Résurrection du Christ, annoncée à différentes reprises, n’avait pas été réellement comprise par les apôtres et les autres auditeurs. Nous pouvons voir aussi la profonde reconnaissance de Marie de Magdala, la pécheresse pardonnée. Accompagnée par deux autres femmes de son entourage, elle allait maintenant embaumer le corps du supplicié.

Demande

Seigneur, toi qui es tout, ouvre mes yeux, mon cœur et approfondis mon amour envers toi qui, par ta Résurrection, nous ouvres la porte de la vie éternelle avec ton Père et notre Père.

Reflexion

Demandons au Seigneur de voir sa bonté, sa délicatesse et sa miséricorde face à notre aveuglement de pécheurs.

  1. « Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine (…) »
    Jésus, après son dernier soupir sur la croix, est déposé dans un tombeau dont il sort vivant pour aller s’asseoir à la droite du Père. En sortant du tombeau, il se manifeste à Marie de Magdala, la pécheresse, cette femme dont Luc nous rapporte la première rencontre avec Jésus (cf. Lc 8, 2). Sachant que Jésus avait été invité à dîner chez un pharisien, la pécheresse, entrée chez ce pharisien, avait essuyé les pieds de Jésus avec ses cheveux après y avoir versé un parfum de grand prix (cf. Lc 7, 36).
    Et ici, en ce matin de la Résurrection, le Ressuscité apparaît à cette même Marie de Magdala et l’envoie avertir les onze apôtres qui, eux aussi, avaient déjà été témoins d’une grande quantité de miracles. Marie de Magdala partit donc les trouver mais, l’entendant dire qu’il vivait et qu’elle l’avait vu, « ils refusèrent de croire ».
  2. « Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin (…) »
    Ces deux hommes, dont parle Marc, sont les deux disciples sur le chemin d’Emmaüs dont nous parle l’Évangile de Luc (cf. Lc 24, 13 et ss). Ceux-ci ne le reconnurent pas et s’étonnèrent même de l’ignorance de cet étranger, probablement « le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci » (Lc 24, 18). Et, chemin faisant, ils lui racontaient ce qui s’était passé. Leurs yeux ne s’ouvrirent qu’au moment où Jésus prit le pain, le bénit et le rompit avant de leur distribuer (cf. Lc 24, 31).
  3. « Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs (…) »
    Cette Résurrection est invraisemblable et impossible pour tous ces témoins alors que, au cours de sa vie avec eux, Jésus leur avait annoncé et répété qu’il avait été envoyé parmi les pécheurs pour leur apporter le salut et donner la vie éternelle à ceux qui le suivraient. Thomas, qui n’était pas avec eux, déclara avec assurance qu’il ne croirait que s’il voyait ses blessures et y mettait son doigt (cf. Jn 20, 25).
    Oui, que celui qu’on a crucifié ressuscite si rapidement, c’est aussi surprenant que difficile à croire mais Matthieu explique aussi que, découvrant le tombeau vide, les gardiens ayant averti les grands prêtres, reçurent une forte somme d’argent avec l’ordre de dire que « Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions » (Mt 28, 13). Cette nouvelle se répandit rapidement sans que personne ne puisse apporter un démenti véritable.
    Simon-Pierre et Jean coururent jusqu’au tombeau et purent contempler les bandelettes et le suaire, roulés séparément dans le tombeau (cf. Jn 20, 7) mais ils ne comprirent pas.

Dialogue avec le Christ

« Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » (Lc 24, 25-26) Oui, nous sommes des « cœurs lents à croire ».En méditant ce passage, revenons sur la personne de Marie-Madeleine, cette femme, délivrée des sept démons et de la vie de prostituée, que le pharisien accusait de toutes les fautes condamnées par le monde juif. Pécheurs de toutes sortes que nous condamnons nous aussi sous prétextes de « manquements à la Loi ».
Pécheurs que Jésus accueille et prend sous sa protection tout en nous disant : « Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue, et vous passez à côté du jugement et de l’amour de Dieu. » (Lc 11, 42)
Seigneur, ouvre les yeux et mon entendement : que je sache voir la délicatesse avec laquelle tu reçois les pécheurs qui se tournent vers toi.

Résolution

Je méditerai la bonté sans limite de Jésus face aux « pauvres pécheurs » en relisant le poète Charles Péguy ( Le mystère de la charité de Jeanne d’Arc, Paris 1941, p. 49-54) au sujet de cette rencontre : « Heureuse Madeleine, heureuse sainte Véronique, vous n’êtes pas des saintes comme les autres. Tous les saints contemplent Jésus assis à la droite du Père. Mais vous seules, vous avez vu ce corps humain dans notre commune humanité marchant et assis sur la terre commune. Vous seules l’avez vu deux fois, non pas une seule dans votre éternité, non pas la deuxième fois qui dure éternellement, mais deux fois sur cette terre et cela n’est pas donné à tout le monde. »

Cécile Beaure d’Augères, consacrée de Regnum Christi

Méditations : Regnum Christi
Texte de l’Évangile et informations liturgiques : © AELF – Paris – Tous droits réservés